Un poste de fabrication.
Un poste de fabrication.

EQUIPEMENT INDUSTRIEL. Le spécialiste alsacien de l’automatique boucle une décennie de croissance.

A l’automne prochain, la PME aux capitaux franco-suisses va plus que doubler ses surfaces dans un nouveau bâtiment à quelques pas de l’actuel,  dans le même quartier Plessier d’Altkirch,  exemple de reconversion réussie d'un site militaire en pôle économique.

L'objectif de Selmoni est passer à trois-quarts de son activité en rang 1 comme fournisseur en direct de grands comptes, comme  ArcelorMittal ou le groupe d’aluminium Constellium.

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Gérald Simon, le directeur général de Selmoni, se montre pédagogue, conscient qu’il n’est pas aisé de résumer en quelques mots, l’activité de la PME d’Altkirch (Haut-Rhin) que nous qualifierons de spécialiste de l’automatique. Mais cette complexité fait la force de Selmoni.

Donc, Gérald Simon se lance. « Selmoni regroupe des métiers de l’électricité industrielle, de l’automatique et de l’informatique industrielle au service de quelques domaines d’activités stratégiques : le contrôle-commande d’installations automatisées, la fabrication et l’installation des armoires électriques qui y sont liées, et enfin la maintenance électromécanique ».

L’atout de la PME à capitaux franco-suisses consiste à pouvoir associer tout ou partie de ces compétences. Ceci lui ouvre les portes d’une palette très variée de secteurs industriels, synonyme d’une diversification particulièrement appréciable en ces temps de crise.

Ses principaux débouchés se situent dans le bois (parc à grumes et fabricants de panneaux), l’agro-alimentaire, la filière froid de la métallurgie-sidérurgie, la machine spéciale, les fabricants de matériaux isolants.

« Nous sommes un acteur de la transitique : nous équipons les industriels pour l’entraînement de ligne, le  stockage intermédiaire, les liaisons entre machines, etc... », détaille Gérald Simon. L’automobile, en revanche, a baissé d’importance, pas uniquement par l’effet de la conjoncture, mais par volonté délibérée. Sa part se limite à 5 %.

Selmoni a bouclé - mais compte bien poursuivre ! - une décennie de croissance qui l’amène à 32 salariés, dont quatre embauches récentes et trois encore prévues cette année,  pour 4 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2012 réalisés majoritairement auprès d’une clientèle dans un rayon de 150 km.

Gérald Simon, le dirigeant, défend la notion d'automatique qui regroupe des métiers de l’électricité industrielle, de l’automatique et de l’informatique industrielle.
Gérald Simon, le dirigeant, défend la notion d'automatique qui regroupe des métiers de l’électricité industrielle, de l’automatique et de l’informatique industrielle.

Passage du statut de fournisseur de rang 2 à celui de rang 1

Cette croissance crée un besoin d’espace : à l’automne prochain, la PME va plus que doubler ses surfaces pour passer à 1 700 m2 dans son nouveau bâtiment à quelques pas de l’actuel,  dans le même « quartier Plessier » d’Altkirch,  exemple de reconversion réussie d'un site militaire en pôle économique. Le projet représente un investissement d’1,8 million d’€.

A la progression des dernières années, Gérald Simon  voit deux raisons principales, l’une technique, l’autre de positionnement de marché.

« Nous avons augmenté en technicité de sorte à maîtriser des compétences particulières qui nous distinguent : les mouvements motorisés complexes comme les axes numériques rapides, la programmation, les réseaux de communication », expose t-il.

L’autre facteur-clé, c’est le passage du statut de fournisseur de rang 2 à celui de rang 1. « Nous réalisons plus de la moitié de l’activité en rang 1, l’objectif est de passer à trois-quarts, contre un quart  il y a quelques années ».

Concrètement, Selmoni devient de plus un plus un fournisseur en direct de poids lourds, comme  ArcelorMittal ou le groupe d’aluminium Constellium (l’ex-Pechiney). Sa porte d’entrée est souvent la maintenance : « Les clients nous voient travailler en dépannage, nous faisons nos preuves, on passe alors à du conseil, puis de l’audit de ligne, puis des propositions d’amélioration et au final à l’équipement d’installations neuves ».

Mais cette relation directe prévaut surtout auprès des PME « où il est encore possible de valoriser des solutions techniques ». Le dirigeant ne le crie pas trop fort, mais il fait bien percevoir sa distance par rapport à l’univers des services achat standards qui ne raisonnent que prix d’acquisition.

Une des armoires électriques fabriquée par Selmoni.
Une des armoires électriques fabriquée par Selmoni.

Auprès des chasseurs de coûts, Selmoni a forcément du mal à s’imposer.

« Notre réputation, c’est : Quand on achète du Selmoni, ça marche », selon Gérald Simon. Un peu comme les fabricants de machines-outils de l’Allemagne voisine, en quelque sorte.

« Entre volume-prix et qualité-prix, il faut choisir, on ne peut cumuler les deux. Nous, nous avons choisi la deuxième option ».

 Photos : Christian Robischon.

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