La PME britannique implante sa seconde unité de production, sa première en Europe continentale, dans la prospère commune bas-rhinoise où elle a déjà installé ses effectifs commerciaux et d’après-vente. Son choix relève donc de la logique et de la cohérence. Elle va créer 20 emplois au démarrage de l’unité dans un an et elle porte déjà des projets d’extension.
Le site d’Obernai (Bas-Rhin) du Britannique Loadhog s’apprête à changer de profil. Commercialisateur depuis 2019 des contenants en plastique pour l’industrie et la logistique de sa maison-mère, il en deviendra aussi producteur dans un an.
L’unité qui sortira de terre en juin 2025 sera la tête de pont du développement international de Loadhog. « Elle est conçue comme l’extension du site de production de Sheffield en Angleterre, comme si elle se situait à sa proximité immédiate », a souligné Michel Barda, le directeur d’Obernai, ce jeudi 20 juin lors de la pose de la première brique. Cette habituelle cérémonie a incarné le lien entre les deux implantations : la toute première brique de la future construction a été descellée de l’usine du Yorkshire pour rejoindre, par vélo et bateau, sa destination alsacienne, en étant portée par un dernier relayeur - clin d’œil évident aux JO - devant les invités.
A Obernai, Loadhog investit 11,5 millions d’euros dans la construction - par la société LCR Les Constructeurs Réunis - et l’équipement d’une première phase de 4.800 m2 couverts principalement pour le stockage (2.400 m2) et la production (1.800 m2) de quelque 500.000 unités annuelles.
Cette étape initiale permettra le recrutement de 20 personnes, venant ainsi doubler les effectifs actuels, qui déménageront d’une zone d’activités d’Obernai à une autre. Une seconde phase, à l’horizon de quatre ans, fera passer de 2 à 8 le nombre de presses à injecter et elle devrait doubler les surfaces d’entreposage. L'investissement supplémentaire induit est évalué à 4 millions d’euros, et devrait s'accompagner à nouveau de la création d'une vingtaine de postes.
En symbiose avec l’Angleterre, pour une organisation bas carbone

L’organisation entre les deux sites obéit à une relation originale, mélange d’imbrication et d’autonomie. Celui d’Alsace sera tourné principalement vers les marchés de l’Europe continentale, mais sans exclusive, le schéma de répartition n’est pas figé. « Au sein de l’appareil industriel du groupe, nous tiendrons notre caractéristique du fait de concentrer les moules d’injection les plus volumineux. Ce qui nous permettra de produire les contenants de plus grande dimension. Ils pourront être destinés à Sheffield pour ses propres livraisons. Le fil conducteur, c'est l’objectif de trouver l’organisation aux plus faibles coût de transport et impact carbone, au cas par cas, en fonction du marché », expose Michel Barda.
Ces productions constituent, schématiquement, en des caisses. Mais leur apparente banalité cache des innovations qui permettent à Loadhog de revendiquer une position forte sur ses marchés, ayant généré en 2023 un chiffre d’affaires de 35 millions de livres sterling (*) à partir d’un effectif de 200 salariés. Dès sa création en 2003, la société a par exemple mis au point une « coiffe de palette » qui augmente de 40 % la capacité de remplissage d’un véhicule de transport et fait gagner du temps et de la main d’œuvre pour les manipulations. Quelques années plus tard, elle a ajouté le « Smartpad », un intercalaire pour la palettisation des bouteilles en verre, synonyme d’une meilleure stabilité du transport de ces contenants fragiles.
Du plastique recyclé à 80 %
Sa marque d’identité principale, Loadhog la revendique sur la nature de sa matière première : elle provient à 80 % de déchets recyclés. L’entreprise manifeste ainsi le souci de contribuer au changement d’image du plastique. Le fabricant se fournit en emballages usagés des ménages et en déchets plastiques des industriels, sans compter ses propres rebuts et ceux de concurrents. Le futur bâtiment, lui aussi, obéit à un principe d’économie circulaire : « Il est conçu pour être recyclé à 95 % à sa fin de vie...que nous espérons la plus lointaine possible », relève Pierre Marzolf, chef de projet chez LCR.
Les contenants qui sortent des ateliers de Loadhog, à Sheffield seul pour l’instant, rejoignent 47 pays, principalement pour l’intralogistique (les flux internes) d’industries diverses dont des piliers alsaciens (SEW-Usocome, le voisin Hager à Obernai…) et pour la logistique des acteurs du commerce physique (grande distribution, Décathlon, H&M, les emballages et fournitures de bureau Raja…) et de l’e-commerce.
« La décision de créer une nouvelle unité a été prise il y a 18 mois, dans le contexte notamment de l’augmentation des besoins par l'effet du mouvement d’automatisation de la logistique », rappelle Michel Barda. « Elle n’a absolument aucun rapport avec le Brexit », a souligné jeudi dernier Shaun Khan, directeur général de Loadhog.
Il restait alors à choisir le point de chute. Obernai s’est vite imposé comme la solution idéale. Les effectifs actuels de Loadhog s’y trouvent déjà, la commune est située dans une « position centrale en Europe » et pouvait, via LCR, proposer un terrain disponible d’1,4 hectare sur un emplacement qui avait été destiné initialement à une extension, finalement non réalisée, d’une autre entreprise, Festein dans l’agroalimentaire. Et la société anglaise trouve sur place une forte culture entrepreneuriale et industrielle : Obernai regroupe presque autant de postes de travail (9.500) que d’habitants (12.000).
Enfin, elle a pu bénéficier aussi de l’expérience et des conseils d’une société-sœur, puisqu’Obernai accueille déjà une unité de Gripple, autre entreprise - dans les fixations et suspensions - créée par son propre fondateur Hugh Facey. En somme, elle se sent presque chez elle au pied du massif vosgien.
(*) soit 41,3 millions d'euros au taux de change en vigueur au 21 juin 2024

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