Seize nouveaux chefs d’entreprise sont entrés dans la communauté du Réseau Entreprendre Franche-Comté, le 6 mars dernier à Arc-lès-Gray, en Haute-Saône. Ils sont créateurs, repreneurs ou développeurs, dans des secteurs d'activités très divers, agroalimentaire, mécanique, médical, loisirs etc.

La préoccupation de l’environnement a été exprimée par la majorité des lauréats 2018 du Réseau Entreprendre Franche-Comté qui recevaient leur trophées, le 6 mars dernier à Arc-lès-Gray, en Haute-Saône, à seize nouveaux chefs d’entreprise. Une intention prometteuse pour cette génération de nouveaux entrepreneurs qui ont repris une affaire ou créé leur société. Leur marraine Martine Delbos, présidente des Pépinières Guillaume à Charcenne, s’en faisait aussi l’écho avec son activité, le greffage de plants de vignes qui doit désormais s’adapter au changement climatique. Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté relevait, elle, l’esprit de solidarité du réseau qui veut que tout nouveau chef d’entreprise est accompagné par un pair. Une antenne du Réseau Entreprendre en Haute-Saône va prochainement être créée dans les locaux de la CCI.

 

• Dominique Prudent, Jurabrasifs

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Ancien technico-commercial chez Diager Industrie qu’il quitte en 2009, ce mécanicien revient aux sources en 2018 en reprenant le parc machines de l’atelier de meules et outils diamantés du fabricant de forêt jurassien. Baptisée Jurabrasifs parce qu’il avait l’intention de la maintenir dans le Jura, mais trouva des locaux dans le Doubs, à Saint-Vit, chez Sefoc, Dominique Prudent vient d’embaucher son deuxième salarié.
En plus des commandes de Diager, il développe un marché auprès des affuteurs, fabricants d’outils, outilleurs et découpeurs pour l’usinage des matériaux durs comme les carbures de tungstène et les aciers trempés. Les concurrents se comptent sur les doigts d’une main : « Un Français, un Japonais et un Suisse ». En avril, Dominique Prudent installera une nouvelle machine. Il vise un chiffre d’affaires de 200.000 € la première année et près de 300.000 € d’ici 3 ans.

 

• Tarek Bouzid, Mecadep

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Tarek Bouzid, au centre et son accompagnateur, Jean-Pierre Chevassus (C3F) à droite sur la photo, et à gauche, Philippe Marmier, Crédit Agricole. © Matis Viot - Varkala Media.
Ingénieur dans de grands groupes, notamment Schlumberger et Itron, à des postes de responsabilité qui devenaient de plus en plus politiques, Tarek Bouzid a eu envie d’avoir sa propre affaire. Et ce fut Mecadep à Essert, près de Belfort, dont le dirigeant Serge Sonnet partait à la retraite. Mecadep s’est spécialisée dans l’usinage de précision de pièces de grandes dimensions pour des grands donneurs d’ordre industriels notamment de la pétrochimie. « Quand j’ai découvert le savoir-faire de cette petite entreprise de 15 salariés qui réalise un chiffre d’affaires de 2 millions d’€, je me suis dit que ça avait vraiment le coup que je mette son expérience à son service », explique t-il. Son développement dépendra de la qualité des embauches qu’il pourra concrétiser, des compétences peu disponibles sur le marché du travail.

 

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• Isabelle Blayteron, Le Criollo

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« Une envie de beau et de bon », c’est ainsi que Isabelle Blayteron résume sa rencontre avec la chocolaterie Le Criollo (chiffre d’affaires 1,1 million d’€, 14 salariés) à Chalezeule, dans le Grand Besançon et sa fondatrice Chantal Maire qui préparait son départ à la retraite. Cette ingénieure cinquantenaire qui a fait sa carrière dans l’industrie, notamment la plasturgie, explique les similitudes avec son nouveau métier. « Comme le plastique, le chocolat est une matière vivante, une transformation chimique qui intervient à certaines températures. »
Les confiseries qu’elle fabrique depuis un mois sont entièrement naturelles et elle en parle avec gourmandise, en particulier ce chocolat blanc griffé de bleu qui laisse sur le palais une fraîcheur inattendue. Isabelle Blayteron s’attelle à développer les circuits de distribution et, pour rapprocher le consommateur du produit, a décidé d’ouvrir le laboratoire de production à la visite en complément du magasin d’usine existant : les dates sont déjà fixées, tous les mardis et samedis à 15h.

