Mise en service il y a quelques jours, la nouvelle halle du parc des expositions de Mulhouse augmente les capacités de 30 %. Elle permet aussi et surtout de viser l’organisation d’événements de plus grande ampleur, qui puisse drainer les visiteurs dans un rayon élargi.


L’outil qu’attendait le Parc Expo de Mulhouse (Haut-Rhin) pour changer de dimension lui a été remis. La nouvelle halle d'extension de l’équipement a démarré son activité ce 12 septembre à l’occasion du Salon des maires du Haut-Rhin. Les 3.000 m2 de surfaces qu’elle abrite étendent de 30 % les capacités d’hébergement d’événements du parc. Celui-ci fonctionne sous une exploitation parapublique, celle d’une société anonyme d’économie mixte locale (SAEML) dont l’actionnaire principal est la communauté d’agglomération M2A (Mulhouse Alsace Agglomération).

Par rapport à la centaine de manifestations accueillie jusqu’alors, le « potentiel supplémentaire se situe autour de la vingtaine, dont 10 d’ores et déjà acquises pour l'année prochaine », souligne Laurent Grain, le directeur général du Parc Expo. La proportion par rapport à la croissance des surfaces n’est donc pas que de 1 pour 1 et il n’y a là ni hasard, ni motif à sourciller, au contraire : « La nouvelle halle a pour vocation d’attirer à Mulhouse des événements d’une dimension accrue, au rayonnement plus étendu », expose Marc Buchert, président de la SAEML. Elle permet aussi de mieux accueillir deux événements d’importance en simultané.

 

(1) SALON BE 5.0 2024

 

Sur l’axe Rhin-Rhône, le « nouveau » Parc Expo prend incontestablement une envergure qui le place en position de référence, entre les équipements de Strasbourg (exploitation GL Events) et Dijon géré par la société publique locale Dijon Bourgogne Events. Sa fréquentation est d’ores et déjà significativement supérieure à l’équipement dijonnais aux 260.000 visiteurs attendus cette année, ou plus encore à celle de l’AtraXion de Belfort-Andelnans (exploitée et désormais détenue en propriété par la PME locale TNT Events) proche des 100.000 entrées annuelles. Mulhouse en comptabilise 500.000, il est vrai dopées par les quelque 200.000 cumulées des Journées d’octobre et du Folie'Flore qui reviennent ces prochaines semaines au calendrier.

Il n’en demeure pas moins que la base est solide. Elle a été été renforcée par les salons professionnels, historiquement moins « fléchés » vers Mulhouse mais qui ont trouvé leur place. L’exemple le plus probant venant de l’industrie du futur, le salon « Be » portant désormais le numéro 5.0 qui draine les entreprises du Grand Est et d’une partie de la Bourgogne-Franche-Comté chaque fin novembre, depuis 2017. Le rendez-vous a attiré 3.700 professionnels sur place en 2023.

 

Une génèse il y a sept ans

boite noire-Photoroom (1)
Les architectes d'AEA ont reproduit à l'intérieur l'atmosphère et les teintes d'une "boîte noire", pour faire baigner les événements dans une ambiance de "théâtre". © Mathieu Noyer


L’extension constitue un dossier au long cours. Elle avait été votée dès 2017, « déjà sur le constat que l’infrastructure existante  de 10.000 m2 ne suffisait plus à répondre à la demande, au niveau de sa taille et de son état », rappelle Marc Buchert. Le Parc Expo avait ouvert en 1996, en résultante de l’initiative en 1989 du maire nouvellement élu Jean-Marie Bockel de doter la ville d’un tel équipement moderne, aux franges du centre-ville plutôt qu’en son cœur où se déroulait la très traditionnelle foire-kermesse. Depuis la décision de principe, il a fallu trouver la conception architecturale pertinente, ainsi que les financements des 13,45 millions d’euros HT du coût du projet, soit 12,25 pour le bâtiment, 1 million pour l’aménagement de la zone événementielle en extérieur et 200.000 euros pour les études préalables à la rénovation de la halle existante.

Sur le premier point, le concours a désigné le cabinet d’architectes alsacien AEA. Sa réalisation a été unanimement saluée lors de l’inauguration du 12 septembre, en premier lieu pour sa qualité d’absorption acoustique. La teinte dominante vers le noir a été pensée à dessein « afin de reproduire l’ambiance d’une scène de théâtre », relate le dirigeant d’AEA, René-Pierre Ortiz. De l’extérieur, la volumétrie produit un « effet totem » grâce à l’excroissance à l’une des extrémités qui monte à 25 mètres.

 

Augmentation de capital de 4 millions d'euros

be 4.0
Le salon Be5.0 - Industrie du futur de fin novembre, ainsi que son homologue Euro Supply Chain en juin, amènent un public de professionnels qui traduit une diversification récente de l'équipement traditionnellement orienté vers des rendez-vous grand public. © Sébastien North


Côté sous, l’impulsion décisive est venue des actionnaires de l’exploitant, sous la forme d’une augmentation de capital de 4 millions d’euros de la SAEML et d’un emprunt équivalent (4,3 millions d’euros). Les autres apports pour le bouclage proviennent de M2A à hauteur d’1,5 million d’euros (s’ajoutant aux 2,5 millions d’euros de sa part d’augmentation du capital), de la région Grand Est, de la Collectivité européenne d’Alsace, de l’Union européenne (fonds de développement régional Feder pour 2,1 millions d’euros) et de l’Etat au titre du fonds friches pour la dépollution préalable du terrain.

L’effort est donc conséquent pour la société d’économie mixte. Mais celle-ci se porte bien, avec un chiffre d’affaires annuel proche de 6 millions d’euros pour un effectif de 28 salariés. Et l’investissement s’imposait. A l’expiration de la délégation de service public l’an prochain, « nous rendrons un équipement rentable », souligne Marc Buchert…qui ne manquera pas de solliciter de poursuivre l’aventure pour le compte de la SAEML.

La suite passera donc par la rénovation des surfaces existantes. Un autre « chantier » concerna l’amélioration de l’accessibilité routière. Celui-ci se trouve entre les mains des pouvoirs publics, il consiste en l'aménagement de l’échangeur « de la Mertzau », du nom du quartier d’implantation du Parc Expo. La facture s’élève à 14 millions d’euros. M2A et la CEA ont confirmé, jeudi dernier, qu’ils seraient les moteurs du financement « et nous avons déjà conclu l’accord technique entre nos deux collectivités sur le projet », a souligné Frédéric Bierry, président de la CEA. Il leur faudra convaincre l’Etat et la région de lever le pied sur le frein.

Commentez !

Combien font "7 plus 5" ?