Connue pour ses emballages en bois, en particulier les coffrets pour les vins et champagnes, la menuiserie jurassienne Marotte a investi 1,2 million d’euros pour automatiser sa production. Et s’apprête à doubler ses ateliers pour accompagner une croissance dynamique.


Connue pour ses emballages en bois, en particulier les coffrets pour les vins et champagnes, la menuiserie Marotte à Passenans, près de Poligny, connait une hausse régulière de son chiffre d’affaires, qui a plus que doublé en 7 ans, à 2,97 millions d’€ en 2019. « Nous sommes sur une perspective à 3,2 millions d’€ en 2020 [ NDRL : exercice de juin à juin], et nous espérons doubler à nouveau notre chiffre d’affaires dans les 5 ans à venir », confie Xavier Marotte, le directeur général de l’entreprise familiale. 
Accompagner cette croissance exige des investissements constants, notamment dans l’outil de production.
Cette année, Marotte a investi plus de 1,2 million d’€ dans une série d’équipements – machine de débit, scie à panneaux, machine d’assemblage notamment – , avec un soutien du Fonds européen de développement régional (Feder), qui a pris en charge 20 % de la dépense.

 

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L’amélioration de la productivité passe par une automatisation croissante de l’usine, également pensée pour le confort des 35 salariés. Ainsi, une nouvelle machine d’assemblage permet-elle d’éviter des gestes répétitifs, « usants » pour les employés. Développée en interne, à partir d’un modèle généraliste adapté aux besoins de la production, celle-ci est dotée d’une tête multi-axe, conçue maison et imprimée en 3D, qui vient prendre, encoller, assembler et serrer les 4 côtés d’une boîte en bois de manière totalement automatisée. Elle remplace les trois salariés qui s’escrimaient auparavant à faire la même chose à coup de marteau.


Doublement de la surface des ateliers

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Une nouvelle machine de découpe acquise avec l'appui du fonds européens Feder. © Traces Ecrites



Fondée en 1933, Marotte a pris le virage des coffrets en bois sous la direction du père des deux frères actuellement co-dirigeants, Damien, président et Xavier, directeur général. Ceux-ci ont développé l’activité en la recentrant sur le segment du luxe. L’entreprise fournit les plus grandes maisons de vins de champagne, ainsi que de nombreux autres breuvages prestigieux, notamment les whiskies et les rhums. « Notre premier client est LVMH, qui a accompagné notre montée en gamme. Nous avons grandi avec eux, et nous faisons en sorte d’être toujours une force de proposition, capable de relever tous les défis techniques », analyse le dirigeant.
Certaines des réalisations de Marotte tiennent plus de la menuiserie de précision que de l’emballage, tel ce coffre en hêtre pour un rhum Neisson, qui abrite un tiroir aimanté, avec une face avant en métal embossé. La PME produit également certaines boîtes de jeu du fabricant jurassien JeuJura ainsi que des jouets en bois pour Decathlon – des palets bretons et  des quilles finlandaises. La collaboration avec la chaîne de distribution d’articles de sports a débuté en 2011, avec les skis en bois pour enfants Uski Wed’ze, qui ne sont plus commercialisés.

 

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Conséquence de ces productions variées, les 2.500 m2 de locaux regorgent de machines spécialisées, toutes montées sur roulettes, pour pouvoir être déplacées au gré des fabrications. Le menuisier se sent pourtant à l’étroit et va se lancer dans la construction d’un bâtiment de 2.000 m2, attenant aux locaux actuels, qui doublera quasiment la surface de production. Le coût estimé de l’investissement s’élève à 2,1 millions d’€.

Local et social

Fièrement jurassienne, la direction de Marotte se fournit localement en bois, acheté sur pied, scié à 1,5 km de l’usine, puis séché sur place. À partir de là, l’usine assure toutes les étapes de fabrication jusqu’au produit final. « Nous coupons, assemblons, ponçons le coffret, qui est ensuite décoré - pose de quincailleries, laquage, marquage. Nous sommes totalement intégrés jusqu’au produit final, pour capter le plus de valeur ajoutée possible », explique Xavier Marotte.
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Xavier Marotte : « La production est totalement intégrée jusqu’au produit final, pour capter le plus de valeur ajoutée possible. » © Traces Ecrites
Au local, Marotte ajoute le social : l’entreprise développe des formations internes pour améliorer la polyvalence de ses salariés et travaille avec le Conseil départemental du Jura pour former des personnes en difficulté sociale. Elle sait à l’occasion proposer, littéralement, certains fruits de sa croissance à son personnel.
« Nous avons racheté un champ attenant il y a trois ans, où nous avons commencé par planter un verger. Nos employés peuvent s’y fournir en fruits. À côté prendra place notre nouveau bâtiment, dont nous allons déposer le permis de construire », précise Xavier Marotte.

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