Le groupe d’appareils électroménagers réorganise sa supply chain autour de deux vastes centres logistiques sur le territoire français. Elle a porté, entre autres, son choix sur son fief historique de Côte-d’Or, à Til-Châtel où sa plateforme représentera un investissement de 30 millions d’euros et la création d’une centaine d’emplois.


Quelques semaines après avoir inauguré sa plateforme logistique Europe pour le petit électroménager à Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, SEB dévoile le lieu d’implantation du site homologue, cette fois-ci pour l'expédition des autocuiseurs, des casseroles et des poêles : il s’agit de la Côte-d’Or. Attaché à son berceau d’origine, le groupe choisit le département, plus précisément la commune de Til-Châtel, qui présente l’intérêt pour lui de se situer à l’immédiate proximité de l’entrée de l’autoroute A31.

Sur un terrain de 13 hectares à côté de la ferme photovoltaïque du Creux du Temps, le leader mondial du petit électroménager va installer une plateforme de 38.000 m2, surface qu’il sera en capacité de porter à 45.000 m2, voire à 60 000 m2, en rachetant une parcelle voisine. « La construction va démarrer, elle s’achèvera à la toute fin 2024, ou début 2025 », a précisé ce mardi 11 juillet Thierry de La Tour d’Artaise, président du groupe, qui chiffre l’investissement à 30 millions d'€.

« Avant de choisir notre site, nous avons effectué un long travail d’analyse de nos flux et de repérages des implantations potentielles. Nous avons certes identifié le barycentre de nos opérations autour de Châlons-en-Champagne (Marne), mais nous avons préféré nous implanter pas si loin, en Côte-d’Or, notre berceau historique », a relaté le dirigeant. Une centaine d’emplois, principalement dans la logistique et les fonctions de support, sont attendus.

 

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SEB, qui réalise auprès du grand public  90 % de son chiffre d’affaires (7,96 milliards d'€ pour un résultat net de 316 millions d'€ en 2022) simplifie et réorganise ainsi sa logistique européenne autour de deux flux principaux depuis le Nord de la France et la Côte-d’Or. Auparavant le groupe privilégiait des entrepôts dans chacun des grands pays du continent. « Celui de Duisbourg en Allemagne revient en France, tandis que celui de Rumilly (Haute-Savoie) change de fonction », précise Renaud de Butler, directeur « supply chain » du groupe. Dans cette commune, SEB fabrique les poêles et casseroles Tefal, société qu’il a rachetée en 1968.

Le fabricant choisit de peu automatiser ses deux plateformes. « Une telle automatisation n’est pas rentable économiquement pour notre logistique, car celle-ci comporte de très nombreuses références de produits avec des rotations très rapides », explique Renaud de Butler.

 

Tenu secret jusqu'au bout

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La plateforme sera dédiée aux autocuiseurs, casseroles et poëles, sur une surface bâtie de 38.000 m2 à côté de l'A 31 à Til-Châtel (Côte-d'Or). © SEB


Le choix de Til-Châtel a été tenu secret jusqu’au bout. C’est Parcolog, entreprise française spécialisée dans le développement, l'investissement et l'asset management d'immobilier d'activités logistiques, qui a conduit les opérations pour SEB, de même d’ailleurs qu’à Bully-les-Mines. Ce premier centre logistique est en activité depuis avril 2023, il représente un investissement de 80 millions d'€, pour 350 emplois.

La plateforme de Til-Châtel, une fois opérationnelle, sera confiée à une société partenaire de SEB. « Nous sélectionnerons notre opérateur dans le courant de l’année 2024 », détaille Thierry de La Tour d’Artaise. Outre l’A31, elle présente l'avantage pour l'industriel de se situe à proximité de ses deux usines de production en Côte d’Or, à Is-sur-Tille et Selongey.

 

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Sur place, le trafic attendu devrait rester modeste, promet SEB. « Nous estimons que le supplément représentera entre 10 et 30 poids lourds par jour. Nous sommes très soucieux de notre empreinte carbone et voulons réduire au maximum les flux routiers », poursuit le président du groupe. L’entrepôt sera doté d’une installation photovoltaïque, capable de fournir l’équivalent de la consommation électrique de 2.500 habitants.

Le groupe SEB est présent dans 150 pays où il emploie 33.000 personnes, dont 550 en Côte-d’Or. Il regroupe 33 marques, et suit une politique de croissance externe très active. En Europe, il est à la peine : il a enregistré une baisse de ses ventes de 11,5 % en 2022, non compensée par leur progression en Amérique (+4,5 %) et en Asie (+8,2 %). « Nous connaissons une baisse conjoncturelle, liée notamment à la guerre en Ukraine, qui n’entame pas notre confiance », assure Renaud de Butler.
 

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Le président du groupe SEB, Thierry de la Tour d'Artaise, a lui-même dévoilé le projet logistique, ce 11 juillet
à la préfecture de région et de Côte-d'Or à Dijon. © Arnaud Morel

 

 Près de 120 ans d’histoire commune avec la Bourgogne 

SEB est né en 1857, lorsqu’un ferblantier auvergnat du nom d’Antoine Lescure trouve l'amour à Selongey et y installe son atelier de réparation d’ustensiles de cuisine. Celui-ci devient la Société d’Emboutissage de Bourgogne. En 1953, SEB lance sa première cocotte minute, qui le fera passer au rang d’entreprise nationale, puis internationale. Cette innovation est suivie, en 2007, de la première friteuse sans huile Actifry, qui connaît un immense succès mondial, mais arrive un peu en fin de carrière à présent. Ces derniers mois, le groupe s’est beaucoup renforcé dans le secteur professionnel, en rachetant plusieurs entreprises de fabrication de machines à café, dont La San Marco. Le 4 juillet dernier, il a annoncé l’acquisition de l’entreprise Forge Adour, une entreprise familiale de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), spécialisée dans la conception, fabrication et commercialisation de planchas.

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