Cryla Group acquiert Megep. Febvay renaît de ses cendres. Exagon Motors aussi. Gazole Non Routier plus cher pour les TP et CFE plus coûteuse dans le Territoire de Belfort. Tresorio lève des fonds. Naissance de la Collectivité Européenne d’Alsace. Le CFAI de Lorraine s'agrandit. Création du Comité région industrie du Grand Est. Des billets de train en vente chez les buralistes. Feu vert à l’extension du domaine skiable des Rousses.

• Le spécialiste des microtechniques Cryla Group acquiert Megep

En moins d’un an, le bisontin Cryla group, sous-traitant en microtechniques de haute précision, réalise une troisième croissance externe avec l’acquisition cet été de Megep, petite société basée à Pirey, également dans le Doubs, qui réalise un chiffre d’affaires de près de 4 millions d’€ dans les composants usinés à très forte valeur ajoutée et les sous-ensembles pour des machines spéciales. 

En octobre dernier, Cryla Group consolidait sa branche « Découpage » avec la double acquisition de Serode (Doubs), spécialisée dans la réalisation d’outillage de presse, le découpage et l’emboutissage, et de Lavoilotte SA (Puy-de-Dôme), découpeur et transformateur de fil métallique.
Avec l’intégration de Megep, c’est au tour de la branche « Usinage de précision » de prendre de l’ampleur. « Notre ambition est celle d’un groupe régional qui souhaite se positionner d’ici 10 ans comme un leader européen sur le marché de la miniaturisation des composants et des ensembles intelligents », précise Thierry Bisiaux, PDG et actionnaire majoritaire. Cryla Group qui emploie 130 personnes, prévoit de réaliser un chiffre de 18 millions d’€ en 2019. C.P

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• Dans les Vosges, Febvay repart avec une nouvelle équipe, sous le nom de Société Vosges Textile

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Le spécialiste des vêtements professionnels Fevay s’apprête à renaitre sous le nom de Société Vosges Textile.
© Pôle Alsace Textile

L’entreprise textile Febvay s’apprête à renaître de ses cendres dans le secteur de Vagney (Vosges) sous la houlette d’actionnaires engagés pour la préservation d’un savoir-faire local. La liquidation judiciaire de cette société spécialisée dans la fabrication de vêtements professionnels et uniformes, prononcée le 12 février dernier, avait laissé 26 salariés sur le carreau.
Hervé de Buyer, ancien propriétaire de la marque d'ustensiles de cuisine éponyme au Val-d'Ajol (Vosges), reconverti en « business angel », entend redonner vie à cette entreprise fondée en 1947. Son projet, présenté fin août, devrait se concrétiser dans les deux mois à venir. Il prendrait la forme d’une nouvelle société baptisée SVT. Onze anciennes couturières de Febvay devraient être recrutées dans un premier temps en tant que salariées-actionnaires.
Le projet est également porté par Guillaume Hubert, futur président de SVT, Rose-Marie Rochatte qui supervise trois PME familiales dans les Vosges (Transports Rochatte, Vosges Bois Chauffage et Nouvelle Société Gerboises) et de Jean Hingray, maire de Remiremont. L’entreprise recherche actuellement 600 m² de locaux pour ses activités dans le secteur de Vagney. P.B.

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• Exagon Motors liquidée et reprise par le créateur du trophée Andros

exagonL’écurie automobile de Magny-Cours (Nièvre) qui avait conçu la Furtive eGT, une voiture haut de gamme électrique (en photo), a été mise en liquidation le 15 juillet 2019 sur jugement du tribunal de commerce de Nevers.
L’activité d’Exagon Motors est reprise par  Max Mamers, le fondateur du trophée Andros avec lequel le constructeur collaborait depuis de longues années. Les 8 salariés sont conservés. C.P.


Les sujets chauds de la rentrée


Parmi les dossiers chauds de la rentrée, le rétablissement des taxes sur le Gazole Non Routier (GNR) confirmé et précisé par le gouvernement après le 14 juillet. Il se fera en trois temps, un premier relèvement le 1er juillet 2020 de 45%, les deux suivants devant intervenir au 1er janvier 2021 et au 1er janvier 2022. « La trajectoire proposée par le gouvernement sur trois ans est moins catastrophique que la suppression du jour au lendemain initialement prévue », écrit dans un communiqué Vincent Martin, président la Fédération Régionale des Travaux Publics de Bourgogne.
L’impact immédiat sur les entreprises au niveau national se chiffre à 200 millions d’€ (au lieu de 700 millions si les taxes avaient été relevées en une seule fois). Mais la profession relève l’inégalité de traitement avec le secteur agricole qui conserve le privilège du « gazole rouge » (nommé ainsi car il est tracé en rouge pour éviter les fraudes). Elle alerte par ailleurs les maîtres d’ouvrage de la répercussion de la hausse du GNR sur les marchés qui ne disposeront pas d’une clause de révision des prix à la date du 1er juillet 2020. 

