La politique commerciale du repreneur fin 2019 de l’entreprise de plasturgie, près de Fessenheim, commence à porter ses fruits. Platex a réduit sa dépendance à l’industrie automobile et les investissements engagés à hauteur de 1,2 million d'€, dont plus de la moitié dans le cadre du Plan de relance, devraient l’aider à accélérer la diversification de ses marchés.


ARTICLE PUBLIÉ LE 25 MARS 2021. Depuis qu’il a repris Plaxer en décembre 2019, David Fontaine cherche à diversifier ses marchés. Car depuis sa création en 2002, l’entreprise de plasturgie a comme client principal, l’équipementier automobile Faurecia. La PME de Rumersheim-le-Haut, près de Fessenheim (Haut-Rhin), fournit panneaux de portes et tableaux de bord des Peugeot 206, 207 et 208. En 2011-2012, Plaxer voit son chiffre d’affaires augmenter jusqu’à 8 millions d’€ avec un effectif de 35 salariés. Puis, faute de politique commerciale, les recettes baissent tous les ans jusqu’à 3,6 millions d’€ en 2019 avec 25 salariés.

 

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Pour renouer avec la croissance, dès qu’il reprend la barre, David Fontaine embauche un directeur commercial. C'était en janvier 2020. Mais deux mois plus tard, la pandémie pointe son nez et l’usine de Rumersheim-le-Haut se retrouve à l’arrêt, suite à l’interruption des lignes de PSA-Peugeot-Citroën de Mulhouse. La situation dure trois mois. « Ce fut une période difficile pour trouver de nouveaux clients et faire vivre nos projets », confie le dirigeant. Le chiffre d’affaires recule de 30%. Mais grâce au chômage partiel, au Prêt Garanti par l'État (PGE) et au décalage de remboursement de prêts, Plaxer parvient à surmonter la crise et commence à trouver de nouveaux marchés.

 


Automatisation et technologie bi-matière

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L'usine d'injection plastique de 6.000 m2 est dotée de 3 presses à injecter de 250 à 1.000 tonnes et, depuis peu, d'une presse pour petites pièces. © Plaxer

 

Fin 2020, la société répond à l’appel à projet du Gouvernement pour bénéficier des fonds de modernisation et de diversification de la filière automobile dans le cadre du plan France Relance. Baptisé « Defi Plast », ce projet consiste à investir dans l’outil productif selon trois axes : installer une nouvelle machine pour fabriquer des pièces bi-matières, accélérer la robotisation de l’usine, s’équiper d’un ERP (progiciel de gestion intégré) couvrant l’ensemble du processus de production.

Le montant total de l’investissement s’élève à 700.000 €. Lauréat de l’appel à projet, Plaxer obtient une subvention de 550.000 €. Ce programme d’investissement s’accompagnera de recrutements : 14 emplois devraient être créés dans les trois années à venir et d’un programme de formation du personnel aux nouvelles technologies. La modernisation de l’outil de production vise à renforcer la compétitivité de l’usine et à réduire sa consommation d’énergie avec l’objectif d’obtenir la norme de certification environnementale Iso 14001.

 

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La nouvelle stratégie commerciale commence à porter ses fruits : Plaxer gagne le marché pour développer un concept de pare-soleil pour le constructeur BMW, engrange des commandes du fabricant de machines expresso Reneka, du groupe textile Freudenberg… Et liste des prospects dans le secteur de l’ameublement. « Nous pouvons fournir tous les secteurs d’activités sauf le médical », précise David Fontaine.


Plutôt spécialiste des grandes pièces grâce à des presses à injecter de 250 à 1.000 tonnes, l’entreprise s’est déjà équipée d’une petite presse pour répondre à ses marchés de diversification. Trois autres également affectées aux petites pièces sont au programme. Cet investissement engagé avant l’appel à projet du Gouvernement atteindra à son terme 500.000 €.
Il est quant à lui soutenu par la Région Grand Est dans le cadre du plan Industrie du Futur. Grâce à cet important plan d'investissement  qui atteint 1,2 million d'€ et sa nouvelle stratégie commerciale, Plaxer espère dépasser les 6 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2023, ramenant la part de l’automobile à 70%.

platexdirigeantQui est David Fontaine ?

David Fontaine, 45 ans, est diplômé d’un master en plasturgie de l’Institut de formation technique supérieur de Reims. Il a démarré sa carrière chez Freudenberg et a passé un MBA management des entreprises. En 2007, il intègre l’entreprise L&L Products dans le Bas-Rhin au poste de directeur des achats, puis directeur des opérations.
Il cherchait à reprendre une entreprise dans le secteur automobile et a saisi l’opportunité qui s’est présentée en 2019 en rachetant Plaxer à Rumersheim-le-Haut.

 

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