Rajeunissement des équipes, rééquipement matériel, digitalisation poussée, optimisation des flux, positionnement accentué de sa marque, le dernier fabricant français de produits de soudage et de brasage revoit toute sa stratégie jusqu’en 2023.

 

La filiale à 100% de l’ancestral groupe familial franc-comtois Viellard Migeon & Compagnie (né en 1796), qui contrôle aussi les entités Lisi et Rapala-VMC, fait un grand ménage dans sa stratégie après une année 2020, certes en baisse d’activité de plus de 15%, mais surtout pénible en terme d’organisation de la production en raison des différents confinements.
Car le Petit Poucet mondial des produits de soudage et de brasage (*) entend réduire ses coûts, booster sa propre marque et s’offrir du sang neuf. L’objectif : passer de 40 millions d’€ de chiffre d’affaires à près de 50 millions en trois ans à l’aune d’ambitieux chantiers qui concernent tous les services de l’entreprise.

 

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En préalable, une simplification juridique a été opérée en deux temps au niveau du groupe. Au mois de septembre dernier, les sociétés Reboud Roche, le site de fonderie situé à Roche-Lez-Beaupré près de Besançon, et Selectarc Welding, le siège et l’unité de production implantés à Grandvillars dans le Territoire de Belfort, ont fusionné pour donner naissance à l’entreprise Selectarc, tout simplement.

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Opération de brasage qui établit une fusion métallique sans fusion des bords.


De plus, depuis le 1er janvier, l’ancien groupe FSH Welding group est devenu Selectarc Group qui fédère par ailleurs quatre filiales de commercialisation dans le monde et une co-entreprise au Royaume-Uni. « Nous adoptons une terminologie plus simple, notamment vis-à-vis de nos clients internationaux qui représentent 60% des ventes », justifie Jean-François Petitet, le directeur commercial et du marketing.

 

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Apprendre à mieux communiquer

 

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Sortie de coulée où l'on prépare les billettes métalliques.

 

Pour réaliser son objectif triennal de 25% de croissance, l’industriel investit 3 millions d’€. Une large partie de l’enveloppe concerne la modernisation des équipements et l’acquisition de nouveaux : fours, malaxeurs, tréfileuses… Mais également leur digitalisation à l’aide de capteurs pour favoriser un dialogue géré par l’ERP qui anticipe les fabrications, déclenche la maintenance ou encore devance les pannes, via différents modèles prédictifs établis à partir de la collecte de données (monitoring).

 

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« Nous générons pas moins de 50.000 ordres de fabrication par an, d’où notre volonté d’améliorer le process et ce d’autant que nous voulons repositionner notre marque », indique Jean-Pierre Gebhardt, le président de Selectarc. L’entreprise a en ce sens revu sa logistique pour passer d’une logique de "flux tiré", liée à ses 50% de ventes en marques distributeurs, à celle de "flux poussé", impliquant du stock en propre. « Nous exploitons pas moins de 40.000 références (**) et il nous faut avoir le bon produit au bon moment, ce qui implique une classification parfaite et un EDI (échange de données) performant », complète le dirigeant.

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Opération de soudage repérable aux étincelles et non à une flamme.


L’optimisation globale souhaitée passe aussi par l’administration des ventes et la gestion de la relation client (CRM). « Il s’agit de limiter les tâches répétitives et à faible valeur ajoutée comme la double, triple, voire quadruple saisie. » Le volet humain n’a pas non plus été oublié. L'entreprise accueille pas mois de sept élèves ingénieurs alternants, dont quatre de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) et trois de l’École Supérieure des Technologies et des Affaires (ESTA) de Belfort.

 

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« Nous leur demandons aux différents postes qu’ils occuperont d’avoir une regard neuf, critique et diversifié pour nous faire avancer », ponctue Jean-François Petitet. Pour améliorer la communication interne, Selectarc a adopté, comme sa grande sœur Lisi, le logiciel Fabriq qui favorise une dialogue direct, informe en amont, partage les données pour, au final, opérer une transmission en temps réel du savoir de chacun.

(*) Le brasage des métaux est un procédé d'assemblage permanent qui établit une liaison métallique entre les pièces réunies. Contrairement au soudage, il n'y a pas fusion des bords assemblés. Selon les cas, il peut y avoir ou non utilisation d'un métal d'apport (source Wikipédia).

(**) Dont certaines très spécifiques pour des marchés techniques comme l’aéronautique, le nucléaire ou encore l’automobile, ce qui est l’une des forces du fabricant qui livre à hauteur de 20% de son activité en rang 1 des constructeurs et équipementiers comme Framatome, Faurecia ou Valeo.

Toutes les photos ont été fournies par l'entreprise.

Qui sont Jean-Pierre Gebhardt et Jean-François Petitet ?

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Jean-Pierre Gebhardt, président de Selectarc à gauche, et Jean-François Petitet, directeur commercial et du marketing.

• Citoyen d’Outre-quiévrain, c’est-à-dire de nationalité belge, cet ingénieur civil mécanicien de 60 ans, l’équivalent d’un gadzart, ingénieur diplômé de l'École nationale supérieure d'Arts et Métiers  (ENSAM), a beaucoup roulé sa bosse. Polyglotte (quatre langues), tour à tour employé chez Ariane 5, dans une fonderie, une cimenterie (Holcim), puis exploitant de sa propre fonderie, Jean-Pierre Gebhardt s’invite dans le monde du soudage chez Welding Alloys à Colmar d’où il assure la direction euroépenne, puis chez l’Allemand Castolin Eutectic. Il intègre Selectarc en juillet 2019.

Jean-François Petitet est aussi ingénieur mécanicien, mais pur jus franc-comtois, puisqu’il est déjà originaire d’Ornans, la patrie du peintre Courbet dans le Doubs, et diplômé de l’Université de Technologie de Belfort Montbéliard (UTBM). Après 16 années passées dans le soudage à s’occuper de grands comptes, puis il devient directeur de division chez Castolin Eutectic France où il rencontre Jean-Pierre Gebhardt. Jean-François Petitet travaille aussi un temps dans le groupe Alfa Laval (échangeurs thermique). Ce cadre supérieur de 45 ans rejoint Selectarc fin 2019.

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