Christophe Jacquot a repris, l’automne dernier, la Société Eudoise d’Injection établie en Seine-Maritime dans laquelle n’exerçait plus que le dernier dirigeant, pour la rapatrier sous son sigle SEI dans la pépinière du Technoland du Pays de Montbéliard. Il y poursuit la production de bouchons brevetés de sécurité très prisés des sapeurs-pompiers, ce qui apporte un « matelas » de marché à partir duquel la société compte se développer dans des fabrications complémentaires en plasturgie. De quoi embaucher ses premiers salariés.
Soliste, Christophe Jacquot l’est à double titre. Du premier, il compte bien sortir rapidement, grâce à l’essor de la société de plasturgie SEI qu’il a reprise et installée depuis quelques mois à Etupes (Doubs) au Technoland du Pays de Montbéliard. Sa seconde position solo, il entend en revanche bien la garder : la détention d’une technologie, brevetée, de protection contre le déclenchement par erreur des bouteilles d’air des forces de secours, pouvant générer des accidents spectaculaires voire dramatiques du fait de la pression contenue.

Les petits « trucs en plus » de SEI se nichent dans les quelques centimètres de diamètre des bouchons en plastique qui ferment ces bouteilles. Leur apparence extérieure toute banale ne doit tromper personne quant à leur technicité. « Nous détenons ainsi une part conséquente du marché en France pour l’équipement des pompiers, via les commandes des différents SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) », souligne Christophe Jacquot.
Cette spécialité est née en Normandie en 2006 par la réponse réussie à un appel d’offres des pompiers d’un groupe d’entrepreneurs qui ont fondé en conséquence la Société Eudoise d’Injection, à Eu (Seine-Maritime). Dix-sept ans plus tard, le dernier dirigeant - et employé - à partir en retraite a trouvé un terrain d’entente avec Christophe Jacquot pour lui céder son affaire.
« Sans personnel à reprendre, la voie m’était libre pour la localisation. J’ai choisi le Nord Franche-Comté où je réside et ai effectué ma carrière », souligne le nouveau patron de la société rebaptisée de son simple sigle SEI, le E d’Eudoise n’ayant plus de pertinence. Christophe Jacquot a trouvé, depuis octobre dernier, à la pépinière d’entreprises du Technoland les 260 m2 d’ateliers nécessaires à ce stade. Il a bénéficié de l’appui notamment de l’agence locale de développement économique ADN-FC, de la région (via une avance remboursable « Ardea » et du Réseau Initiative Bourgogne-Franche-Comté.
C’est donc dans ce territoire industriel que se poursuit l’élaboration des précieux bouchons en PEBD (polyéthylène basse densité) qui attestent du bon remplissage des bouteilles d’air et dont la conception brevetée empêche la projection d'air en cas d'ouverture de la vanne par inadvertance. A la pression élevée de 300 bars, le bouchon se transformerait sinon en projectile. « Nous ajoutons à notre gamme un bouchon pour système à raccord rapide que nous sommes seuls à produire. Ce nouveau système permet aux pompiers de changer de bouteille très rapidement », ajoute le gérant.
Des scellés et d’autres pièces en injection

La première année d’exercice devrait se solder par un chiffre d’affaires de 100.000 euros à sa clôture le 30 septembre 2024. Pour la remise en route de l’activité, SEI investit environ 35.000 euros dans une machine de marquage laser, une presse à injecter de 100 tonnes et très prochainement dans un outillage d’injection qu’on pourrait qualifier d’ « occasion » : il s’agit d’un « rétrofit » d’équipement ayant déjà servi par ailleurs. Il applique l’une des stratégies de la société relocalisée : « fabriquer par nous-mêmes d’autres pièces, à un coût réduit pour être compétitifs », souligne Christophe Jacquot.
Au premier rang de cette ambition, se place la production de scellés de sécurité, spécialité présentant une complémentarité spontanée avec les bouchons SEI. Destinée aux extincteurs et autres matériels de sécurité, leur production débutera à la rentrée prochaine à Etupes. D’autres voies de diversification sont recherchées par SEI à partir de la technique classique de l’injection plastique. « Nous pourrons faire des offres à tout type d’industrie, dans un périmètre local », annonce son dirigeant.
En ligne avec sa philosophie du rétrofit, Christophe Jacquot veut pousser aussi plus loin le pion du recyclage. Les chutes de production sont déjà broyées et regranulées sur place pour réintégrer le process, en mélange avec de la matière vierge. Le repreneur de SEI travaille à présent à revaloriser des déchets plastiques extérieurs.
« Homme du plastique », le dirigeant-repreneur de SEI peut justifier ce qualificatif au regard d’un parcours professionnel effectué intégralement dans cet univers.
Muni de son bac pro en plasturgie du lycée Fernand-Léger (devenu depuis le Nelson-Mandela) à Audincourt (Doubs), il a exercé à CGR Bedeville à Dampierre-les-Bois (Doubs), Trecia (équipement automobile) à Etupes, Plaxer dans le Haut-Rhin et enfin pendant sept ans dans l’entreprise Malachowski alors implantée à Saulnot (Haute-Saône). Celle-ci l’a familiarisé avec la production de scellés de sécurité, que Christophe Jacquot souhaite à présent développer au sein de son entreprise. A 51 ans, il s’engage donc dans l’aventure de l’entrepreneuriat. Il y embarque son épouse, avec laquelle il partage le capital de SEI.

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