Récemment reprise par son directeur général, la PME spécialiste à Saint-Claude des revêtements métalliques et organiques s’engage dans des voies de diversification, vers l’aéronautique-défense ou encore l’électrification de l’automobile. En parallèle, elle travaille à la consolidation de ses débouchés dans la lunetterie, le luxe et la connectique. Elle a frappé aux diverses portes des aides techniques et financières pour chercher à préparer au mieux son plan de développement des deux prochaines années.
Changement de propriétaire, nouvelle stratégie commerciale : à Saint-Claude (Jura), le spécialiste des traitements de surface CTS vit une double mutation. Fin 2024, la deuxième génération de la PME familiale de 50 salariés en a cédé les rênes à Stéphane Bayle (*). Tout sauf un inconnu dans la « maison » : le nouveau président y est entré en 2001 ans comme directeur technique avant d'en devenir le directeur général et la « mémoire », de fait. « L’option d’une reprise que je pourrais conduire relevait d’une certaine logique », confirme-t-il.
Il a été bien entouré. La structure Jura Initiative, la CCI du Jura, la société Geris Consultants, la région Bourgogne-Franche-Comté, Bpifrance - sans oublier ses banques - l’ont accompagné financièrement ou de façon opérationnelle - le dirigeant a rapidement analysé forces et faiblesses de l’entreprise qui l’employait depuis 24 ans.
Pour l’activité de CTS (Comtoise Traitements de Surfaces) constituée de traitements de surfaces métalliques ou organiques (les peintures et vernis industriels), Stéphane Bayle a estimé que les axes directeurs pertinents proviendraient d’une « consolidation des nouvelles prestations décrochées dans la connectique » et d'une « diversification à partir de 2026/27. » Avec, pour celle-ci, la défense et l’aéronautique en ligne de mire. Le dirigeant de l’entreprise de Saint-Claude traversera ainsi la Franche-Comté ce jeudi 5 juin, pour participer à Bourogne (Territoire de Belfort) à la rencontre régionale visant à structurer une filière de sous-traitance dans le domaine militaire. Avant de rejoindre Paris pour le salon SIAE, rendez-vous majeur de l’industrie aéronautique civile et de défense.
L’automobile fait également partie des pistes de court terme, dont la trajectoire s'apparente à un aller-retour. De cette industrie, la PME s’était en effet retirée l’an dernier par l’abandon de l’activité dédiée, « déclinante », de métallisation sur des revêtements plastiques. « Or nous comptons y revenir rapidement, munis d’une autre offre, pour des revêtements liés à l’électrification du parc de véhicules », énonce Stéphane Bayle. En effet, une solution de CTS peut fournir les composants de compresseurs en vue du contrôle de la température de l’habitacle, « et de celle des batteries durant leur charge, dans le contexte où ce facteur devient plus complexe et plus important avec la tendance à l’augmentation de la puissance de charge des versions successives de batteries », décrit Stéphane Bayle. A ce titre, son entreprise a intégré le programme régional 2023-25 « Electrified BFC » d’accompagnement à la diversification que conduit le Pôle Véhicule du futur.
Un travail sur une grande variété de métaux

Le nouveau président de Comtoise Traitements de Surfaces, ingénieur chimiste de formation, évalue à 1 million d’euros annuel le potentiel du nouveau marché visé, qui représenterait ainsi un vecteur intéressant de croissance eu égard à un chiffre d’affaires situé à 5,4 millions d’euros en 2024. L’automobile en occupait encore un peu plus de 20 % l'an dernier, après avoir connu des pics à plus de 30 % par le passé. Elle a rétrogradé à la troisième place des débouchés, derrière la connectique (30 %) et plus encore le duo lunetterie-luxe (35 %) qui présente un autre intérêt : « nous y intervenons comme fournisseur de rang 1, directement donc auprès du client final, alors que sur les autres marchés, nous nous situons en rang 2 ou 3 », ajoute Stéphane Bayle.
A ses trois piliers de clientèle, CTS ajoute une grande variété de références, que lui autorise la diversité de son offre conçue pour protéger, renforcer et embellir les pièces de ses clients. Dans sa branche de revêtements métalliques, elle est en mesure de travailler des matériaux acier, inox, laiton ou encore aluminium pour des revêtements classiques de zingage (anti-corrosion) mais aussi des matériaux très techniques (nickel chimique, chromage… ), « une spécialité où la concurrence est rare », observe le dirigeant.
Dans les revêtements organiques, son expertise des vernis colorés permet une combinaison presque infinie de rendus esthétiques applicables sur les marchés les plus exigeants, de l’ultra-luxe au militaire. « Nous avons 22.000 teintes en référence », calcule Stéphane Bayle. De plus, la combinaison sur un même site de l’ensemble de ces technologies constitue un facteur différenciant de CTS, bien reconnu.
La société s’engage également, à court terme, à labelliser sa démarche RSE et mettre en place son Système de Management de l’Energie (SME) en vue de la certification ISO 50001. Ces initiatives participent à la réduction de l’impact environnemental, sujet au cœur des préoccupations de la PME du haut-Jura, déjà titulaire de l'ISO 14001.
(*) La famille, Hochédé, était également propriétaire de trois sociétés cédées au préalable : UNT (Usinage Nouvelles Technologies) à Morbier (Jura) acquis par le groupe Kering, TSM (Traitement Surface Morézien) dans la même commune, repris par une alliance locale, et une filiale en Roumanie qui avait été montée pour accompagner le client historique, les skis Salomon.






















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