Le fabricant de foyers et inserts à Vieux-Thann (Haut-Rhin) se dote pour 700.000 euros de nouveaux équipements, choisis de sorte à concilier la compétitivité avec la maîtrise des coûts énergétiques qui se sont envolés. Ses cadres repreneurs concluent ainsi avec ambition leur première période de deux ans de direction de cette PME et de sa sœur spécialiste des climatiseurs de caves à vins.


Fondis s’apprête à boucler la seconde année de sa nouvelle vie, le regard tourné avec confiance vers l’avenir, mais avec un œil vigilant sur les prix des matières premières et de l’énergie. En mai prochain, cela fera deux ans que le fabricant de foyers et inserts de cheminées basé à Vieux-Thann (Haut-Rhin) créé en 1978 aura été repris par un quatuor de cadres, succédant au couple Gaby-Yves et Raymonde Bald qui avait façonné son développement depuis 2003.

Frédéric Haas, jusqu’alors directeur technique, Isabelle Lucas directrice administrative et financière, François Heyer directeur des achats et Michel Hansberger responsable de la production ont pris le volant de la PME de 43 salariés : un effectif en légère augmentation depuis deux ans venant accompagner la progression du chiffre d’affaires à 9 millions d'€ l’an dernier. « Nous visons pour 2023 le seuil des 10 millions d’€ », souligne Frédéric Haas.

 

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Ce montant correspond au total des activités chapeautées par le holding Erisis réunissant le quatuor dirigeant : Fondis lui-même et la société-sœur Winemaster d’espaces de climatisation de caves à vins, qui représente un tiers du total.

Frédéric Haas ne fanfaronne pas pour autant quant à la progression enregistrée. Il a conscience qu’elle résulte en bonne partie de la hausse des prix que l’entreprise est parvenue, bon an mal an, à répercuter. « Nous n’avons pas le choix, vu l’explosion des coûts qui touche notre activité. La facture d’électricité, notre source d’énergie pour le process, est passée de 4.000 € par mois à 6.000 € par semaine ! ». La société a signé, fin 2022, un contrat de trois ans de fourniture d’électricité et de gaz qui lui donne la visibilité sur le prix à payer…mais celui-ci ne sera pas modique. « La prochaine fois, je préparerai un an à l’avance la négociation, plutôt que quelques mois. Je préférerais distribuer l’argent aux salariés plutôt qu’aux traders de l’énergie », confie Frédéric Haas.

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Le fabricant s'est équipé depuis quelques semaines d'une ligne de découpe au laser, moins énergivore que le procédé précédent recourant au C02. © Mathieu Noyer


Ce contexte contraint a accéléré des investissements qui figuraient dans les projets. Ainsi, l’entreprise de Vieux-Thann a fait entrer dans ses ateliers, fin février, une nouvelle ligne de découpe de tôles en acier et aluminium fonctionnant à la technologie laser, en substitution à un process énergivore à base de C02. Par ailleurs, le mois prochain, elle installera son premier robot de soudure, « une conversion nécessaire pour tenir la cadence et faire face à la concurrence venue d’Europe de l’est », souligne le dirigeant.

Les investissements en cours de finalisation s’élèvent à 700.000 €. Ils devraient être suivis d’une extension dont l’étude a démarré en vue d’une mise en service fin 2024. Le budget, restant à affiner, pourrait se situer autour de 2 millions d’€.

 

Montée de la production en propre

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La société-soeur Winemaster développe des climatisateurs de caves à vins. © Winemaster


L’entreprise étoffe en parallèle son bureau d’études, dont l’effectif va passer de 5 à 6 personnes cet été
, afin d’entretenir la culture de l’innovation qui a toujours caractérisé Fondis et Winemaster, et ainsi de justifier son positionnement moyen-haut de gamme (les cheminées avec pôele à bois se vendent dans une fourchette principale de 4.000 à 25.000 €). Dans le métier historique, Fondis a sorti par exemple une cheminée « hybride » qui combine bois et pompe à chaleur, de sorte à distribuer non seulement de la chaleur en hiver, mais aussi de la fraîcheur en été.

Concernant le bois, entre granulés et bois-bûche, l’évolution récente des prix des premiers qui a pris un tour presque spéculatif conforte Frédéric Haas dans sa conviction : « La pertinence pour nous, c’est le positionnement sur le bois-bûche. Il s’agit du mode d’alimentation qui rassure le plus les utilisateurs ».

 

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Dans le but de sécuriser son activité, le fabricant recourt de plus en plus à l’internalisation. « Notre production en propre de foyers et inserts passera à près de 80 % cette année contre 46 % en 2019, alors que dans le même temps, la part du chiffre d’affaires issue du négoce de produits de marques étrangères partenaires aura évolué de 32 % à 12 %.»

L’opérateur alsacien trouve aussi des relais de croissance hors de France : cette réalité vaut pour Fondis, auquel l’export apporte 15 % de son chiffre d’affaires (Royaume-Uni, Suisse, Italie…), mais plus encore pour Winemaster qui y trouve quelque 50 % de ses débouchés.

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Frédéric Haas, ici dans le show-room au siège de Vieux-Thann (Haut-Rhin), a pris la tête du quatuor de cadres repreneurs après avoir assuré la direction technique de l'entreprise. © Mathieu Noyer

 

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