Janny MT propose des solutions innovantes de conditionnement et stockage des fruits et légumes en atmosphère contrôlée. L’entreprise a su conquérir un marché mondial. Elle vend aujourd’hui 6.000 à 8.000 boîtes par an et investit en permanence dans la recherche et le développement, pour améliorer toujours davantage les conditions de conservation des aliments.
La conservation des fruits et légumes en atmosphère contrôlée, tel est le domaine dans lequel Janny MT s’épanouit, depuis Péronne en Saône-et-Loire. Ce procédé permet de maîtriser la composition de gaz dans un espace donné, dans le but de mieux gérer le processus d’évolution physiologique des produits. Janny MT propose ainsi des modules qui ressemblent à des grosses boîtes d’un mètre sur un mètre vingt, à l’intérieur desquelles il est possible d’empiler des cagettes, pour les producteurs comme pour la grande distribution.
Toute la technologie se concentre dans le couvercle de cette fameuse boîte, dotée de filtres et d’une membrane spécifique qui abaissent le taux d’oxygène d’1 % une fois fermée, tout en faisant ressortir du dioxyde de carbone. Ce procédé naturel permet de ralentir la « respiration » d’un fruit, afin qu’il se dégrade plus lentement.
Depuis sa création en 2009, l’entreprise a déjà vendu 100.000 boîtes de ce type partout dans le monde, dans 43 pays différents pour atteindre un rythme annuel de 6.000 à 8.000 unités. Elle est implantée via une filiale aux Etats Unis dans la ville d’Okemos dans le Michigan et elle détient une société au Canada. Après l’installation d’un VIE (volontaire international en entreprise) il y a quelques années en Amérique du Nord, ces deux entités fonctionnent aujourd’hui grâce à des distributeurs locaux.
Janny MT, qui se définit encore comme une start-up avec ses 10 salariés, a réalisé un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2024, dont 55 %à l’international. Elle passe commande à des entreprises de plasturgie pour fabriquer ses couvercles, et se procure des caisses adaptées à celles du commerce. Les différentes pièces sont assemblées par des personnes en situation de handicap des ateliers protégés mutualistes de Mâcon puis elles sont stockées dans un entrepôt à Chalon-sur-Saône.
« Un marché de niche qui ne devrait pas l’être »

L’activité de la petite entreprise de Saône-et-Loire renvoie à deux importants enjeux de société. Premièrement, le gaspillage. Benoît Janny se dit atterré par ce chiffre : « 40 % des fruits et légumes sont jetés entre la récolte et l’assiette, souvent à cause de la dégradation des produits. Combattre ce phénomène nous fait évoluer dans un marché de niche…qui dans l’idéal ne devrait pas l’être », déclare-t-il.
Le second enjeu consiste à apporter une valeur ajoutée aux agriculteurs qui souffrent dans leurs conditions de vie : « Je leur propose une alternative : au lieu de vendre une cerise en 6 jours avec des risques de perte, ils peuvent attendre 25 jours pour l’écouler » explique le directeur général. Convaincu par la notion de résilience alimentaire, le dirigeant croit beaucoup aux vertus de la consommation locale et pense pouvoir y apporter une solution, par l’atmosphère contrôlée.
Cette conviction est familiale dans une bonne mesure. Le grand-père de Benoît Janny travaillait déjà sur les prémices du sujet au CNRS à Paris dans les années 1950. Il réfléchissait à des systèmes de packaging souples et concevait des prototypes. De quoi nourrir l’inspiration de son petit-fils, ingénieur agricole de formation, puis salarié d’une société intervenant sur les flux de fruits et légumes sur le marché international de Rungis.
Benoît rejoint ensuite la société familiale d’analyse oenologique et d’expertise agricole. C’est depuis ce lieu qu’il effectue les premières recherches sur l’emballage de fruits et de légumes frais pour développer son concept. Il obtient alors une aide régionale à la création d’entreprises innovantes de Bpifrance de 45.000 euros, en 2008. Sélectionné pour le concours national de la banque publique, il créée son entreprise SAS Janny MT pour décrocher 145 000 euros, en tant que lauréat.
La physiologie et la respiration des fruits et légumes en mode recherche

« Une bonne partie de nos bénéfices est réinvestie dans la recherche et le développement » souligne Benoît Janny. Une partie de cette dernière est purement agronomique. Elle porte sur la physiologie des fruits et légumes, notamment sur leur perte de poids (l’idée étant d’en perdre le moins possible), et sur une approche sanitaire pour mieux comprendre l’intensité respiratoire des produits jusqu’au stade de développement des moisissures. Suivant les traces du grand-père de Benoît, l'autre partie de la R&D concerne les emballages, notamment de nouvelles membranes dans l’optique de conserver de l’ail frais ou des asperges, et à l’avenir, des fruits exotiques.
Et puis, il y a aussi la version 2.0 de la R&D : utiliser la connectivité afin de mieux maîtriser les éléments de stockage. Les données sont aujourd’hui gérées manuellement. L’entreprise vend par exemple un appareil « Tiempo Test Green » de contrôle du taux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans une caisse. Aujourd'hui manuelle, cette vérification pourra s’effectuer demain par l’intermédiaire d’un téléphone qui centralisera les informations comme l’hygrométrie, la température, l’oxygène et le gaz carbonique. Tout ceci en temps réel.
Photos fournies par l'entreprise.








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