La start-up française Jimmy annonce un investissement de 100 millions d’€ sur le site Coriolis au Creusot (Saône-et-Loire). Elle projette d’y créer 300 emplois d’ici 2028 pour construire une plateforme industrielle productrice de générateurs de chaleur décarbonée. Elle mise sur la technologie des petits réacteurs nucléaires modulaires, les SMR.


Jimmy, une start-up industrielle créée en 2020 et établie en Ile-de-France, choisit Le Creusot (Saône-et-Loire) pour installer sa future usine d’assemblage de générateurs thermiques. Ceux-ci doivent fournir de la chaleur décarbonée pour ses clients du secteur agroalimentaire, de la chimie et de la papeterie. Soutenue par le plan France 2030 - d'un montant de 30 milliards d'€ ventilés par l’Etat sur cinq ans pour développer la compétitivité industrielle et les technologies d'avenir - elle a obtenu une subvention record de 32 millions d’€ pour déployer sa solution énergétique. 

 

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Antoine Guyot et Mathilde Grivet, les deux co-fondateurs en 2020, installeront l'usine sur un terrain de 120.000 m2 dans la zone industrielle dense nommée le site de Coriolis, à proximité directe de la gare TGV Creusot - Montceau-les-Mines – Montchanin. Ils voient dans cette localisation un atout pour les équipes qui travailleront entre Paris et Le Creusot (70 personnes dans la capitale aujourd’hui, puis 100 d’ici cet été). Le chantier du premier atelier de stockage et d’assemblage des générateurs débutera en septembre prochain, en vue d'une mise en service en 2025 qui doit créer 150 emplois, selon les annonces de Jimmy. 

 

Le savoir-faire nucléaire au service de la chasse au CO2

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Les deux cofondateurs de Jimmy, Antoine Guyot et Mathilde Grivet. © Jimmy


« Nous sommes impatients de poursuivre le développement de l’entreprise en nous ancrant au Creusot. Cette plateforme industrielle marque une étape majeure dans l’histoire de Jimmy et nous sommes très fiers de l’inscrire dans la grande histoire industrielle du territoire du Creusot-Montceau. En construisant en ce lieu nos générateurs en série, nous serons en mesure de répondre à la demande et aux besoins massifs de décarbonation de l'industrie », déclare Antoine Guyot. 

La start-up poursuit l'objectif de participer à cette chasse au carbone en proposant une chaleur moins chère, grâce au savoir-faire du nucléaire français. Jimmy remplace les brûleurs à gaz, encore largement utilisés dans l’industrie, par des micro-réacteurs nucléaires modulaires (SMR) n’émettant pas de CO2, qui se branchent directement aux installations industrielles existantes. Elle investira 100 millions d’€ sur l’espace Coriolis. Quant aux effectifs, elle projette d'en porter le total à 300 salariés à la faveur de la construction de deux bâtiments suivants : un atelier d’assemblage, pour l’insertion du combustible dans les cuves qui sera mis en service en 2026 (environ 15 emplois), puis un atelier de préparation du combustible attendu en 2028, avec une centaine de postes supplémentaires. 

 

Faire du territoire un fleuron de la décarbonation

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Le générateur thermique de Jimmy permettrait d'éviter jusqu’à 700.000 tonnes de CO2. © Jimmy 


L’usine interviendra en amont de la production de chaleur, elle ne sera donc pas un lieu de production d’énergie et n’abritera aucune activité de fission nucléaire.

En accueillant cette start-up industrielle de pointe, à la technologie éprouvée et recherchée, soutenue par l'Etat, la communauté urbaine Creusot Montceau entend renforcer son positionnement de territoire d’excellence, engagé dans la transition énergétique et aspirant à devenir un fleuron national de la décarbonation.

 

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« Nous développons et valorisons l'accueil d'entreprises innovantes et vertueuses qui vont accompagner la transformation du territoire face aux nouveaux enjeux de notre société », souligne David Marti, président de la communauté urbaine. L'élu se déclare « ravi » du choix de Jimmy en faveur du site Coriolis. « Cette start-up industrielle de pointe en plein développement, dont nous partageons les valeurs environnementales et sociétales, renforce notre trajectoire de réindustrialisation, tout en créant de nouveaux emplois localement », ajoute-t-il. 

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