Le spécialiste allemand des automatismes poursuit son avancée dans l’industrie 4.0 en regroupant et augmentant ses capacités logistiques sur son site de Brumath, dans le Bas-Rhin. SEW-Usocome a par ailleurs noué récemment un partenariat avec la recherche académique, pour explorer les voies de l’intelligence artificielle.


A l’extension de son usine de Brumath (Bas-Rhin), SEW-Usocome va consacrer une somme équivalente à celle injectée pour sa création il y a six ans : l’entreprise annonce investir 70 millions d’€ à partir du second semestre pour mettre en service 25.000 m2 supplémentaires au début de 2024. Sur ce site où il a regroupé le montage de sa production, les moteurs et moto-réducteurs pour toutes les industries qui font appel aux systèmes d’entraînement et d’automatisation, le nouvel effort concerne en premier lieu la logistique.

L’entreprise regroupera à Brumath ses capacités de stockage également implantées aujourd’hui dans ses deux autres usines de Haguenau (Bas-Rhin) et Forbach (Moselle). Et les développera considérablement. « Nous triplons le nombre des emplacements pour passer à 120.000 », annonce le directeur général Jean-Claude Reverdell. L’évolution répond à celle du marché, de plus en demandeur de délais raccourcis et de livraisons sur-mesure. Brumath centralisera ainsi les composants venus des autres sites.

 

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SEW-Usocome sera l'un des exposants du salon BE 4.0 des solutions techologiques.



Prenant place sur un terrain de 9 hectares, l’extension créera un nouveau magasin automatisé. Elle intensifiera le « stockage dynamique » qui constitue l’une des caractéristiques de l’usine de Brumath, modèle de 4.0. Outre de nouveaux quais de chargement/déchargement, le site se dotera de postes de prélèvement supplémentaires. « Cela permettra d’acheminer plus de pièces en simultané, au moyen de la robotique mobile, les petits véhicules autoguidés AGV », précise Jean-Claude Reverdell. Et ainsi, d’augmenter les capacités de montage, ce qui constitue l’autre objet du nouvel investissement. Le nombre de références du site, situé à 5.000 unités quotidiennes, va augmenter.

 

Partenariat original avec la recherche académique sur l’industrie 4.0

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L'investissement de SEW-Usocome dans son usine de Brumath vise à rendre la logistique plus réactive.


Les effectifs, eux, ne seront pas entraînés à la hausse dans un premier temps mais le directeur général de SEW-Usocome n’exclut pas leur croissance à plus long terme. L’entreprise compte par ailleurs reprendre sa marche en avant enrayée par la crise sanitaire qui a fait baisser son chiffre d’affaires à 415 millions d’€ en 2020.

Comptant au total 2.000 salariés en France (les trois usines, les supports administratifs et cinq centres de services), la filiale du groupe allemand SEW (19.100 salariés et 3,1 milliards d’€ de chiffre d’affaires) s’est incontestablement hissée au rang des emblèmes régionaux voire nationaux de l’industrie 4.0, un statut confirmé d’ailleurs par sa labellisation « Vitrine Industrie du Futur ».

Pour autant, elle estime avoir encore à apprendre d’autres. « On n’est pas les derniers de la classe, mais nous voulons aller plus loin », déclare Jean-Claude Reverdell. C’est dans cet esprit que SEW-Usocome a noué récemment un partenariat original avec la recherche académique, en l’occurrence le laboratoire ICube commun à l’Université de Strasbourg, à ses écoles Insa et Engees et au CNRS. ICube constitue ainsi le regroupement impressionnant de 650 chercheurs en ingénierie, informatique et imagerie.


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Par un projet de recherche de 2021 à 2023, SEW-Usocome intègre un jeune doctorant du laboratoire pour des travaux sur l’optimisation de la maintenance prédictive autonome, le jumeau numérique – l’outil de virtualisation d’une chaîne de production pour simuler l’impact d’un changement - ainsi que le recueil de données et leur interconnexion avec les outils internes de gestion.
« Notre travail permanent sur l’agilité des process pour leur adaptation aux clients nous fait explorer les voies de l’intelligence artificielle, et il génère un gros volume de données. Outre les collaborations avec des écoles d’ingénieurs, nous sommes en quête d’approches globales du sujet, d’où l’intérêt de ce rapprochement avec la recherche. Celui-ci vise aussi à vérifier un point-clé : la capacité de l’organisation humaine à toujours pouvoir absorber ces montées en puissance de données », commente Olivier Jotz, responsable processus et innovations de SEW-Usocome et encadrant industriel de la future thèse.

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Emblême régionale de l'industrie 4.0, SEW-Usocome estime avoir encore beaucoup à apprendre sur l'intelligence artificielle pour améliorer l'agilité des process. 


La mise en relation entre les deux mondes a été orchestrée par Conectus Alsace, en application du rôle de passerelle qui lui revient en tant que Satt (Société d’accélération du transfert de technologie). « Ce bel exemple d’intégration d’une société de recherche publique dans la stratégie R&D d’un leader industriel montre que les entreprises de grande taille, elles aussi, peuvent trouver dans les laboratoires de la région les solutions de proximité, là où elles peuvent être tentées d’aller chercher beaucoup plus loin », relève la présidente de Conectus Caroline Dreyer.

Près de 200 millions d’€ via Conectus

Constituée en 2012, la Satt alsacienne Conectus (38 salariés) a soutenu 120 projets issus de la recherche publique en majorité (59 %) dans la santé et les technologies médicales, suivies de l’ensemble chimie/matériaux (16 %), en y injectant 39 millions d’€. Elle a ainsi contribué à la création de 23 start-up, alsaciennes pour leur plus grande part, qui ont levé un cumul de 183 millions d’€ et créé 84 emplois. Elle a également accompagné 120 transferts de technologies et 1.375 partenariats générateurs de flux financiers entre des laboratoires et des entreprises.

 Photos fournies par l'entreprise.

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