The WiW, éditeur d’un logiciel spécialisé dans l’analyse de données industrielles à Nancy, étend sa couverture géographique au Luxembourg. Son fondateur Alexis Béatrix présentera à l’automne prochain au salon BE 4.0 de Mulhouse, les résultats de ses travaux de recherche et développement dans le cadre du projet « machine intelligente et apprenante ». Le but : réduire le nombre et la durée des arrêts de production liés à des avaries.


Le dictionnaire Who’s Who inventoriait les noms des personnalités qui comptent. Pour sa part le logiciel What is What développé par The WiW à Nancy (Meurthe-et-Moselle) identifie les datas industrielles qui comptent. Cette solution est distribuée depuis ce printemps au Luxembourg grâce à un partenariat avec la société luxembourgeoise Abductio. Parallèlement, l’entreprise lorraine se donne deux ans pour élargir au reste de l’hexagone sa couverture commerciale, actuellement centrée sur le Grand Est et l’Ile-de-France.

 

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Ancien capitaine de frégate, Alexis Béatrix, cofondateur de The WiW (6 personnes) avec Damien Sironi, entend mettre à profit la dynamique enclenchée par le Plan de relance : « Les fonds débloqués par l’Etat et les Régions en vue de faire face à la pandémie ont fonctionné comme un déclic psychologique auprès des entreprises. Ces financements ont encouragé les industriels qui hésitaient à se transformer, à sauter le pas. »

Ses vingt-sept années de service dans la Marine nationale ont permis à Alexis Béatrix d’identifier le potentiel de la « data ». « Un bateau, c’est une véritable usine sur l’eau, avec des systèmes industriels extrêmement complexes. On y trouve de la production de chaud, de froid, des systèmes de propulsion, des radars, etc. Je regrettais qu’il manque à bord des outils permettant de mieux comprendre les fonctionnements, d’historiser les données, etc. », raconte le président de The WiW.

L’ingénieur a coupé le cordon avec la grande muette en vue de créer sa société en 2015 dans le Grand Est, une terre d’industrie. Entreprendre dans l’Armée demeurait trop complexe, éclaire Alexis Béatrix. Un rapport de la Cour des comptes critiquant le manque d’audace de la politique d’innovation militaire, est venu récemment illustrer son propos.


Avec JME Electronic et l’électronicien Selmoni, rendre les machines  « intelligentes et apprenantes »

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La solution développée par The WiW pour RC Modèles à Custines (Meurthe-et-Moselle) permet à l’entreprise de mieux interagir avec ses clients. © RC Modèles


Foin des atermoiements de la Défense, l’entrepreneur a tracé son sillon en développant une plateforme collaborative d’interaction et d’aide au pilotage industriel. Le What is What collecte les datas issues de capteurs, mais aussi d’automates, d’ERP ou encore des saisies d’opérateurs en vue de leur donner du sens. « Un responsable de maintenance travaille dans le What is What comme dans une GMAO (Gestion de maintenance assistée par ordinateur), un conducteur de ligne l’utilise comme un MES (Manufacturing execution system), un responsable qualité va y piocher les indicateurs dont il a besoin, etc. », poursuit le dirigeant.

Colauréat de l’appel à manifestation d’intérêt « Economie numérique » de la Région Grand Est, The WiW présentera au Salon Be 4.0 Industrie du Futur les 30 novembre et 1er décembre prochain à Mulhouse (Haut-Rhin), les résultats de ses travaux de recherche et développement dans le cadre du projet « machine intelligente et apprenante ».
La société innovante a conjugué son expertise à celles de ses partenaires haut-rhinois : l’électronicien   JME Electronic et l’automaticien Selmoni. Ensemble, ils ont imaginé un programme visant à rendre « intelligentes et apprenantes » les machines industrielles afin de réduire le nombre et la durée des arrêts de production liés à des avaries.

 

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Les dirigeants de The WiW souhaitent toutefois démystifier l’industrie 4.0, un concept quelquefois déconnecté du quotidien des PME manufacturières, bien différent des images d’ateliers entièrement automatisés. « La réalité est beaucoup plus simple, plus terre à terre, peut-être moins ambitieuse, mais aussi moins coûteuse », pointe Alexis Béatrix.  

Le chef d'entreprise évoque l’innovation mise au point pour le compte d’un de ses clients, RC Modèles à Custines (Meurthe-et-Moselle) spécialiste de la fabrication, de la pose et de l’entretien de carter de machines-outils. The WiW a lancé en ce début d’année un portail permettant aux clients de cette PME d’interagir, de signaler un problème, de demander une intervention, de réalimenter un stock avancé.  L’industrie 4.0 n’est pas juste un mot (et deux chiffres) pour les cofondateurs de The WiW !

 

Qui est Alexis Béatrix ?

wiwdirigeantIngénieur diplômé de l’Ecole navale, le président de The WiW a passé sa première partie de carrière en mer, dans la Marine nationale. Alexis Béatrix l’a achevée au grade de capitaine de frégate. A ce stade, il ne se voyait pas rejoindre les bureaux d’un état-major selon le cours normal d’une carrière militaire.
Après un MBA, il s’est arrimé à la cité des Ducs de Lorraine pour cofonder, en 2015, The WiW aux côtés de Damien Sironi, encouragé par des relations et son désir de s’implanter à proximité de sites industriels. Installé dans les locaux du Village by CA à Laxou (Meurthe-et-Moselle) dans l’agglomération de Nancy, il confie avoir trouvé localement une dynamique impulsée par l’Université de Lorraine et la Métropole du Grand Nancy.

Photo © Philippe Bohlinger

 

 

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