Les trois PME ont noué une « alliance de compétences » pour se présenter de concert aux visiteurs du salon Eurosatory de l’armement et de la sécurité, du 17 au 21 juin derniers à Paris. A partir de leur profil commun d’entreprises familiales de transformations de précision, elles ont identifié leurs complémentarités, de sorte à donner sens à un tel rapprochement informel dans un secteur vecteur de diversification pour chacune d’elles.


Les prises de contact ont été « fructueuses et prometteuses ». Pour le trio de PME franc-comtoises Sopil, STSI et Schligler, le salon Eurosatory de la défense et de la sécurité a rempli son objectif premier la semaine dernière à Paris : mettre un pied dans ce secteur appelé, qu’on le souhaite ou non, à constituer un vecteur de croissance de l’activité économique. Et ce, par leur exposition en commun aux potentiels donneurs d’ordre, dans une logique d’ « alliance de compétences » qui a formé l’originalité de leur participation.

SOPIL - decoupage de précision - clip de connexion
Depuis la périphérie de Besançon, Sopil se déploie dans le découpage de précision, spécialité recherchée par le secteur de la défense. © Sopil


Les trois dirigeants (*) se sont affichés comme les représentants d’un groupement informel d’entreprises, indépendantes juridiquement les unes des autres, mais portées par de mêmes valeurs d’innovation, d’ancrage territorial et familial et de vision stratégique à long terme. Celles-ci sont cultivées notamment par leurs adhésions communes au pôle de compétitivité PMT (microtechniques) et au CJD (Centre des jeunes dirigeants d'entreprise).

Sur le plan des offres, l’addition des compétences respectives aboutit à un ensemble large de découpage et chaudronnerie de précision, usinage et assemblage de composants complexes et impression 3D. Chacun des membres du trio peut apporter sa contribution au développement de courants d’affaires dans la Défense, à partir de la diversité des rapports avec ce secteur et ceux qui présentent des analogies avec lui.
 

(5) SALON BE 5.0 2024


Schligler est probablement la plus avancée dans sa « percée » dans le militaire, depuis sa base de Valentigney (Doubs), d’où elle conçoit et réalise des sous-ensembles et ensembles métalliques complexes. « Nous travaillons à plus de 90 % pour l’aéronautique, ce qui induit forcément une part de militaire, en complément de notre présence principale dans le secteur civil », souligne Lucas Schligler, le dirigeant de l’entreprise familiale de 120 salariés dont l’origine remonte à plus de 150 ans, en 1856.

Conforter la composante défense fait partie de la stratégie de Schligler, et son début d'implantation dans cet univers peut servir à Sopil et STSI. Il en va de même de l’expérience des certifications et accréditations aéronautiques que la PME du Nord Franche-Comté au chiffre d’affaires annuel de 17 millions d’euros possède, comme l’EN 9100 européenne et la Nadcap d’origine américaine.

 

Culture de groupement

SCHLIGLER Tôlerie fine Chaudronnerie de précision Aerodefense Bureau Etude
Schligler à Valentigney (Doubs) est l'enteprise du trio déjà la plus implantée dans le militaire, au titre de la part prépondérante de l'aéronautique dans son activité de tôlerie fine. © Schligler


Ce sujet des certifications spécifiques « est sur la table des projets » chez Sopil, poursuit Thomas Lebaut, son président. La PME d’outillage technique et découpe de précision de Pirey près de Besançon (130 salariés) sert déjà des clients de la défense-armement de par son positionnement de fournisseur de rang 2 pour divers équipementiers intervenant dans l’aéronautique, l’automobile, ou l’électricité-électronique, cette spécialité pesant un tiers du chiffre d’affaires de 33 millions d’euros.

Les intentions de croissance dans la défense s’inscrivent surtout dans une stratégie de diversification que le dirigeant de la société familiale juge nécessaire : « Notre contrat avec une gigafactory confère à ce client une proportion importante dans notre activité, qui a besoin d’être diluée par des développements complémentaires par ailleurs. Or, heureusement ou malheureusement, l’armement est porté par la conjoncture », relate Thomas Lebaut.

Sopil a déjà eu l’opportunité de travailler de concert avec STSI. L’entreprise d’usinage de précision et métrologie à Dannemarie-sur-Crête (Doubs) pour sa part, apporte à l’alliance informelle sa culture du groupement. « Nous l’appliquons déjà au médical, l’un de nos débouchés phares, qui présente des analogies, comme l’attente de prestations de haute valeur ajoutée et de grande précision », note Dimitri Fournier, le président de STSI née de la réunion de STS Industrie dans le fraisage (aujourd’hui en cinq axes grâce aux investissements récents) et Gillet Décolletage, soit un effectif de 43 salariés pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros.

L’aéronautique, civile ou militaire, se fait déjà une place dans la diversification du prestataire pour l’industrie mécanique et pour l’énergie, selon une proportion proche de 20 %

Chacun des membres du trio franc-comtois va désormais travailler à son développement dans le secteur militaire, en sachant qu’il pourra s’appuyer sur les conseils des autres si besoin. Et, pourquoi pas, oeuvrer à reproduire le même dispositif lors du prochain Eurosatory en 2025.

(*) Quinze entreprises de Bourgogne-Franche-Comté au total ont participé au salon tenu du 17 au 21 juin au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Les autres sont : Magyar à Dijon et Sintermat à Venarey-les-Laumes pour la Côte-d’Or, Dixi à Marchaux-Chaudefontaine, SilMach et Vitabri à Besançon (Doubs), Baudry à Domblans (Jura), pour la Nièvre Geficca à Cosne-Cours-sur-Loire, Sapem à Cizely et Texys HD à Varennes-Vauzelles, ainsi que Remorques Louault de Saint-Fargeau (Yonne).

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