Le spécialiste de la nacelle élévatrice France Elévateur à Flavigny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) devrait bénéficier de la réorganisation européenne des activités de sa maison-mère américaine Time Manufacturing Compagny . De quoi donner un nouvel élan à l’entreprise de 350 salariés, qui sort du boom de la fibre optique.
Le déploiement de la fibre optique dans l’Hexagone a porté l’activité de France Elévateur à des sommets. Désormais, l’entreprise fondée en 1984 à Flavigny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle) met à profit l’accalmie consécutive à la fin de ce chantier national pour se fondre dans une nouvelle organisation managériale, sous l’impulsion de sa maison-mère, Time Manufacturing Compagny. Début mars, le groupe texan, propriétaire du spécialiste lorrain de la nacelle élévatrice depuis 2022, a annoncé que toutes ses marques (France Elévateur, Versalift, Ruthmann et Movex) allaient désormais opérer sous une direction européenne unifiée supervisant les fonctions d’ingénierie, de service et commerciale, « une étape importante dans [notre] stratégie de croissance externe » indique la société américaine.
Par cette coordination à l'échelle continentale, « nous garantissons des niveaux de service élevés, des livraisons fiables, une qualité constante et une innovation agile pour l’ensemble de nos marques et de nos marchés », assure Marcus Goncalves, nommé directeur de production européen.
La logique de groupe s’est déjà distillée ces derniers mois sur le site lorrain où travaillent 350 salariés et une quinzaine d’intérimaires, pour un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2024. Des synergies ont été mises en place au niveau des ateliers (25.000 m² au total), avec la création récente d’une ligne entièrement dédiée à l’assemblage des machines de la société-soeur danoise Versalift, afin de répondre à la commande d’un grand compte français. Les autres locaux nancéiens continuent d’assembler des véhicules pour les clients « habituels » de l’entreprise : le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis, le principal en importance, mais aussi Bouygues Energies, Eiffage Energie Systèmes, Equans (groupe Bouygues), Spie et Vinci Energies.
Thomas Marchal, le directeur de l'usine, insiste sur l’un des points forts de France Elévateur : « notre capacité à conduire des études, une maîtrise du produit qui nous permet de faire du standard et du spécifique. » C’est ainsi qu’une collaboration a été nouée entre le service de recherche-et-développement de 20 personnes de Flavigny-sur-Moselle et son homologue Movex en Espagne. Elle porte l’objectif de redesigner une plateforme élévatrice conçue par l'entreprise-soeur ibérique, pour les camions de 3,5 tonnes et les hauteurs de 14, 15 et 16 mètres. « Cette plateforme doit ouvrir au groupe le marché d’entrée de gamme », livre Pascal Mène, directeur commercial France chez France Elévateur.

Auparavant, les sites de production de Times Manufacturing Compagny sur le Vieux Continent évoluaient de manière indépendante les unes des autres. « Chaque entreprise avait ses marchés. Par exemple, l’Allemand Ruthmann couvre celui des grandes hauteurs de 23 à 100 mètres. Ses nacelles ont été vues sur le chantier de Notre-Dame de Paris ! En France nous sommes davantage positionnés sur le segment de 11 à 28 m » détaille Pascal Mène.
Nacelle électrique sur véhicule thermique

Le timing est le bon pour procéder à cette réorganisation européenne selon Time Manufacturing Company, un groupe de 2.500 salariés réparti sur 10 sites de production et détenu par le fonds d’investissement américain HIG Capital. Au moment du pic du chantier de déploiement de la fibre optique, France Elévateur assemblait 1.200 nacelles par an. Cette source de commandes accrue a été gérée avec des contrats d’intérim et à durée déterminée (CDD). La fin des travaux de raccordement en 2022 a ramené l’activité à son niveau antérieur, environ 600 nacelles annuelles, donc deux fois moins.
« Nous sommes très liés à l’investissement de l’Etat et des collectivités, que ce soit dans les télécoms ou via les marchés confiés par Enedis, les chantiers d’éclairage public, ceux d’entretien des réseaux de tramway, etc. Or la commande publique n’est pas très porteuse actuellement. Nous avons toutefois la chance que de gros investissements soient nécessaires afin de renforcer les réseaux électriques », analyse le directeur commercial France.
Quid de l’adaptation des matériaux aux nouveaux enjeux de la transition énergétique ? « Les véhicules électriques sont globalement plus lourds et nous y ajoutons une plateforme. Or il faut que l’ensemble conserve de la charge utile et un minimum d’autonomie. Nous disposons d’une offre répondant à cette demande, mais celle-ci ne représente pas plus de 1% de nos ventes », poursuit le directeur commercial.
La version hybride diesel/électrique de France Elévateur semble rencontrer davantage de succès, en concentrant 50 % de la production depuis plusieurs années. Il s’agit d’un porteur à motorisation thermique associé à une nacelle électrique sur batteries, rechargeables via le secteur ou l’alternateur du véhicule. Cette association permettrait de réduire la consommation de carburant d’environ de 5 litres par heure lors du fonctionnement de la nacelle en mode électrique, tout en réduisant les nuisances sonores en milieu urbain.
Pour accompagner ses innovations, l’entreprise peut compter sur un autre atout : son réseau de 14 agences de service-après-vente qui emploie 120 personnes.











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