A 60%, l’activité de SB Filtres et Techniques porte sur la régénération de filtres industriels. Cette écosolution procure la réduction de CO2 aux entreprises qui l’adoptent, et à moindre coût par rapport à un achat de neuf. Encouragée par la réponse du marché, la petite entreprise de 4 salariés projette une extension de 450 m² de ses locaux à Fauverney en Côte-d’Or.
Installée sur 600 m² dans la zone d’activités économique de Fauverney (Côte-d’Or), SB Filtres et Techniques (SBFT) se prépare à une extension de 450 m². L’entreprise se fixe en effet l’objectif d’augmenter la capacité de stockage des filtres industriels qu’elle confectionne, surtout pour les périodes de pointe de juin-juillet et décembre. Le projet vise aussi à favoriser une meilleure circulation des produits au sein des ateliers, afin d’éviter les mélanges entre les filtres sales d’origine et ceux régénérés grâce au process de SBFT.
Si le permis de construire est d’ores et déjà affiché sur les grilles de l’établissement, le dirigeant Valère Bimboes reste prudent quant au calendrier de mise en oeuvre, après un ralentissement de la croissance de la TPE de 4 salariés l’année dernière, même si celle-ci est restée positive, à + 4 %. Situation économique oblige, il constate que les entreprises tardent dans le renouvellement de leurs filtres. « Certaines ont essuyé des baisses de commande, elles préfèrent mettre leur trésorerie au chaud et attendent de voir », constate-t-il.
La régénération des filtres industriels, qui consiste à réutiliser des modèles existants plutôt qu’en acheter de nouveaux, est une solution à la vertu prouvée. SBFT a en effet commandé une étude au Pôle Eco-conception de Saint-Etienne (Loire) dans le but d'analyser bien objectivement l’impact écologique de son activité. Il en résulte que celle-ci permet de réduire a minima de 50 % les déchets, et de 81 % les effets sur le réchauffement climatique par rapport à l’achat d’un équipement neuf.
Un filtre de dépoussiérage peut être renouvelé une à cinq fois suivant sa nature, tandis qu’un filtre hydraulique, qui contient des mailles métalliques, peut l’être d’un facteur de 10 à 40. « Nous aidons ainsi nos clients à diminuer leur empreinte carbone » souligne le dirigeant. La réutilisation permet aussi de se procurer des modèles en moyenne 60 % moins chers que des neufs.

SBFT travaille avec les industriels sur cinq catégories de filtres différents. Celui de dépoussiérage permet de capter les poussières pour éviter la pollution interne et externe. Les versions hydrauliques en usinage sont utilisés sur des turbines à vapeur ou des turbines à gaz. Quant aux filtres de captage, ils s’appliquent dans les métiers de la soudure, de la découpe au laser et de la découpe plasma. Ceux « process » permettent de filtrer des fluides comme des huiles ou des solvants. Enfin, les filtres à air sont utilisés dans une moindre mesure, sur un marché en outre peu porteur pour la TPE côte-d’orienne.
Créée en 2004, celle-ci réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,2 million d’euros avec ses 4 salariés. Les clients sont à la fois des petits artisans comme des menuisiers mais aussi de grands groupes industriels : TotalEnergies, SNCF, Arianespace, Solvay, Stellantis... Sa zone de chalandise se concentre sur la France métropolitaine avec quelques incursions dans des pays voisins : la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. La régénération représente 60 % de son activité, le solde provenant de la vente de modèles neufs, selon une proportion qui a tendance à baisser au fil du temps.
Des risques élevés en cas de filtre défectueux

Construit il y a 10 ans, le site, classé ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), a été bâti en tenant compte de spécificités environnementales, comme la nécessité d’envoyer ses déchets dans une fosse spécifique. Le travail s’y effectue en plusieurs étapes. L’équipe reçoit des filtres qu’elle expertise pour savoir s’ils sont régénérables ou pas. Si la conclusion est positive, le process de lavage se met en place, soit à la main, soit par le biais d’une machine, ou les deux en même temps.
Ils sont ensuite inspectés au poste de contrôle, avant d’être gravés, de façon à tracer l’historique des interventions. Un filtre peut en effet apporter des informations utiles au client, explique Valère Bimboès : « Il est porteur d’un message, son état peut montrer qu’une machine ne fonctionne pas bien, et il nous arrive de rappeler le client ensuite afin de lui signaler qu’il doit y avoir un problème avec son matériel. »
L’entreprise développe aussi une activité, plus marginale, d’expertise et d’audit sur les systèmes de filtration. « Avoir un bon filtre permet d’éviter des problèmes car les poussières peuvent former une électricité statique susceptible de déclencher une explosion », souligne Valère Bimboès. « Il y en a régulièrement car les gens ne respectent pas les consignes », relève-il. Les matières comme le bois, la farine, le sucre et le cacao sont particulièrement concernées.
C’est pourquoi des normes Atex (atmosphères explosives) ont été instaurées. Quand il intervient en matière de conseil, Valère Bimboès identifie les éventuels risques de l’entreprise : zonage Atex, sites classés Seveso, respect d'arrêté préfectoral… Il vérifie la dangerosité de la matière pour déterminer quel dispositif filtrant est le plus efficace suivant les normes requises.
Photos fournies par l'entreprise.











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