Relancée depuis 2016 par un groupement d’industriels locaux après une période moins heureuse en tant que filiale d’un groupe danois, la PME a triplé son chiffre d’affaires pendant les huit ans de sa nouvelle vie. Cattinair a investi massivement - plusieurs millions d'euros cumulés - cette année dans son usine de Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône, et la construction d’un nouveau siège à Brognard, dans le Doubs. Il est redevenu le leader français de sa spécialité, avec le concours d’une acquisition dans la région de Toulouse.
En conviant plus de 300 clients et partenaires à fêter ses 65 ans, le 26 septembre dernier à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), Cattinair a surtout célébré sa renaissance. Créée en 1959 par Gabriel Cattin, l’entreprise, qui était spécialisée à l’origine dans la fabrication de systèmes de filtration et de dépoussiérage pour l’industrie du bois, a bien failli disparaître dans les années 2010.
Passée sous pavillon danois en 2000, cet ancien fleuron d’envergure mondiale doit sa survie à l’alliance de trois de ses sous-traitants haut-saônois. En 2016 en effet, le trio composé de MRM (montage et maintenance) à Jasney (*), Profilux (chaudronnerie à Luxeuil) et Gindro (tuyauterie à Montbozon) a repris à la barre du tribunal de commerce la société Cattin Filtration. Cette dernière ne comptait alors plus qu’une cinquantaine de salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 8 millions d’euros.
Huit exercices plus tard, la même entité, renommée Cattinair en 2020, emploie 140 personnes, soit 80 dans son usine de Luxeuil, 25 à son siège de Pont-de-Roide (Doubs) abritant le bureau d’études et le reste dans quatre agences commerciales réparties sur le territoire national. Et elle devrait réaliser en 2024 un volume de ventes supérieur à 25 millions d’euros.
Avec le rachat en 2022 de l’entreprise Def-Tec de 15 salariés à Rouffiac-Tolosan près de Toulouse (Haute-Garonne), la PME franc-comtoise a retrouvé son rang de leader français de l’ingénierie du dépoussiérage et de la filtration. Aujourd’hui, elle exporte de nouveau ses solutions, dont son produit phare le dépoussiéreur industriel Cyclofiltre®, et elle affiche l’ambition d’atteindre un chiffre de 30 millions d’euros.
Recentrage sur des marchés cibles

Ce rebond spectaculaire a été opéré sous la houlette de Julien Faucogney, l’un des trois dirigeants associés de MRM. « Le redressement nous a demandé quatre ans », a retracé le président de Cattinair dans son discours d’anniversaire.
Epaulée par l’accélérateur PME Bourgogne-Franche-Comté, la direction a décidé, à partir de 2018, de recentrer le fabricant sur quelques marchés clés : le bois (scieurs, menuisiers, fabricants de panneaux, bois-énergie), l’agroalimentaire (céréaliers, semenciers, brasseurs, boulangers industriels), le traitement des déchets (centres de tri) et l’énergie (chaufferies industrielles). Tout en explorant de nouveaux débouchés liés aux matériaux d’isolation, comme la laine de bois et l’ouate de cellulose, biosourcés.

Cette stratégie s’est appuyée sur la modernisation de l’unité de production haut-saônoise où l’on découpe, plie, roule, soude et peint la tôle d’acier depuis 1974. « Nous y avons investi 3 millions d’euros depuis 2016, dont 1,6 million d’euros en 2024 », précise Julien Faucogney. Tuyauterie, filtres, cyclones, ventilateurs, silos de stockage… les produits conçus et commercialisés par Cattinair sont intégralement fabriqués dans les ateliers de 7.640 m2.
Décidément pleine d’allant, l’entreprise sexagénaire a également inauguré, ce 26 septembre, 350 m2 de nouveaux bureaux à Luxeuil-les-Bains dans un bâtiment ayant représenté un montant de 2 millions d’euros, dont elle partage les surfaces avec MRM Process. Cette étape a été franchie quelques jours avant une autre : le déménagement du son siège. Ce lundi 7 octobre, les équipes de Pont-de-Roide ont en effet intégré les anciens locaux de HLP Group à Brognard, dans la zone du Technoland du Pays de Montbéliard. Le coût de cette opération immobilière, portant sur 680 m2, s’élève à 1,2 million d’euros.

Ambassadeur du label French Fab de Bpifrance, Julien Faucogney arbore au revers de sa veste le coq bleu symbole de ce mouvement de promotion de l’industrie française : le jeune dirigeant de 39 ans est un ardent défenseur du made in France, même si celui-ci représente « un défi constant », souligne-t-il. Le Haut-Saônois, détenteur d’un BTS en conception mécanique, est entré en 2006 chez MRM pour en développer la partie commerciale et créer un bureau d’études. En 2009, il s’est associé à Jean-Paul Pothus et Gérard Lefevre dans le but de racheter cette entreprise à son fondateur. Depuis 2018, il se consacre à 100 % à la direction de Cattinair et martèle ses convictions : « une France industrielle est une France des Territoires. On ne construit pas des usines au cœur des mégalopoles, mais dans nos villes moyennes et nos campagnes. C’est ici que bat le cœur industriel de notre pays. »
(*) L’entreprise MRM, rebaptisée MRM Process en 2023, vient d’être transférée à Luxeuil-les-Bains dans un nouveau bâtiment construit à proximité de l’usine de Cattinair. Cette société, spécialisée dans la manutention, la transformation et le stockage de produits en vrac compte une vingtaine de salariés. Elle a doublé son chiffre d’affaires en deux ans pour atteindre 7 millions d’euros.

















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