La PME de 20 salariés, seule réparatrice en France d’éléments de turbines à gaz, a installé la machine de nettoyage d’ailettes qui succède à celle détruite par un incendie il y a quatre ans. De quoi valoriser ses atouts technologiques et prolonger sa croissance.


Cette « œuvre »- là ne suscitera pas la cohue des amateurs d’art. Mais dans le monde des turbines à gaz, elle attire les regards vers l'Aéroparc de Fontaine près de Belfort, où siège Wamar Engineering. En témoigne la cérémonie de son inauguration qui s’y est déroulée le 20 décembre dernier. Un groupe de connaisseurs et d’experts a fait connaissance avec grand intérêt avec la machine de décapage de pièces de turbines que la PME a installée dans ses ateliers du Territoire de Belfort.

« C’est la seule de ce type qui existe en France », souligne avec fierté Joud Tchalabi, le président de la société. Normal, quelque part : Wamar Engineering elle-même possède le titre d'unique entreprise tricolore de réparation de tels éléments.

 

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En l’occurrence, le nouvel équipement assure le décapage d’ailettes et de directrices (encore appelées aubages fixes), en les plongeant dans un bain d’acide chlorhydrique qui s’agite, créant des remous. « Les revêtements métalliques qui sont traités relèvent de la haute technologie. Ils sont constitués de super-alliages à base de nickel et de cobalt qui se diffusent dans la matière. Nous leur redonnons en quelque sorte une seconde vie, en les dotant d’un revêtement remis à neuf », décrit Joud Tchalabi. Le process fait appel au four de traitement thermique sous vide qui constitue l’un des points forts du site.

Rapatriement en France

wamar dirigeant
Joud Tchalabi préside depuis septembre 2018 la société de réparation d'éléments de turbines à gaz. © Michael Desprez


Cette machine a été acquise auprès d’une société britannique en faillite, ce qui a permis d’en diminuer le prix d’achat. « Mais nous ne sommes pas contentés de « faire notre marché ». L’installation a été entièrement reconçue, par nos équipes et celles de GE. C’est une vraie co-construction entre nous », précise le dirigeant de Wamar. L'investissement pour le rachat de l'équipement et ses modifications se situe à 275.000 €.

Le projet représente un enjeu important pour les implantations terrifortaines de General Electric. Il aboutit en effet à rapatrier à Fontaine une activité de réparation qui s’était déplacée à l'étranger par l'effet des circonstances : sa version précédente avait été détruite par suite d’un incendie fin 2018.

Dans l’intervalle, Wamar a retravaillé sa stratégie « et nous en tirons les fruits au niveau du chiffre d’affaires », rappelle son dirigeant : de 917.000 € en 2018, celui-ci est passé à 1,8 million d’€ en 2022, en suivant une courbe de croissance juste interrompue en 2020 par la crise sanitaire. L’effectif, de 20 salariés aujourd’hui, est appelé à croître, avec modération. « Nous suivons un rythme de deux embauches par an », indique le dirigeant.

 

pvf

 

L’opération de retour au décapage à Fontaine unit ainsi la PME à son puissant voisin américain, son client de référence depuis son origine en 2008. À l’époque, Wamar Engineering faisait partie des emblèmes de l’espoir de constituer une filière d’équipement énergétique de taille mondiale dans le Nord Franche-Comté.

La suite de la saga GE a amené à revoir les ambitions, mais pour Wamar, le conglomérat est resté un client fidèle et solide, à partir duquel il a construit son développement et diversifié son portefeuille vers les différents acteurs mondiaux de l’énergie. « Nous travaillons actuellement en Algérie, en Irak, en Egypte ou encore aux Etats-Unis », souligne Joud Tchalabi.

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