 

• Patrick Hintzy, Hintzy Distribution

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Didier Hintzy, au centre, son accompagnateur, Pierre Petitjean (Metalis) à gauche sur la photo,et Joël Simon, Société Générale. © Matis Viot - Varkala Media
C’est un retour dans la famille que concrétise Didier Hintzy. Ses grands parents avaient créé à Dole (Jura) cette société de vente de peinture, revêtements de sols et murs, produits de décoration et d’outillage. Elle était depuis une dizaine d’années sous pavillon américain, PPG Industrie Peppler. En septembre 2018, le rachat des cinq fonds de commerce situés à Dole, Besançon, Chalon-sur-Saône (Châtenoy-le-Royal), Dijon (Marsannay-la-Côte) et Lons-le-Saunier est acté. Et un sixième magasin ouvrira d’ici été à Valentigney, près de Montbéliard. « Passer du salariat [ il était le directeur commercial, ndlr ] à l’entrepreneuriat, rien ne pouvait m’arriver de meilleur ! » Sa feuille de route vise un chiffre d’affaires de 7 millions d’€ en trois ans (6,3 aujourd’hui avec 20 salariés).

 

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• Nicolas Canteneur, Sermap

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Avec son frère Benoît chargé de la production, le nouveau PDG de Sermap connaît bien l’entreprise de Pierrefontaine-lès-Varans (Doubs) qu’avait créé Gilles Devillers, puisqu’il en était le directeur industriel depuis 2003. En octobre 2017, cet ingénieur diplômé de l’École Catholique des Arts et Métiers de Lyon et de l’IAE, a repris cette entreprise qui réalise une dizaine de millions d’€ de chiffre d’affaires et emploie 60 personnes, dans le cadre d’une nouvelle holding familiale et son objectif est de lui faire franchir les frontières.
Ses outils de nettoyage des fermes et d’épandage des effluents aux champs se sont fait une réputation dans l’hexagone. La dernière génération de racleur de fumier des étables est un véritable robot avec pilotage à distance, via une application mobile. Il souhaite aussi développer une activité complémentaire, la méthanisation, toujours dans le secteur agricole, « un marché où la France est à la traîne. »

 

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• Guillaume et Marc Notheisen, Presta Découpe Viande

Ingénieur diplômé de l’ENSAM, Marc, 57 ans, a réalisé une carrière industrielle. Guillaume, 31 ans, titulaire d’un Master de l’ESC de Clermont-Ferrand et dernièrement d’un CAP de boucher, avait créé une affaire de courtage en assurance. Le père et le fils s’associent en août 2018 dans la reprise de la Société Presta Découpe Viande à Boussières (Doubs) qui produit et commercialise des salaisons artisanales. Le développement passera par les circuits courts avec l’objectif de doubler le chiffre d’affaires de 500.000 € d’ici 3 à 5 ans.

• Fabrice Le Tohic, Sciences Environnement

Ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lyon, Fabrice Le Tohic profite de la récente restructuration d’Alstom Energie pour se lancer dans l’entrepreneuriat « à taille humaine ». Son choix se porte il y a 4 mois sur le bureau d’études Sciences Environnement basé à Besançon, et qui possède une agence à Auxerre (Yonne) et une autre à Clermont-Ferrand.
Ses terrains d’étude, comme son nom l’indique, sont l’environnement pour l’installation d’activités industrielles, l’implantation d’énergies renouvelables et d’installations de valorisation énergétique. Son ambition est de porter le chiffre d’affaires de l’entreprise de 40 salariés de 2,7 millions d’€ à 3,2 millions dans les trois ans et d’embaucher 5 personnes.

