L’équipement modulaire innovant de la société franc-comtoise occupera une place centrale au sein des 10.000 m2 du parc des expositions de Mulhouse (Haut-Rhin), que le rendez-vous professionnel devenu majeur dans l’Est remplit à nouveau, ces 28 et 29 novembre. La manifestation « gagne » un chiffre pour marquer l’entrée dans une ère déjà postérieure au 4.0.
Sur le stand de 36 m2 qui l’entourera, le « Morfose » nouveau ne passera pas inaperçu dans les prochains jours à Mulhouse (Haut-Rhin). La dernière version de ce robot fait de sa conceptrice, la société belfortaine MS-Innov, l’une des « stars » annoncées du salon Be 5.0 – Industries du futur qui se tiendra ces 28 et 29 novembre au parc des expositions de la cité alsacienne.
Il s’inscrit complètement dans le mouvement que veut traduire l’édition 2023 de la manifestation, dont le nom faisait jusqu’alors référence à l’industrie 4.0 : « Nous vivons déjà l’entrée dans la 5ème révolution industrielle, alors même que l’ère 4.0 n’a pas encore fini de livrer toutes ses promesses technologiques. Cette nouvelle étape replace le facteur humain au centre du process de production, par le déploiement des collaborations cobots, entre homme et machine », expose Laurent Grain, directeur du Parc Expo, hôte et aussi organisateur du salon.
Revendiqué seul français du genre, le produit de MS-Innov, appartient en effet à la catégorie des cobots. Il se déploie en mode modulaire ce qui en fait sa caractéristique, selon Julien Morel président de la jeune entreprise : « chacun des modules peut s’assembler à un autre ou fonctionner de manière indépendante. Il est donc possible de créer des configurations différentes, en 4, 5, 6 axes ou plus. De plus, tous les modules disposent d'une capacité de rotation infinie », décrit-il. « Morfose » accompagne ainsi l’opérateur dans la manutention, le contrôle qualité, l’assemblage, le dépôt et l’enlèvement de matières, ainsi que dans d’autres tâches répétitives.
Dix millions d'€ de chiffre d'affaires visé dans trois ans

Son industrialisation, ainsi que sa commercialisation (via des intégrateurs le plus souvent), a franchi cet automne une étape qualifiée d’ « essentielle » par Julien Morel : une levée de fonds de 8 millions d’€, auprès de l’Etat (France Relance), de la Banque des Territoires, de la société UI Investissement et du Crédit Agricole de Franche-Comté via son fonds Carvest.
Ce tour de table déclenche un plan de montée en charge précis, à la fois dans son amplitude et son calendrier. « Les vingt premiers exemplaires seront installés chez nos clients en début d’année prochaine. Puis, nous visons des objectifs de production de 50 unités en 2024 et d’une bonne centaine en 2025, que nous considérons comme modestes eu égard au besoin du marché. Aujourd’hui, nous comptons environ 1 million d’€ en pré-commande et nous visons un chiffre d’affaires de 10 millions d’€ d’ici à trois ans », décrit Julien Morel. Les effectifs augmentent en conséquence : 12 recrutements opérés cette année, portant le total à 34 collaborateurs et une perspective d’atteindre le cap des 50 salariés en 2025.
Les développements technologiques doivent, en outre, permettre d’élargir la gamme d’utilisateurs (aujourd’hui la mécanique, l’usinage, le luxe, la sous-traitance automobile, etc.) vers « des secteurs soumis à des normes particulièrement strictes, comme l’agro-alimentaire, le médical/santé, le nucléaire. C'est aussi un des objets de la récente levée de fonds », ajoute Julien Morel.
Les besoins d’extension induits font approcher MS-Innov de l’échéance d’une décision sur le lieu d'implantation des 2.500 m2 d’ateliers et bureaux bientôt nécessaires : sur son site actuel au Techn’Hom à Belfort, ou ailleurs. Mais Julien Morel réitère sa promesse : « Ce sera sur Belfort ou aux alentours, car nous avons la volonté de rester dans le Nord Franche-Comté. »
Changement partiel de nom donc, pour le salon-congrès devenu référence de la rencontre de l’industrie et du numérique dans l’Est. Sa 7ème édition, première sous l’appellation « Be 5 .0 – Industries du futur – Prenez de l’avance » s’articule autour d’un mot-clé : frugalité. A savoir, « faire mieux en consommant moins de ressources naturelles, par de multiples options : augmentation de durée de vie des machines, impression 3D, matériaux moins polluants, recyclabilité des produits, etc. », explicite Laurent Grain, directeur général du Parc Expo de Mulhouse. Autour de ces thématiques, la société organisatrice a pu fédérer à nouveau 250 exposants « dans un contexte économique plus compliqué », reconnaît son directeur. Quatre mille visiteurs devraient venir les rencontrer, voire plus, étant donné que le nombre d’inscriptions préalables s’affiche en légère hausse par rapport à 2022.
Cette édition, dont Traces Ecrites est à nouveau partenaire, propose neuf parcours thématiques : technologies de production, data, intelligence artificielle et cybersécurité, numérique, Internet des objets, accompagnement et financement, énergies et production durable, relations clients et supply chain, compétences et formations. L’attente contemporaine de « salons-conférences » qui soient également riches d’exposés en format divers (tables rondes, pitchs…) sera largement satisfaite, avec 80 conférences et ateliers programmés.
Pôle technologique de la fabrication additive, autrement de l’impression 3D, basé à Charleville-Mézières (Ardennes), Platinium 3D exposera pour la première fois à Be 5.0. Il a adopté depuis son origine en 2019 le mode « consortium », celui de la fédération de compétences locales, au service d’un rayonnement bien plus large, international : UIMM de Champagne-Ardenne, pôle de compétitivité régional Materalia, Université Reims Champagne-Ardenne (URCA), Critt Matériaux Campus des métiers et qualifications « procédés et matériaux innovants », tous deux basés eux aussi à Charleville-Mézières. Ce regroupement permet d’offrir une palette large de prestations d’accompagnement des entreprises dans leur mise en œuvre de la fabrication additive : conseil au stade des études - par exemple pour adapter les dessins de pièces à l’impression 3D - formations collectives ou personnalisées, prestations de recherche-développement, prototypages.
« Surtout, nous assurons la passerelle avec l’industrialisation : la pré-série de pièces mais aussi la fabrication additive en série, à des cadences jusqu’à des milliers d’unités par mois, voire des dizaines de milliers pour les pièces de petite dimension. Cette offre-là n’a pas d’équivalent en France », assure Bruno Flan, directeur de Planitium 3D. La structure s’appuie sur des moyens matériels résultant de 6 millions d’€ d’investissements cumulés depuis son origine, dont 10 machines d’impression 3D de dimension industrielle. L’association de 10 salariés et 1 million d’€ de chiffre d’affaires comptabilise plus de 300 entreprises rencontrées et accompagnées pour le traitement de 500 dossiers, avec une accélération nette depuis un an environ.


























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