Mécanique & Services (M&S) est une société discrète basée au cœur de la Bourgogne entre Chalon-sur-Saône et Beaune, à Saint-Loup-Géanges. Ses 37 salariés y réalisent des pièces usinées à forte valeur ajoutée pour différents secteurs tels que la pétrochimie, la défense et le nucléaire. A ce titre, la PME constitue un pilier du pôle Nuclear Valley, dont la nouvelle directrice nous expose les axes de développement.


Mécanique & Services, plus connu sous le sigle M&S, a été fondée en 1991 par Jean-Baptiste Chardon. Elle est aujourd’hui pilotée par David Berthier, son gérant depuis 2000. Dotée d’un parc machines de dernière génération, d’une expertise de plus de 25 ans dans le domaine du nucléaire (réalisation complète de pièces à destination des organes chauds des centrales sous assurance qualité) mise en oeuvre par des techniciens hautement qualifiés, la Sàrl de Saint-Loup-Géanges (Saône-et-Loire) peut répondre à toutes les sollicitations de ses clients.

Sa garantie de qualité est attestée par de nombreuses certifications, comme l'Iso 9001 (depuis 2010) mais aussi la norme ISO19443 spécifique au domaine nucléaire. Dans la salle dédiée aux contrôles des pièces, le responsable QSE (qualité-sécurité-environnement) veille au grain : « Toutes les pièces qui doivent être contrôlées restent ici pendant 24 heures. Chaque opérateur vérifie les siennes, puis elles sont recontrôlées par mes soins si besoin », explique-t-il.

 

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En 2018, M&S a déménagé, tout en restant sur la commune de Saint-Loup-Géanges, pour s’installer dans une nouvelle zone artisanale. « Nous avons alors investi plus de 2,5 millions d’euros dans la construction de notre nouveau bâtiment et son aménagement, puis 4 millions d’euros en 2023 pour son extension et l’achat de nouvelles machines », introduit le gérant. Aujourd’hui, la société dispose d’un ensemble de 2.500 m² (500 m² de bureaux, 1.500 m² d’atelier et 500 m² pour le stockage).

 

Objectif 6 millions d'euros en 2025

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L'effectif de M&S se compose de 37 salariés qui produisent des pièces usinées à forte valeur ajoutée pour le nucléaire, la pétrochimie, la défense nationale… © M&S


M&S se signale aussi par une politique de recrutement soutenue et son engagement dans la formation des jeunes. « Nous comptons trois stagiaires en BTS usinage de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) qui démarrent cette année en contrat d'alternance », explique David Berthier. Autre point très important côté RH, selon le dirigeant : le bien-être au travail des salariés. « Notre cadre est très sain, posé et bienveillant. Nous organisons tous les mois une réunion de 30 minutes pour effectuer un point général sur notre activité, nos réussites, mais aussi nos difficultés, par exemple pour des pièces qui ont été plus compliquées à produire…. »

Après un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions en 2023, la PME se fixe l’objectif d’atteindre les 6 millions d’euros en 2025. Les perspectives, portées par ses secteurs phares et par ses investissements dans son parc de machines, permettent à la PME d’aborder l’avenir sereinement. 

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  Interview de Sophie Rouzaud, nouvelle directrice de Nuclear Valley

 

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Sophie Rouzaud, directrice générale de Nuclear Valley, pôle de compétitivité des filières nucléaire civil et défense en régions.
© Nuclear Valley

« Accompagner les projets d'innovation avec l'exigence de qualité qui est liée à notre labellisation »

 
Après 20 ans de carrière dans le monde du ferroviaire puis dans le conseil, Sophie Rouzaud a pris la direction de Nuclear Valley, le pôle de compétitivité des filières nucléaires et défense basé à Chalon-sur-Saône. Diplômée de l'Ecole centrale de Lyon, elle avait rejoint la structure il y a deux ans pour y mettre en place les services d’accompagnement à la levée de fonds.


Comment fonctionnez-vous pour soutenir les entreprises ? 

Nuclear Valley est le seul pôle de compétitivité dédié au nucléaire civil et militaire en France qui soit labellisé par l’Etat. Nous favorisons l’émergence de solutions innovantes et compétitives pour ces filières en régions et nous animons, dans ce but, une communauté de plus de 430 membres, associant autour de projets collaboratifs l’ensemble des acteurs de ces deux filières : start-ups, ETI, PME, grands groupes, laboratoires de recherches et organismes de formation. Nous accompagnons nos membres dans leurs enjeux de R&D, d’innovation, de croissance, de financement, d’emploi et de formation, et de développement en France et à l’international. En particulier, le pôle met au service de ses membres son expérience et sa connaissance des structures européennes, nationales et régionales, gestionnaires de fonds publics pouvant être mobilisés.
 
 
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L’équipe de Nuclear Valley et son conseil scientifique indépendant comopsé de 32 experts accompagnent et instruisent les projets qui lui sont soumis avec l’exigence de qualité du processus de labellisation, dont la valeur est aujourd’hui reconnue. Nous intervenons à toutes les étapes de maturité de l'innovation : de l’idéation, en passant par la recherche de partenaires, jusqu’à la labellisation et la présentation à un guichet de financement. Pour étudier le caractère innovant des projets déposés lors de nos appels d’offres, notre conseil scientifique labellise des projets pour le compte de l’Etat. Nous sommes là aussi pour aider les start-ups à décrocher des financements privés, car chaque euro public doit s’adosser à un euro de fonds propres pour l’entreprise. Pour cela nous avons mis en place un club investisseurs.


Vous jouez aussi un rôle d’animateurs de tout cet écosystème…

Nous animons en effet des réunions sur des axes techniques afin que les entreprises se rencontrent sur les sujets transverses, que des idées émergent autour des matériaux, du numérique ou de la robotique par exemple. Nous avons lancé récemment une commission sur le nucléaire appliqué au domaine médical.
 

Quels sont vos sujets des prochaines années ?

Avec la prolongation de l’existence des centrales nucléaires, l'arrivée des EPR2, l’émergence des petits réacteurs innovants et les grands projets de défense, nous vivons un moment assez intense, de virage pour la filière. On dénombre 90 projets dans le monde de petits réacteurs modulaires innovants nommés SMR (small modular reactors). Dans le cadre de l’appel à projets France 2030, nous en avons décroché 11. Le projet Jimmy, au Creusot (Saône-et-Loire) fait partie de ces lauréats. Ces petits réacteurs vont produire de l’électricité dans des zones où les besoins sont moins importants ou pour la fabrication d’hydrogène ou de chaleur par exemple. 

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