Les petites entreprises du Territoire de Belfort ont mis à profit l’été pour convaincre les conseillers communautaires de revoir leur copie sur l’augmentation des bases des valeurs locatives qui servent de référence au calcul de la Contribution Foncière des Entreprises (FCE). Une enquête diligentée auprès de 32 entreprises adhérentes de la CPME 90 indique que 19 d’entre elles (près de 60%), connaîtront une augmentation variant entre 40 et 253 % de leur CFE actuelle lors du prochain avis fin 2019, par le seul mécanisme d’augmentation au plafond maximal possible de la base minimum de la valeur locative.
Avec 29,56%, Belfort a déjà un taux d’imposition supérieur à ses voisines (Mulhouse et Montbéliard notamment), relève Louis Deroin, le président de la CPME 90 qui prévient que « si aucune mesure corrective n’est prise, en octobre, nos entreprises sauront rappeler à nos gouvernants que les TPE-PME ne sont pas des vaches à lait que l’on peut traire sans limites au service des équilibres budgétaires publics. » C.P.

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• Tresorio lève des fonds pour récupérer la chaleur fatale des serveurs informatique

Tresorio, la start-up de Metz qui réutilise la chaleur fatale des datacenters pour chauffer des bâtiments ou produire de l’eau chaude sanitaire, a levé cet été 480.000 € auprès de plusieurs investisseurs : le Groupe Deret FD, Sistema Strategy et Unico Partners. Son objectif est d’équiper 135 sites dans toute l’Europe d’ici 2023, dont trois en France d’ici la fin de l’année.
Depuis l’an dernier, l’une de ses « chaudières numériques » est installée dans l’enceinte du CHU de Metz-Thionville. Il s’agit d’un serveur informatique qui traite les données de ses clients sans les stocker, dont la chaleur est récupérée par un module d’échanges thermique qui sert, par l’intervention de Dalkia, fournisseur d’énergie de l’hopital, à produire de l’eau chaude sanitaire. Selon la start-up, le taux de récupérationdel a chaleur fatale est de 100%.
Tresorio avait reçu fin juin, un Prix EDF Pulse Grand Est, dont l’objectif pour l'énergéticien est d’accompagner le développement de start-up, PME innovantes et laboratoires basés dans la région Grand Est et les zones transfrontalières. C.P.

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Naissance de  la Collectivité Européenne d’Alsace : quelles compétences ? 

Le projet de loi instituant la Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) a été adopté par l’Assemblée nationale fin juillet. C’est l’aboutissement d’un feuilleton sur l’avenir institutionnel du territoire alsacien qui aura été long d’un an si l’on se réfère au rapport du préfet Jean-Luc Marx qui en avait tracé la perspective, de près de 4 ans depuis la création des nouvelles régions dont le Grand Est regroupant Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne, et de plus de 6 ans en référence à l’échec du référendum d’avril 2013 sur la fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
Mais l’épilogue n’est sans doute pas encore écrit, tant le texte adopté suscite des réactions de type verre à moitié vide ou à moitié plein.
Les partisans d’une Alsace à l’existence pleine et entière n’y voient qu’une première étape. Conformément à la « ligne rouge » fixée par le gouvernement, la nouvelle Collectivité Européenne d’Alsace reste partie intégrante du Grand Est. Si elle se substituera aux conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, ses interlocutrices au niveau de l’administration d’Etat resteront les deux préfectures. 
Concernant les compétences, la CEA reprendra celles des départements et elle en obtient plusieurs, sans avoir toutes les mains libres. Elle deviendra chef de file de la coopération transfrontalière (mais jusqu’à quel point pourra-t-elle traiter directement avec les Länder allemands voisins et Bâle ?), pourra développer le bilinguisme à l’école par le recrutement d’intervenants, coordonnera le tourisme mais la « marque Alsace » reste propriété du conseil régional du Grand Est, prendra la propriété des routes nationales et pourra se voir déléguer des fonds européens mais seulement une partie, ceux du FSE (Fonds social européen).
Elle n’a pas obtenu la compétence-clé du développement économique qui demeure au Conseil régional.  Les partisans de la CEA oscillent donc entre frustrations et pragmatisme, celui-ci l’emporte chez ses leaders, les présidents des conseils départementaux Frédéric Bierry (Bas-Rhin) et Brigitte Klinkert (Haut-Rhin), qui soulignent le chemin parcouru alors que l’Alsace avait été rayée de la carte institutionnelle. M.N.

