Le duo d’entreprises de découpe-emboutissage et de façonnage de leurs outils a été repris à l’automne dernier par Michael Frachebois. Celui-ci renforce la stratégie de diversification déjà engagée par son prédécesseur, dans le but de réduire la dépendance à son marché traditionnel de l’automobile. Une palette déjà large de nouveaux débouchés en résulte.


A la tête depuis six mois d’AR.Tech et AR.Stamp, Michael Frachebois orchestre la diversification de ce duo d’entreprises à Rioz (Haute-Saône) évoluant dans la découpe et l’emboutissage. Un domaine qui trouve traditionnellement son débouché dans l’automobile, mais qui doit, dès lors, œuvrer à élargir son champ de clientèle, dans le contexte bousculé de cette industrie.

Mais cet enjeu, le repreneur ne l’a pas découvert à son arrivée, pas davantage que les salariés du tandem de TPE (12 collaborateurs au total) qui avait déjà engagé sa réorientation sous sa précédente direction, celle du fondateur Arnaud Abisse. « La feuille de route consiste à conforter la mutation », appuie Michael Frachebois. C’est ainsi que l’agroalimentaire, la plasturgie, l’électronique et connectique, l’équipement électrique, le luxe, le médical, l’aéronautique ou encore le bâtiment adoptent avec succès les pièces sorties des ateliers de Rioz, qui servent par exemple à créer des fixations, à l’instar de leur application aux véhicules.

 

artech decoupe
L’épaisseur des feuillards venant des lignes de Rioz (Haute-Saône) descend jusqu’à un dizième de millimètres et n’excède pas 5 mm. © Laurent Cheviet


La structure du chiffre d’affaires, dont le total oscille entre 2,5 et 3 millions d’euros selon les exercices, s’en trouve ainsi bien variée. « Les secteurs plus récents nous permettent aussi de remonter dans la chaîne de la sous-traitance, étant donné que nous fournissons principalement en rang 3 pour l’automobile », ajoute Michael Frachebois.

 

Des pièces fines

artech controle
AR.Stamp, l'entité d'emboutissage, est équipée de 12 presses. © Laurent Cheviet


Les productions haut-saônoises résultent de la complémentarité des deux composantes. Comme son nom le désigne en anglais, AR.Stamp assure directement les opérations de découpe et emboutissage au moyen de 12 presses - la plus récente a été réceptionnée début 2025 - d’une capacité allant de 25 à 180 tonnes. Tandis qu’AR.Tech, qui s’est créée en 2012 deux ans après sa sœur, alimente celle-ci, en outils de découpe en acier trempé. Elle-même produit ses outillages pour d’autres clients, de façon très majoritaire d’ailleurs. « A la petite et moyenne série qui caractérise notre activité de découpe-emboutissage, nous ajoutons ainsi à notre offre la confection de pièces complexes », souligne le directeur général.

Le duo AR.Tech/AR.Stamp travaille une gamme variée de métaux, entre acier, aluminium, cuivre… de sorte à fabriquer des pièces fines : l’épaisseur de ses feuillards descend jusqu’à un dizième de millimètres et n’excède pas 5 mm. Il s’efforce ainsi de s’armer au mieux pour faire face aux défis des mutations de son métier, entraîné dans cette quête par la motivation des salariés, que le nouveau dirigeant salue. « Ce sont mes « guerriers » et je dois faire en sorte qu’ils s’éclatent au boulot, c’est indispensable à la réussite aujourd’hui. »

 

atech produit
Les pièces d'AR.Stamp se retrouvent aussi désormais dans le médical, le luxe ou encore l'aéronautique. © Laurent Cheviet

 

Vingt ans de bagage industriel embarqué dans l’entrepreneuriat
 

artech dirigeant
Michael Frachebois est lauréat de la dernière promotion de Réseau Entreprendre Franche-Comté. © Laurent Cheviet

Âgé de 45 ans, Michael Frachebois a concrétisé, le 8 octobre 2024, l’idée de la reprise d’entreprise qui lui était « revenue », selon son expression. Elle l’avait gagné il y a une dizaine d’années sans arriver à son terme. Le dessinateur industriel de formation avait alors poursuivi dans la voie du salariat, qui l’avait mené dans de nombreux secteurs et chez quelques employeurs de taille de Franche-Comté et Alsace comme Faurecia dans les échappements automobiles et Liebherr dans les engins de chantier, ou des sociétés du secteur du luxe.

La revente de sa dernière entreprise  d’appartenance à un groupe multinational avec la culture duquel il ne s’est « pas senti en phase » l’a décidé à reprendre le chemin de l’entrepreneuriat, en emportant avec lui les conseils distillés par la CCI devenue Saône-Doubs, en particulier ceux de Pierre Lacanal aux manettes du dispositif « Visa Reprise. » « Après 20 ans de parcours professionnel, je voulais cibler une société qui créé de la richesse productive, pas située dans le négoce, travaillant de la matière et de préférence active dans le façonnage métallique », témoigne-t-il.

La rencontre avec Arnaud Abisse à la tête d’AR.Tech / AR.Stamp a permis de trouver un dossier en phase avec de telles attentes. La préparation à passer à l’acte puis sa réalisation et désormais sa mise en œuvre s’opèrent avec les concours financiers de la Caisse d’épargne Bourgogne-Franche-Comté, du Crédit agricole Franche-Comté et de Bpifrance et le soutien du dispositif de garantie financière du conseil régional, Oser (Outil de Soutien aux Entreprises Régionales) BFC. Michael Frachebois est également lauréat de la dernière promotion de Réseau Entreprendre Franche-Comté, ce qui lui fait bénéficier entre autres du parrainage d’un chef d’entreprise, Philippe Berteaux d’Estimprim à Autechaux (Doubs).

 

G constru 2

Commentez !

Combien font "6 plus 4" ?