Le Forum Hydrogen Business for Climate s’est ouvert ce 1er octobre dans la salle L’Axone de Montbéliard (Doubs) où il se poursuit aujourd'hui 2 octobre. Les incertitudes sur la réponse du marché et sur la volonté des pouvoirs publics de promouvoir cette énergie parmi la gamme des renouvelables traversent les allées de cette quatrième édition. Pour autant, les exposants et participants persévèrent dans leurs développements afin de parfaire les solutions technologiques, en témoignent ces exemples.
• H2Dec, la passerelle vers l’entreprise de la recherche publique
Pour passer du laboratoire public à l’atelier, l’hydrogène dispose d’un canal pendant plusieurs années : H2Dec. Le nom désigne le programme national de soutien aux projets innovants émanant de la recherche publique et d’accompagnement de leur transfert technologique, soit par création de start-up, soit par cession de propriété intellectuelle à une entreprise ou un groupe plus établis. Doté de 13,5 millions d’euros par l’Agence nationale de la recherche sur cinq ans de début 2024 à fin 2028, il est copiloté par la Satt (société d’accélération du transfert de technologies) Sayens active en Bourgogne-Franche-Comté, Lorraine et Sud-Champagne Ardenne, pour le compte de l’ensemble des Satt françaises, toutes parties prenantes de H2Dec.
Les projets sont financés au stade de leur pré-maturation/preuve de concept (jusqu’à 80.000 euros par dossier) ou de leur maturation, au moment de la présentation d’un prototype (plafond de 300.000 euros) dès lors qu’ils répondent à l’un des objectifs définis en écho à la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène. Ces critères sont larges, ils couvrent aussi bien la production de l’hydrogène (électrolyse à haut rendement ou à basse température pressurisée, substitution des métaux critiques, thermoconversion solaire…) que son stockage et sa conversion (piles à combustible versatiles, flexibles, réversibles…).
Le soutien à une centaine de projets est visé, les premiers ont été retenus ou sont en passe de l’être, dont, à Dijon celui de Moad Bouzid, chercheur à l’Institut de chimie moléculaire de l’université de Bourgogne (ICMUB). Nommé H2 Vows, il planche sur le stockage d’hydrogène solide au moyen de deux brevets qui ont déjà permis de mettre au point le catalyseur adéquat de réaction avec l’eau pour produire la poudre. Moad Bouzid identifie le « point décisif à surmonter encore », à savoir « atteindre et maintenir le taux de pureté de l’hydrogène requis pour l’autorisation de son usage, ce qui suppose de trouver le procédé efficace de régénération », pour la réinjection dans le process des sous-produits de la fabrication de la poudre. Une fois la mise au point réussie, le docteur de l’ICMUB vise une phase d’incubation l’an prochain et un développement autonome sous forme de start’up en 2026.
• Dimeco s’adapte à la fabrication de plaques bipolaires de piles à combustible

La plaque bipolaire pour la confection des piles à combustible procure à Dimeco une voie de diversification, dans la continuité de son cœur de métier, l’alimentation de presses à découper grâce à ses machines-outils de déroulage de bobines métalliques. La PME de Pirey (Doubs) en transpose les principes rpour le façonnage des composants de cette plaque, ce qui implique toutefois des adaptations de son parc de machines. « La matière à travailler, l’inox, nous est bien connue, mais pour cette application, elle est plus fine avec des épaisseurs de l’ordre de 75 microns contre 1 à 2 millimètres habituellement, et elle requiert davantage de précision encore et de soin pour veiller à ne pas la casser ni la rayer », expose Sylvain Touboul, directeur commercial. Dimeco est engagé depuis plusieurs années dans cette activité qui a connu une accélération avec les commandes en grande série d’acteurs de la pile à combustible. « Nous savons atteindre des capacités annuelles de plusieurs dizaines de millions de pièces », ajoute Sylvain Touboul. Par ailleurs, les débouchés dans l’énergie représentent le vecteur de croissance de la PME familiale de 90 salariés réalisant un chiffre d’affaires annuel de 18 millions d’euros.
A l’entrée du Technoland du Pays de Montbéliard (Doubs), quelque 4 hectares de terrain et 8.000 m2 bâtis en friche ont été acquis par le concessionnaire nord-franc-comtois Nedey Automobiles dans le but de développer un projet de production d’hydrogène à partir de biomasse. Les déchets de bois doivent en effet constituer la ressource de base du procédé reposant sur le principe de la thermolyse, et qui associe dans ce but un spécialiste de cette technologie déclinée à l’hydrogène, Haffner Energy basé en Champagne-Ardenne. Le chauffage de la biomasse à 500 °C génère du « biochar », un carbone noir qui est porté à un nouveau seuil de température à plus de 1.000 °C le transformant en un gaz de synthèse, déjà connu dans le monde industriel mais à purifier pour en faire sortir de l’hydrogène. Le projet, qui mobilise environ 30 millions d’euros, est lauréat d’un appel à projets de l’Ademe. « Nous espérons contractualiser avec l’agence nationale début 2025 », indique Philippe Gudefin, directeur des opérations de Nedey Automobiles, filiale de Stellantis.
• Aeris GreenTec met sur le turbo sur l’hydrogène

Spécialiste à Plancher-Bas (Haute-Saône) des essais, de la réparation/régénération de moteurs turbo et de leur conversion, Aeris GreenTec a rencontré de façon assez logique l’attente des acteurs de l’hydrogène pour la validation de leurs recherches et de leurs développements. L’offre que la société de 6 personnes a mise au point ajoute un petit moteur électrique au turbo pour une solution qui laisse passer l’air de façon à provoquer un refroidissement naturel et à vérifier, à partir de là, la pertinence des paramètres retenus. « Une problématique majeure concerne la boucle d’air, qui ne tient souvent pas dans le temps », observe Christian Cudel, président d’Aeris GreenTec. La TPE est associée à des acteurs de la course automobile qui mettent à disposition leurs bancs de moteurs complets vers lesquels elle dirige les turbos passés par ses propres équipements d’essais.
• Un début d’impact sur la flotte de bus urbains, selon le premier baromètre de la mobilité hydrogène

Co-organisateur du Forum Hydrogen Business for Climate, le Pôle Véhicule du futur en a saisi l’occasion pour publier le premier baromètre du déploiement en France de la mobilité hydrogène. Le pays est devenu le premier marché européen des voitures à l’hydrogène, selon un volume au demeurant encore modeste puisqu’il a représenté 306 immatriculations en 2023, devant l’Allemagne (263) et les Pays-Bas (106). Par ailleurs, un millier de taxis circulent à l’hydrogène à Paris, soit un sur 20. L’étude, qui se voudra annuelle, confirme un impact un peu plus significatif en matière de transports collectifs : l’an dernier, 33 bus ont été acquis par 7 villes, dont Belfort et ses sept exemplaires, juste après les 13 de Rouen, aboutissant à un total de 58 en circulation, auxquels doivent ajouter 83 en commandes jusqu’en 2026. Les chiffres restent à comparer aux 1.992 bus urbains du pays en 2023 mais iles expriment une montée en puissance sous l’effet de la règlementation européenne qui imposera 100 % de nouveaux bus à zéro émission de gaz à effet de serre en 2030. En France, la proportion se situe déjà à 38 %.


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