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Photo du haut : Guillaume et Marc Notheisen, Presta Découpe Viande, entourés de Béatrice Remond-Bonin, Conci'liance et Alexandre Lavry, CIC Est - Photo en dessous, Fabrice Le Tohic, Sciences Environnement avec Bertrand Baverel, FCTS (à drotie sur la photo) et  Jean-Yves Cognard, Banque Populaire. © Matis Viot - Varkala Media.

 

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Histoires de création

• Alexandre Douablin, Biomnigène

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Docteur en biologie moléculaire, Alexandre Douablin a créé Biomnigène avec cinq associés en juin 2018 à Besançon. Après 5 années de recherche dans le domaine de la génomique, il a dirigé un laboratoire de biotechnologies spécialisé dans la production de semence bovine sexée. Son envie d’être indépendant et de travailler dans un domaine qui le passionne, la génétique, le conduit à se spécialiser dans le séquençage génétique qui permet d’identifier les anticorps.
Une technologie qui permet de résoudre des problématiques industrielles, notamment l’agroalimentaire (listeria par exemple) ou médicales et dans un domaine de plus en plus demandeur en raison de la pollution, l’environnement. Son business plan fixe à tous un chiffre d’affaires de 1 millions d’€ et un effectif d’une dizaine de salariés.

 

• Thibaut Cartigny, Ananké

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Thibaut Cartigny, au centre en compagnie de Claude Marconot, président de SGE, son accompagnateur, à sa gauche, et de Yves Krattinger, président du Conseil départemental de la Haute-Saône. © Matis Viot - Varkala Media.

Traces Écrites News avait déjà découvert cette jeune entreprise (Lire ici) de Belfort que Thibaut Cartigny avait créé en 2017 avec Brice Bryon, Mathieu Doubs et Pierre Ranc, pour se positionner sur un marché devenu d’actualité avec les émissions de gaz à effet de serre, les pertes énergétiques dans l’industrie. Ce trentenaire diplômé de l’Ecole Supérieure des Sciences et des Technologies de l’Ingénieur de Nancy rachète une technologie qu’il avait développée chez Assystem.
Depuis, il conçoit des moteurs de valorisation de la chaleur fatale, qui absorbent la chaleur des process (fumées, machines) pour la transformer en électricité et en chaleur utile réinjectée dans les ateliers. L’ampleur du marché lui autorise de grandes ambitions : un chiffre d’affaires de 100 millions d’€ en 10 ans et un résultat net de 8%, et un effectif de 6 personnes aujourd’hui qui doublera de taille en deux ans.


• Jean-Gabriel Chillès, Innoralis

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© Traces Écrites.
Son grand-père et son père étaient dentistes à Belfort : lui aussi, dans la spécialité de l’orthodontie, mais pas que. Le voilà propulseur des innovations  de la communauté bucco-dentaire. « Beaucoup de dentistes inventent des dispositifs médicaux mais ne savent pas les développer ou s’ils réussissent, ils se les font voler », expose ce trentenaire. Une plateforme web avec un espace de publication met en relation les praticiens avec le bureau d’études qui développe les dispositifs médicaux qu’ils ont imaginés ou réalisés de manière artisanale.

Cinq projets sont en cours de développement avec les trois ingénieurs de la société à laquelle Jean-Gabriel Chillès se consacre à mi-temps, tout en poursuivant la pratique de son métier. Les premiers produits devraient être commercialisés ce printemps.

 

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• Alexandre Meyer, Phenomen

Sa rencontre en 2016 avec Sylvain Nourisson, constructeur horloger, ouvre de nouvelles voies au designer qui était déjà passé du statut de salarié pendant 10 ans dans l’industrie automobile, chez PSA, à celui d’indépendant avec la Cour du Design. Avec Phenomen, Alexandre Meyer vise le marché du luxe. Deux ans après la création de la société, les premières montres qui se distinguent par une mécanique complexe et un design iconoclaste ont été livrées en novembre dernier. De nouvelles embauches sont prévues ces prochains mois pour compléter la petite équipe de 4 personnes.

