Le groupe alimentaire américain va rapatrier dans l’usine de Haguenau de ses célèbres billes chocolatées l’étape de production qui manquait encore au site alsacien : le grillage des cacahuètes, en provenance d’une unité aux Pays-Bas. Il poursuit ainsi la saga de ses investissements récents pour cette implantation qui fut sa première en Europe il y a un demi-siècle.
Mars devient maître complet de la production de ses célèbres M&M’s à Haguenau (Bas-Rhin). L’investissement en cours de lancement au bénéfice du site alsacien du groupe américain de friandises chocolatées rapatriera, dans un peu moins de deux ans, la première étape du process : le grillage de cacahuètes. Celui-ci est aujourd’hui assuré par une usine-sœur aux Pays-Bas, qui offre une position géographique certes plus directe avec les continents africains et sud-américains d’où la matière est acheminée par bateaux, mais dont les équipements étaient relativement obsolètes.
Un facteur important en faveur de l’option de relocalisation sur les mêmes lieux que la production finale réside dans la préservation de la matière transformée : « le transport fait courir le risque de détériorer les cacahuètes grillées qui nous parviennent », souligne Christophe Mathey, directeur de l’usine.
Seule manquante encore sur place, cette phase de production sera donc réalisée à Haguenau, à partir de la deuxième moitié de 2027, à la cadence horaire de 4,5 tonnes, dans un nouvel atelier de 4.000 m2 s’ajoutant aux 30.000 m2 existants. Cette « plus grande extension depuis la création en 1974 », a fait l’objet d’une cérémonie de première pierre le 19 décembre dernier. Dans les faits, les travaux ont été engagés depuis septembre par l'entreprise Urban Dumez, filiale de Vinci Construction et partenaire de longue date de l’industriel américain, qui est associée notamment au charpentier métallique Baumert.
Elle constitue le pôle principal de l’investissement de 47 millions d’euros octroyé à l’usine alsacienne par le groupe en mai dernier, à l’occasion du salon Choose France où Mars a annoncé un total de 135 millions d’euros en faveur de ses implantations hexagonales. A Haguenau, l’autre partie de l’enveloppe est consacrée à la modernisation de la chaîne de production de froid industriel. Le nouveau système, logé dans un autre bâtiment de 1 .500 m2 à construire l’an prochain, doit réduire de 16 % la consommation d’électricité du site et celle d’eau de 33 %.

« Haguenau devient ainsi un site exemplaire du groupe en matière de développement durable », commente Victoria Abramova, PDG de Mars-Wrigley France, en référence notamment à l’alimentation en chaleur à 90 % par de la « vapeur verte », l’énergie de l’incinération des déchets ménagers de l’agglomération et ses environs dans l’unité de Schweighouse-sur-Moder distante de quelques kilomètres seulement.
Haguenau se conforte ainsi comme le pôle de référence du groupe en Europe, devant son homologue en Pologne, pour le produit-phare de Mars, ses bonbons M&M’s fabriqués en quatre variétés (peanuts, crispy au riz soufflé, choco et les billes personnalisées) à la cadence de 72.000 tonnes par an en Alsace, soit le chiffre impressionnant de « 50 milliards de billes », souligne Christophe Mathey. « Le total des investissements depuis cinq ans en faveur du site se monte à 170 millions d’euros », calcule le directeur. En particulier, 70 millions injectés en 2019 ont modernisé la production et en ont retiré l’usage du dioxyde de titane, additif interdit (*), puis 18 millions d’euros ont augmenté de 30 % en 2021 la capacité des peanuts. Il y a onze ans, une précédente hausse de capacité et l’introduction du nouveau mode de chauffage avaient suscité un programme de 40 millions d’euros.
Haguenau dit merci à sa forêt

Le site exporte les deux-tiers de sa production, dans plus de 40 pays, principalement l’Europe de l’ouest (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie…). Au début des années 1970, il avait été choisi « parmi quelque 90 implantations potentielles » afin d'assurer l’expansion de Mars sur le Vieux continent, a rappelé le 19 décembre Victoria Abramova en livrant cette anecdote : au bout du bout de la sélection, face au dernier concurrent, le pouvoir de séduction qu’a exercé la forêt de Haguenau sur la maman du dirigeant d’alors Frank Mars a emporté la décision.
Depuis, Haguenau a fait « pousser » un pôle Mars alsacien, puisque se sont agrégés l’usine d’aliments pour animaux d’Ernolsheim-sur-Bruche et celle de barres glacées de Steinbourg (Bas-Rhin). Le rachat des chewing-gums Wrigley a ajouté le site haut-rhinois de Biesheim fabricant de la marque Freedent. Soit un total d’effectifs de quelque 1.500 personnes, qui a régulièrement augmenté sur les sites Mars bas-rhinois, mais a diminué à Biesheim. La direction du groupe a attribué à la baisse de consommation et à la concurrence des pays de l’Est le plan social de 216 postes qui y a été déclenché en 2021, réduisant le personnel sur place à une centaine.
A Haguenau, l’effectif « rattaché » incluant les commerciaux se situe à 750 personnes, dont 330 travaillent à la production. La création de 15 postes accompagnera l’arrivée de la nouvelle ligne de grillage des cacahuètes.

(*) mis en cause l’automne dernier dans des médias ayant découvert l’usage maintenu du dioxyde de titane dans des échantillons de M&M’s, le groupe répond que ces cas sont le fait d’ « importateurs tiers » et confirme l’abandon de cet additif dans sa propre production

























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