Seul fabricante française des métaux d’apport pour le soudage et le brasage, la PME de Grandvillars (Territoire de Belfort) multiplie les actions et investissements pour progresser dans un contexte, pénalisant pour elle, de flambée des coûts de l’énergie et de rareté de la main d’œuvre. En accueillant la demi-finale du championnat de France de la soudure, fin novembre, elle a contribué à valoriser l’image du métier.
Effervescence l'autre jour chez Selectarc. Pas pour la coupe du monde de football à l’heure où l’équipe de France B était malmenée par la Tunisie, mais pour une autre compétition. Sur son site principal de Grandvillars (Territoire de Belfort), l’entreprise métallurgique accueillait l’une des demi-finales du championnat de France de soudure, réunissant quelques as du chalumeau venus de Franche-Comté, de Côte-d’Or et d’Alsace.
Ceux-ci se sont affrontés - de façon très conviviale - sur les trois postes à souder du laboratoire de recherche-développement. « Cette manifestation a été l’occasion de les réaménager avec des potences (bras de manutention) renouvelés », souligne Romain Gotti, responsable du laboratoire de Selectarc.
Ces candidats, ainsi que les organisateurs et les encadrants, sont ainsi entrés dans un haut-lieu français du soudage. Lequel ne serait pas possible sans Selectarc : la PME fabrique les « métaux d’apport », matière de base du soudage ainsi que du brasage, terme désignant l’opération d’assemblage entre ce métal d’apport et un métal de base. Elle est même devenue l’unique représentante tricolore de cette activité, depuis la vente il y a cinq ans par le groupe Air Liquide de sa filiale dédiée à un spécialiste américain.

Selectarc consolide, depuis deux ans, ses positions par un programme d’investissement de 300.000 € combinant l’introduction croissante de la digitalisation avec la modernisation des équipements. L’effort s’avère d’autant plus indispensable – et méritoire - que le contexte dans lequel évolue l’entreprise n’est de loin pas des plus faciles aujourd'hui. Après la crise sanitaire, celle de la flambée et de la rareté des matériaux touche à plein la PME plongée dans l’univers des métaux. « Nous achetons à 95 % notre matière en Europe et espérons maintenir cette performance qui constitue pour nous un motif de fierté, mais la compétition est rude avec l’Asie », reconnaît Jean-François Petitet, directeur des opérations. « En outre, nous avons dû augmenter nos stocks, afin de sécuriser nos approvisionnements ».
Mais l’Asie constitue aussi un terrain de conquête pour le fabricant franc-comtois : « Nous y réalisons des percées depuis la sortie de la crise sanitaire, car la technicité de nos produits, en comparaison de nos concurrents sur place, y est prisée », souligne Jean-François Petitet. Au global, l’export représente la moitié du chiffre d’affaires, qui approchera les 45 millions d’€ pour cet exercice 2022.
Davantage de marchés en direct

Pour l’entreprise de 160 salariés (130 au siège et 30 sur le site de fonderie pour les produits de brasage de Roche-lez-Beaupré dans le Doubs), l’évolution récente concerne les canaux de vente. « La distribution, notre débouché habituel, demeure le principal, à hauteur de 75 %, mais nous visons de plus en plus la fourniture de clients en direct. Celle-ci représente désormais un quart de l’activité », explique Jean-François Petitet. L’occasion de décrocher des références de choix, dans la Défense, l’aéronautique, ou le nucléaire comme le programme Iter à Cadarache (Bouches-du-Rhône).
La PME cherche également, parmi la distribution, à privilégier les liens avec des « acteurs qui nous ressemblent : familiaux, industriels eux aussi, sensibles à la qualité des prestations », ajoute le dirigeant. Ces différentes adaptations sont destinées à perpétuer une longue histoire, puisque Selectarc constitue, avec les bien plus connus Lisi et VMC (les hameçons de pêche) l’une des filiales du groupe Viellard Migeon et Compagnie né en 1796.


On n’était pas là pour la rigolade, le 30 novembre à la demi-finale du championnat de France de la soudure. Sinon, on aurait pu compter sur Christophe Lagarde pour recadrer un public qui se serait dissipé. Le dirigeant du centre de formation System Weld, à l’origine de la compétition, a orchestré de main de maître les épreuves, réparties entre les trois procédés : Tig (fines baguettes travaillées aux électrodes à tungstène), semi-automatique, et électrode enrobée. D’initiative privée en l’absence d’impulsion publique, ce championnat poursuit un but de valorisation auprès des jeunes, au-delà de saluer l’excellence d’opérateurs expérimentés : « Avec cette formule de genre sportif, on peut espérer donner une bonne image du métier et y attirer des candidats qui manquent à toutes nos entreprises », souligne Christophe Lagarde.
La compétition se déroule en trois étapes. D’abord un questionnaire à choix multiples pour les quelque 450 postulants qui se sont présentés cette année partout en France, avec note éliminatoire de 15/20. Puis, les demi-finales par zones (Framatome au Creusot a également accueilli une session pour le Sud-Bourgogne, au lendemain de celle à Grandvillars). Et enfin, pour 60 rescapés, une finale du 26 au 28 mai à Vierzon (Cher), dans le fief de l’organisateur.






































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