Reconnu pour ses compétences en optique et imagerie, le Centre régional d’innovation et de transfert de technologie Holo 3, à Saint-Louis (Haut-Rhin), a pris un virage commercial vers l’industrie, pour l’aider à numériser outils et process de production.


Au salon Industries du Futur organisé à Mulhouse les 30 novembre et 1er décembre prochains, Holo 3 présentera en réalité virtuelle le tunnel réalisé cette année pour l’usine Stellantis (ex-PSA) de Mulhouse qui permet de détecter les défauts de carrosserie avant la mise en peinture.
Le Critt de Saint-Louis (Centre régional d’innovation et de transfert de technologie) spécialisé dans les techniques optiques et d’imagerie, travaille aussi actuellement sur une application de dépalettisation automatique : il s’agit de numériser des pièces qui se trouvent dans un bac pour indiquer au robot laquelle il doit prendre. Pour ce type de projet, en plus des technologies optiques, Holo 3 utilise l’intelligence artificielle.

 

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Créé en 1986, par l’Institut franco-allemand de recherche de Saint Louis (ISL) – un centre de recherches dans le domaine de la défense et de la sécurité –, le Critt Holo 3 a pour vocation de mettre les innovations optiques au service des industries. Depuis 2007, l’association a également un département dédié à la réalité virtuelle, basé à Illkirch-Graffenstaden. « Les deux sujets les plus porteurs aujourd’hui pour nous sont la défectologie (détection des défauts) et la numérisation », annonce Jean-Pierre Chambard, le directeur du Critt haut-rhinois. Celui-ci aide des industries à améliorer le contrôle des pièces produites : contrôle géométrique et des défauts d’aspect.

 


Des nouvelles technologies mieux acceptées au sein des entreprises

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Jean-Pierre Chambard, directeur de Holo 3 : « Avant il y avait un blocage culturel chez les industriels, mais aujourd’hui ces nouvelles technologies sont acceptées.» © Julie Giorgi


Signe des évolutions de l’organisation de la production, Holo 3 est aujourd’hui de plus en plus sollicitée par les entreprises sur les questions liées à la robotisation et à l’automatisme. « Nous devons encore faire de l’éducation à la technologie mais il y a quand même eu des progrès. Suite au programme national « Industrie du futur » lancé en 2015, les entreprises ont beaucoup investi dans la numérisation et l’automatisation. Avant il y avait peut-être un blocage culturel, mais aujourd’hui ces nouvelles technologies sont acceptées », note Jean-Pierre Chambard.
 

B 4.0

 

Soutenu financièrement par la Région Grand Est, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et l’Union européenne, Holo 3 réalise un chiffre d’affaires de 1,6 million d’€ et emploie 22 salariés.

Le virage commercial vers l’industrie, pour moins dépendre de la subvention publique, n’exclut pas la poursuite de la recherche, comme le montre son appartenance à l’Institut Carnot-Mica à Mulhouse. Tous les ans, le centre investit la moitié de ses ressources en R&D : il se positionne comme un expert en matière de lumière structurée (numérisation d’objets en 3D), de déflectrométrie et de tracking.

 Le côté ludique de l’apprentissage en réalité virtuelle

Le département spécialisé dans la réalité virtuelle à Illkirch-Graffenstaden a réalisé une formation sur la sensibilisation des risques métiers dans les travaux publics et la grande distribution. Le projet financé par les Caisses d’assurance maladie est en cours de test dans plusieurs entreprises de la région.
Une formation aux gestes métier est également en cours de développement pour les métiers du verre et de la couture. « L’apprentissage en réalité virtuelle a un côté ludique qui permet d’attirer les jeunes », précise le directeur. L’autre enjeu est de conserver les savoir-faire de ces métiers artisanaux.

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