Pour transformer les déchets, sinon en or, du moins en une énergie utile, Suez ne manque ni d’imagination, ni d’expertise. Et c’est en Alsace que le groupe concentre nombre d’innovations, pour produire du chauffage ou alimenter des lignes de production.


La plus emblématique et à la fois la plus singulière de ces spécificités, parce que tellement liée à une caractéristique de l’Alsace, prend place à Meistratzheim (Bas-Rhin) : il s’agit de la transformation des jus de choucroute en biogaz, en sortie de station d’épuration. Ouverte en 2012, l’infrastructure traite 30.000 tonnes annuelles produites par les huit principaux choucroutiers de la région qui sont rassemblés dans un rayon de 5 km autour d’elle. Ces quantités viennent s’ajouter au flux constant dans l’année provenant des eaux usées domestiques classiques.
L'apport de jus de choucroute modifie profondément la dimension de la station : « Cela représente une capacité de 140.000 équivalents-habitants concentrée essentiellement sur une période de cinq mois entre fin août et début février, à comparer aux autres 60.000 équivalents-habitants répartis sur toute l’année », souligne Alphonse Koenig, président du Sivom du bassin de l’Ehn. 


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Cette structure intercommunale a porté le projet de construction d’un coût conséquent de 23 millions d’€ et elle avance les sommes, de l’ordre de 3 millions d’€ annuels, de contribution des producteurs de choucroute. Les jus rentrent dans d’immenses cuves et en ressortent totalement transformés : « Nous appliquons une fermentation méthanique qui élimine en quatre heures 90 % du volume de jus et produit en sortie un biogaz chargé à 85 % de biométhane », décrit Sandrine Syda, responsable d’exploitation de la station chez Suez.  
En parallèle, les boues de la station d’épuration suivent un process plus conventionnel de digestion qui produit un autre biogaz. Le mélange des deux chauffe, les installations de la station et l’excédent d’énergie est réinjecté dans le réseau électrique, au moyen d’une cogénération.

 

Une énergie introduite dans les lignes de fabrication

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La vapeur issue de la combustion des déchets ménagers de l’usine d’incinération de Schweighouse-sur-Moder, près d’Haguenau, alimente les lignes de fabrication de Mars Chocolat France. © Suez

À vue d’œil de cette station, une autre est dédiée à un seul industriel, et pour cause, au vu de sa dimension : la brasserie Kronenbourg d’Obernai, la plus grande d’Europe. La capacité de cette station équivaut à celle d’une agglomération de 350.000 habitants ! Suez en assure l’exploitation. Ses équipes y appliquent une méthanisation des eaux usées chargées en levures issues de la production de la bière. Le biogaz ainsi produit fournit 18 % de son énergie à la brasserie.
Une soixantaine de kilomètres plus au nord, c’est l’usine Mars Chocolat France de Haguenau (Bas-Rhin) qui fait tourner sa production de  M&M’s … à partir des déchets ménagers qui entrent dans l’usine d’incinération de Schweighouse-sur-Moder, distante de quelques kilomètres. Qu’on se rassure, il y a une étape entre les deux qui évite les mésaventures gastriques.
Elle consiste à transformer en vapeur l’énergie résultant de la combustion des déchets. Cette vapeur « verte » alimente les lignes de fabrication des célèbres billes de chocolat, en substitution à de l’énergie fossile. Le procédé fournit près de 100.000 mégawattsheures (Mwh) à Mars Chocolat ainsi qu’à la papeterie Cenpa à Schweughouse-sur-Moder, soit l’équivalent du chauffage de 3.900 foyers.

 

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Un schéma comparable fonctionne en périphérie de Mulhouse, au bénéfice des Papeteries du Rhin. L'usine d'llzach est reliée à l’unité de valorisation énergétique de l’agglomération haut-rhinoise. Celle-ci produit 58.000 Mwh par an de vapeur à partir de la combustion des déchets, que l’industriel récupère de façon à couvrir 70% de ses besoins.
Selon les calculs de Suez, ces quatre installations à destination d’industriels  évitent au cumul, chaque année, l’émission de 30.000 tonnes de C02.

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L’usine de Papeteries du Rhin récupère la vapeur de l’unité de valorisation énergétique de l’agglomération de Mulhouse de façon à couvrir 70% de ses besoins en énergie. © Suez

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