Dans ses ateliers de Florange, en Moselle, Sub’roca assemble des cabines de survies destinées aux mines et chantiers souterrains du BTP. L’entreprise fondée en 2020 par Jean Bertolotti s’apprête à créer une filiale au Vietnam, après s’être implantée en Afrique du Sud et à Dubaï.


Les milieux souterrains ? Jean Bertolotti en a une connaissance...profonde. Ce trentenaire a débuté sa carrière à l’âge de 19 ans dans le bureau d’études de son père, un ancien de Charbonnages de France, spécialiste de la ventilation des mines et carrières. En lançant Sub’roca en 2020 à Florange (Moselle), dans le bassin sidérurgique lorrain, le jeune dirigeant a allié ce savoir à sa passion pour les enjeux de protection des personnes.

La société créée par cet ancien pompier de Paris conçoit et fabrique en effet des refuges de secours pour les ouvriers qui travaillent en espaces clos ou confinés, qu'il s'agisse des mines ou des chantiers de génie civil. Evoquant l’incendie survenu le 23 octobre dans la galerie des Maurras, un ouvrage hydraulique d’EDF dans le Var, le dirigeant souligne que « les ouvriers se sont confinés dans un refuge Sub’roca. »

 

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Afin de se rapprocher de ses marchés qui sont internationaux de par la nature même de son activité, l’entreprise s’apprête à ouvrir une co-entreprise au Vietnam. De quoi organiser la fabrication délocalisée de ses cabines de survie, en complément de ses autres filiales détenues à 100 % situées en Afrique du Sud (5 personnes) et à Dubaï (2 collaborateurs).

Au total, Sub’roca produit une centaine de refuges par an. A Florange, les éléments arrivent en version brute de tôlerie. Ils sont équipés de pied en cap, sur toute leur hauteur, puis envoyés directement sur les chantiers.

Dans les ateliers mosellans, un impressionant parallélépipède de 10,5 mètres de long attend ainsi actuellement de rejoindre les travaux de la future liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin. Ses banquettes doivent pouvoir accueillir 30 personnes pendant 36 heures. « Des chambres de secours sont disposées tous les 300 à 400 mètres pendant toute la phase de construction du tunnel », complète le dirigeant.

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La société de signalétique ferroviaire Cesatec collabore à l’équipement des refuges. © Philippe Bohlinger


Un peu plus loin, une cabine de survie de 10 personnes en forme de demi-lune rejoindra le Portugal, tandis qu'une autre revient de Londres pour une rénovation complète. A l’intérieur, un écran tactile de couleur jaune, le Sub’roca Air Guardian, concentre la valeur ajoutée de la jeune société. « Notre atout concurrentiel provient de cette interface développée en interne. Elle permet de mettre instantanément en fonction un refuge. Le système centralise la gestion de l’énergie, l’absorption des gaz, la pressurisation de l’air, le contrôle du niveau d’oxygène, la communication avec l’extérieur, etc. » développe l’entrepreneur.

Les sous-systèmes électroniques du refuge (gestion de la qualité de l’air, gestion de l’énergie) ont été conçus et fabriqués par la société Cesatec, une petite entreprise de 5 personnes à Metz, que Jean Bertolotti a rachetée l'an dernier, en 2023. En parallèle de ses activités de fabrication de signaux lumineux pour les tramways et métros, elle a mis au point un boîtier de mesure de la qualité de l’air en environnement souterrain ou en extérieur. Plus de 400 ont déjà été assemblés.

 

Groupement de sociétés totalisant 40 salariés

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Le refuge destiné au chantier du tunnel Lyon-Turin peut abriter 30 personnes pendant 36 heures. © Philippe Bohlinger


Le dirigeant de Sub'roca n'a pas marqué de pause dans la croissance externe. Afin de développer la branche « signalétique », il a repris cet été les actifs de la Francilienne Lumila, sous le coup d’une liquidation judiciaire. Cesatec va s’appuyer dès lors sur l’expertise de Lumila en signalisation ferroviaire pour s’ouvrir le marché des grandes lignes de chemin de fer, cette société ayant en effet développé avec la SNCF une solution innovante pour la protection des agents des centres de maintenance.

Fort de ses acquisitions, Jean Bertolotti se retrouve aujourd’hui à la tête d’un groupement d'entreprises totalisant 40 salariés, pour un chiffre d’affaires qui se montera à 3,7 millions d’euros cette année 2024. Il y a ajouté il y a quelques mois une huitième composante, Pinsar Europe, dans le but de déployer en Europe la technologie de capteurs lasers pour la mesure des microparticules imaginée par l’Australien Pinsar pour les environnements très agressifs. Il cherche à développer un pôle santé autour de la start-up Hekatec, en complément de ses pôles « transport » et « mines et tunnels. » Jean Bertolotti, un entrepreneur en perpétuel mouvement, assurément.

 

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Qui est Jean Bertolotti ?

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Jean Bertolotti, dirigeant et fondateur de Sub’roca. © Philippe Bohlinger

A 34 ans, Jean Bertolotti a déjà accompli un solide parcours d’entrepreneur. Arrivé en 2008 au sein du bureau d’études fondé par son père, il en a élargi l’activité jusqu’alors cantonnée aux mines et carrières vers les secteurs des travaux publics et de l’énergie. Parallèlement, le jeune dirigeant s’est lancé dans la conception et la location-vente d’équipements de ventilation. Le holding Partnair Industries créé à Forbach (Moselle) pour coiffer les deux activités a cependant été liquidé en 2020. Le dirigeant évoque des désaccords internes et un positionnement économique difficile, car « nous étions mono-client et trop petit sur ce marché de grands volumes. » Le dirigeant hyperactif – il a présidé le Centre des jeunes dirigeants (CJD) de Metz et continue d’exercer comme pompier volontaire – a rapidement rebondi en lançant Sub’roca.

 

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