Autour de Pontarlier, face aux difficultés des salariés à se loger, entreprises et bailleurs sociaux révisent les contours de leurs métiers et imaginent de nouvelles solutions. Dix Tiny house destinées à des travailleurs ont été installées sur deux sites, dont Schrader. Dans ce secteur géographique frontalier où le marché immobilier est tendu, les alternatives au logement classique se multiplient.
Dans le haut-Doubs, les Tiny House poussent comme des champignons. Depuis l'an dernier, cinq d 'entre elles ont émergé à Pontarlier sur le terrain de l’entreprise Schrader qui fabrique des valves de roues et de climatisation. Elles se glissent à proximité d’un quartier résidentiel. L’entreprise qui compte 380 salariés (chiffre d’affaires de 72 millions d’euros en 2024) peinait à embaucher des salariés et apprentis dans secteur frontalier de la Suisse. « Au moment des recrutements, nous avons toujours prévenu les salariés quant au coût des logements dans le secteur, ils restent optimistes mais en réalité ils arrêtent de chercher au bout de quelques mois », témoigne le directeur, Damien Tournier.
Parallèlement à ce constat, le bailleur social Néolia a identifié, en 2022, un flux permanent de 150 demandes de jeunes actifs non satisfaites. Poussés par les élus à résoudre une telle problématique, entreprises et logeurs sociaux ont cherché une solution.
Rapidement, ils ont opté pour les Tiny House : « ce type d’habitation présente l’intérêt d’apporter une solution rapide en terme d’exécution », justifie Romuald Gadet directeur innovation chez Néolia. L’expérimentation se met en place avec l’installation de 10 Tiny House portées par Sacha, la société de coordination entre l’office départemental Habitat 25 et Néolia, filiale d’Action Logement. L’initiative reçoit d’ailleurs le soutien de ce groupe national d'habitat social, à hauteur de 370.000 euros, s’ajoutant à 100.000 euros du conseil départemental du Doubs, pour un coût total du projet de 850.000 euros.
Des prises en charge par les bailleurs

L’entreprise Schrader qui possédait du foncier a décidé de le mettre à disposition pour l’installation des cinq micromaisons en 2024, qui sont gérées par Néolia. Le bailleur social prend en charge les coûts liés à l’installation, les frais d’architecte, la clôture du site, le raccordement ou encore le système de dalles fabriquées en plastique recyclé par le Franc-comtois Purple Alternative Surface. Ces maisonnettes en bois mobiles de 18,5 m2 sont entièrement meublées. Elles se composent d’un espace nuit et d’un espace jour, conçues par la société Les P’tits Pénates de Loire-Atlantique.
Aujourd’hui, sur les cinq Tiny House chez Schrader, deux sont occupées par des alternants et salariés. Les trois autres sont partagées avec le Syndicat Mixte du Mont d’Or qui compte un nombre important de saisonniers, et Keolis. Tout comme Schrader, l’opérateur de transport public a beaucoup de mal à recruter ses chauffeurs de bus. « Les entreprises font régulièrement venir des personnes d’autres régions qu’ils logent à l’hôtel », observe Romuald Gadet. Face à ces besoins récurrents, Keolis est devenue directement locataire, au bénéfice de ses salariés.
Être agile pour ne pas subir

L’expérimentation a une vocation transitoire. Elle permet d’accueillir des apprentis, des saisonniers ou des salariés en période d’essai. La location de ces Tiny House via un bail précaire s’établit à 370 euros par mois, électricité comprise, avec possibilité d’obtenir des aides aux logement. C’est un argument de taille pour de jeunes travailleurs, alors que la ville de Pontarlier est classée zone tendue. L’offre immobilière, inférieure à la demande, fait grimper les prix. Il faut compter 500 à 700 euros pour y louer un studio. « Le problème n’est pas nouveau » détaille Alexandre Brun, agent immobilier chez Guy Hocquet « mais la situation s’est nettement détériorée après le Covid avec des loyers qui ont bondi de 20 à 30 %. »
Face à ce contexte, il fallait agir du côté des bailleurs sociaux, estime Romuald Gadet. « Ce n’est pas notre coeur de métier, mais face à cette situation, soit on subit, soit on essaie d’être agiles et d’innover un peu. » Dans le cadre de Sacha, Habitat 25 a installé cinq autres de ces maisonnettes une quarantaine de kilomètres plus au nord, à Pierrefontaine-les-Varans (Doubs). Confortée par cette expérience, la mairie de Pontarlier réfléchit déjà à une solution de cette nature dans le secteur de la santé. Pour l’heure, le projet est à l’étude. À suivre…

Aux Fourgs (Doubs), à deux kilomètres de la frontière helvétique, une dizaine de camions-logements occupe un parking touristique. Ces occupants, adeptes d’une vie de nomade en camion, ont décidé de s’installer dans la commune pour travailler en Suisse. Ils sont chauffeur routier, ambulancier, cuisinier, secrétaire et partent chaque matin en voiture pour rejoindre leur employeur par-delà la frontière. La mairie, qui autorise leur installation sur ce lieu temporaire, souhaite créer une plateforme pour accueillir dans les normes ces véhicules au profil particulier. Le coût de ce projet spécifique, soit 160.000 euros, sera progressivement amorti par la location de l’espace. Actuellement située à 200 euros par mois, celle-ci sera revue à la hausse une fois la plateforme installée.
























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