Les jeunes entreprises de Bourgogne-Franche-Comté s’étaient donné rendez-vous le 16 octobre dernier dans les locaux de l’université de Bourgogne à Dijon pour fêter 25 ans d’innovation dans la région à l’occasion du Deeptech tour de Bpifrance. Parmi elles, Ektah et Advesya ouvrent toutes deux de nouvelles voies dans le domaine de la recherche médicale et ses applications thérapeutiques potentielles.
• Advesya débloque l’impasse thérapeutique des cancers du sang

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Advesya vient d’obtenir l’autorisation de réaliser des essais cliniques de phase 1 dans quatre pays européens : France, Allemagne, Espagne et Suède. La jeune entreprise de la biotech à Besançon, jusqu'à récemment dénommée CanCell Therapeutics, cherche à développer des médicaments de thérapie innovante dans l'onco-hématologie, en travaillant sur la thérapie génique des cellules CAR-T, nouvelle option thérapeutique pour lutter contre certains cancers du sang.
La solution est destinée aux malades en rechute, coincés dans une impasse thérapeutique. Advesya s’appuie sur le travail des docteurs Marina Deschamps et Christophe Ferrand de l’Etablissement français du sang de Besançon. Ces collègues de travail depuis 20 ans, ciblent un antigène unique (l’IL-1RAP) que l’on retrouve dans différents cancers et conditions auto-immunes. « En 2018-2019, nous avons décidé de fonder une start-up et après un an et demi nous avons réalisé notre première levée de fonds : 23 millions d’euros », a précisé fièrement Marina Deschamps devant les autres jeunes entreprises au Deeptech tour.
Cette coquette somme provient du fonds d’investissement Jeito, un leader du private equity européen indépendant en matière d’innovation et de santé. Elle a permis de passer du stade de la recherche à celui la création d’entreprise en près de 18 mois, avec une équipe de recherche de près de 25 salariés.
Pour parvenir à cet objectif, les chercheurs ont dû apprendre une nouvelle activité. « Nous avons appréhendé le métier d’entrepreneur et nous nous sommes fait accompagner par l’incubateur Deca-BFC », souligne Marina Deschamps. L’entreprise a été lauréate en avril 2023 de l’appel à projet « innovations en biothérapie et bio production», issu du plan national de relance France 2030.
• Ektah lève des fonds pour la réduction du surpoids et de l’obésité

La start-up biotech Ektah, installée dans l’université de Dijon, se lance dans une nouvelle levée de fonds en ce mois de novembre, dans le but de réunir entre 2 et 3 millions d’euros de financement de la production d’une molécule en grade GMP (good manufacturing process). Comptant trois salariés, elle développe des produits thérapeutiques qui visent à réduire le surpoids et l’obésité.
Son coeur d’activité repose sur la création d’un leurre lipidique, consistant à produire une sensation de gras dans la bouche mais sans apporter de calories supplémentaire. Il est basé sur des molécules agissant sur les récepteurs localisés au niveau des pupilles gustatives. Le produit permet, au final, de réduire la prise alimentaire de lipides et l’obésité des souris.
La découverte a été réalisée il y a plusieurs années par le professeur Naim Khan, chercheur de l’Université de Bourgogne primé en décembre 2020 par l’Académie de Médecine pour ses travaux sur la perception gustative des lipides alimentaires. Il s’est associé à l’entrepreneur Xavier Boidevezi, devenu président d’Ektah, pour créer l’entreprise en 2021. Sous réserve des différents résultats cliniques à réaliser, le dirigeant-chercheur a un calendrier clair en vue : « la commercialisation de la molécule, sous forme de comprimé orodispersible en 2030/2031, au plus tôt ».
Deux millions d’euros ont déjà été investis par la biotech qui a obtenu le statut de jeune entreprise innovante. Le projet a été financé à la base par la Satt (société d’accélération du transfert de technologies) Sayens qui a apporté son concours pour l'obtention de deux brevets. Elle a reçu aussi le soutien du concours d’innovation I-Lab en 2022 (375.000 euros de subvention) et a été retenue dans le cadre de France 2030 sur l’alimentation favorable en santé (374.000 euros de subvention et avance remboursable). Ektah a également récolté des fonds européens (30.000 euros ) et 500.000 euros de prêt d’amorçage de Bpifrance. Le capital d'Ektah est principalement réparti entre Sayens, des business angels, un fonds spécialisé en opération de financement au démarrage (Qualitid) et le fonds régional Oser BFC.
La société certifiée Iso 9001 a fait conduire un premier essai clinique sur 27 volontaires sains. Les résultats ont permis de confirmer l’innocuité de la molécule. Une nouvelle étude de toxicité de 90 jours devra ensuite être réalisée puis une autre sur des patients obèses en 2025/2026. Ektah a déposé deux dossiers auprès de programmes d'innovation, dont le concours national I-nov, qui pourrait, en cas de sélection, permettrait lui faire accéder à 2,5 millions d’euros supplémentaires de financements.
Les deux entreprises Ektah et Advesya ont notamment été mises en avant lors de la visite à Dijon, le 24 octobre dernier, de Marc Ferracci, le ministre délégué à l’industrie. L’État vise une reconquête de la souveraineté sanitaire nationale : « les industries de la santé représentent 4,5 milliards d’euros par an de dépenses de recherches et développement, et 10 % du chiffre d’affaire global de la filière, ce qui montre que celle-ci a besoin de l’innovation » a souligné le membre du gouvernement Barnier à cette occasion.







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