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Alexandre Meyer, Phenomen, entouré de son accompagnateur Philippe Berteaux, Estimprim (à sa gauche) et de Antoine Gérard, groupe IMI. © Matis Viot - Varkala Media

 

• Julien Tripard, Sporthopeo

Diplômé de la faculté des sports de Besançon en 2015, Julien Tripard, également rééducateur au centre de Bretegnier à Héricourt, crée deux ans plus tard Sporthopeo, dédiée aux produits pour le milieu au développement de produits pour le handicap et la rééducation. Ce fut pour commencer un style universel de fixation au pied pour vélo et cette année, ce sera une pédale connectée. « Je veux que les handicapés puissent avoir le plaisir du sport comme tout le monde », déclare le jeune homme de 26 ans qui, avec ses deux associés, a plein d’idées d’applications à d’autres activités sportives. La start-up a été repérée par l’électronicien alsacien Thurmelec qui l’accompagne dans le cadre de son accélérateur d’innovation destiné à détecter les produits électroniques du futur.

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Julien Tripard, Sporthopeo en compagnie de Vincent Galezot, Altéris et Fanny Lhuilier, Pbifrance. © Matis Viot - Varkala Media

 

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• Patrick Fosse, L’Eau Vive

Vingt années aux ressources Humaines chez General Electric conduisent à réorienter sa vie professionnelle avec une activité plus proche de ses convictions écologiques. Patrick Fosse lance le mois dernier un commerce Bio à Andelnans, près de Belfort, sous l’enseigne L’Eau Vive, et développe un réseau de franchise. Avec une surface de vente de 530 m2 et un service web de « Click & Collect », il vise un chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’€ d’ici à 2 à 3 ans.

• Loris Hamdaoui- S3

Il est sportif - il entraîne notamment une quarantaine d’enfants à l’académie de football de Dole, alors pourquoi ne pas faire du sport son métier. Ce jeune de 23 ans, titulaire d’un BTS management des unités commerciales et d’un brevet de moniteur de football, saisit la balle au bond en créant un complexe multisports à Dole.

 

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• Christophe Heninnot et Nathalie Clerin, Les Cabanes du Hérisson

C’est l’histoire d’une double reconversion pour le jeune couple qui développe un complexe d’hébergements original, des cabanes en pleine nature associées à un centre de bien-être avec un spa à Bonlieu (Jura). Les deux premières complétées par deux cottages ouvrent en juin.

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1ère photo: Patrick Fosse, L'Eau Vive avec Martine Delbos, Pépinières Guillaume, la marraine de l'édition 2018 et François Didier, MPlus - Seconde photo  : Loris Hamdaoui en compagnie de Christophe Camacho, Préconcept Consulting et de Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ; 3ème : Christophe Heninnot et Nathalie Clerin, Les Cabanes du Hérisson, au centre, avec Catherine Letang, General Electric (veste rouge) et Pascale Lyaudet-Sarron, EDF. © Matis Viot - Varkala Media.

 

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Histoire de développement

• Sylvain Grosdemouge, Shine Medical

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Sylvain Grosdemouge au centre et son accompagnateur, Gérald Streit, Delfingen, à sa droite, Rémy Laurent, président de la CCI Bourgogne-Franche-Comté. © Matis Viot - Varkala Media.
On le connaît avec Shine Research, société de développement de logiciels multiplateformes qu’il développe depuis 2012 à Besançon. 60% du chifffre d'affaires est généré avec des logiciels à destination de l’industrie (logiciels métiers, ou mettant en œuvre la 3D, la réalité virtuelle et/ou la réalité augmentée…), le reste avec des jeux vidéo et des serious games.
 Sylvain Grosdemouge créée une seconde société en juin 2018, Shine Medical dédiée au secteur médical. L’activité démarre avec trois projets, dont un dans le domaine de la radiothérapie en partenariat avec le CHU de Besançon, l’ISIFC et le groupe Maincare. L’objectif à 5 ans est de structurer et développer un petit groupe de 30 personnes pesant 3 millions d’€ de chiffre d’affaires.

 Photos non signées, Traces Écrites

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