 • Le CFAI de Lorraine s’agrandit pour répondre aux besoins de recrutement de l’industrie locale

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Le CFAI de Lorraine possède 7 pôles de formation en alternance aux métiers de l'industrie. © © Philippe Bohlinger.

La pose, le 25 juillet, de la première pierre de l’extension du Campus technologique des Industries du CFAI de Maxéville, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), démontre la volonté de l’IUMM de Lorraine qui le gère, de développer la formation en alternance pour répondre aux besoins de recrutement de l’industrie locale.
Les 5.000 m² construits pour la rentrée 2020 accueilleront des ateliers de chaudronnerie, de mécatronique et de productique ainsi qu’un amphithéâtre de 200 places. La Région Grand Est, chef de file de la formation initiale et professionnelle, participe pour un tiers au financement de ce projet de plus de 9,6 millions d’€ qu’autofinance l’UIMM à hauteur de 3,1 millions.
En cette rentrée scolaire, le CFAI de Lorraine (350 apprentis en 2018-2019) ouvre un BTS Systèmes Numériques option Informatique et Réseaux sur l’un de ses 7 sites à Lutz (Moselle).
Par ailleurs, Hervé Bauduin, président de l'UIMM de Lorraine, a annoncé, début août, la création du Comité région industrie du Grand Est (CRI Grand Est), afin de permettre aux professionels du secteur de parler d'une seule et même voix. C.P. et P.B.

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• Des billets de train en vente chez les buralistes de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est

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© David Cesbron.

Après la vente des billets de TER par téléphone avec leur envoi à domicile, depuis cet été, les régions de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est utilisent le réseau des buralistes pour les commercialiser. L’initiative résulte d’une convention signée fin juillet au plan national entre la SNCF et la Confédération des buralistes. Pour l’instant, ce n’est qu’une poignée de bureaux de tabac qui participent à cette expérimentation, mise en place dans 5 régions.
Grâce à l’application de la centrale de réservation de la SNCF, sur smartphone ou tablette, et une imprimante, le buraliste édite un ticket de caisse, où figure le nom et le prénom du voyageur et un QR code à scanner à la porte d’embarquement avant le départ.
La SNCF voit dans ce réseau de distribution (24.500 points de vente en France) une opportunité de dynamiser ses ventes buralistes et de palier la disparition, qui s’est accélérée ces deux dernières années, des guichets physiques dans les gares des petites et villes moyennes. C.P.

BPBFC

 

• Le préfet du Jura donne sont feu vert à l’extension du domaine skiable des Rousses, les associations écologiques s’y opposent

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Le projet de réaménagement du domaine skiable des Rousses dit clairement que l’objectif de la station est de « tout mettre en oeuvre pour pérenniser l’activité ski. » © S. Godin.

Suite à l’avis défavorable motivé donné par le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sur le projet d’extension du domaine skiable des Rousses qui le porterait 200 hectares entre le secteur des Tuffes (Jura) et de La Dôle (Suisse), France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté a interpellé Richard Vignon, préfet du Jura, pour l’inviter à suivre cet avis.
Dans une conférence de presse, le 30 juillet, ce dernier a seulement renouvelé son intention de signer l’arrêté de dérogation concernant la protection de certaines espèces. « La compensation sera supérieure à l’impact, de 10 hectares pour 5 hectares défrichés. »
L’association écologique estime qu’avec le changement climatique, « il est urgent de penser la reconversion des stations de ski vers une autre offre touristique nature/4 saisons. Poursuivre les investissements en misant sur la neige de culture serait non seulement très grave pour l’environnement mais aussi pour l’économie locale », estime Pascal Blain, porte parole de France Nature Environnement BFC. L’extension du domaine skiable induirait le défrichement de 5,1 hectares de forêts, la destruction temporaire de 3,3 hectares de milieux ouverts et un risque de disparition de 60 espèces, estime l’association écologique.
L’investissement porté par le Syndicat Mixte de Développement Touristique de la station des Rousses (SMDT) et la Région de Nyon (Suisse), chiffré à 10,8 millions d’€, consiste notamment à créer une nouvelle piste de ski, élargir les pistes existantes sur le massif des Tuffes et d’installer un télésiège franco-suisse. C.P.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Patrick Dutartredit :

    L'article sur Tresorio est extrêmement intéressant, cette fameuse "chaleur fatale", qui est finalement une chaleur qui est produite par une activité industrielle mais qui n'est pas utilisée et se dissipe dans l'environnement, représente une source d'énergie à valoriser absolument. Si le chiffre de 100% de récupération est tout à fait surprenant et questionnable, nous sommes là en présence d'un superbe exemple d'économie circulaire, sujet qui devrait devenir un objectif majeur pour l'avenir... (voir aussi l'article d'hier sur l'utilisation des déchets végétaux pour la production d'hydrogène...)

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