En cette première partie d'été, nous revenons sur quelques actualités marquantes dans l'Est relatées depuis avril dernier. Aujourd'hui : Avinim. Le groupe au chiffre d’affaires de 20 millions d’euros cherchait à se doter d’une compétence supplémentaire, en amont de ses prestations, pour les relevés de plans et leur modélisation 3D en vue de la mise en œuvre de projets. Plutôt que de la constituer lui-même, il a pu l’acquérir, auprès d’une pépite à Rioz. Une étape de plus sur son chemin de croissance, interne et externe.
ARTICLE PUBLIE LE 9 JUILLET 2025. Il suffisait, ou presque, de franchir quelques frontières administratives. Pour le Vosgien Avinim, la Haute-Saône a été le territoire de découverte du partenaire recherché pour développer la stratégie digitale de ses activités dans l’immobilier et la construction. Courant mai, il a acquis Recoba 3D, spécialiste de la maquette numérique.
« En amont de nos interventions, nous sous-traitions l’étape de modélisation de plans de projets de clients. Parmi ces fournisseurs, nous ne connaissions pas spécifiquement la société Recoba 3D, parce que nous avions cherché au plus près, alors qu’elle se situait juste dans la région voisine. Or, notre découverte mutuelle et les discussions entamées ont abouti à conclure que nous pouvions aller plus loin dans la relation », relate Martial Demange, président d’Avinim. En l’occurrence…convoler en justes noces.
L’entreprise d’Epinal (Vosges) a conclu en mai le rachat de celle de Rioz (Haute-Saône) qui intègre ainsi son ensemble de filiales et de pôles d’activités totalisant un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros et un effectif de 120 personnes, soit 30 en direct et 90 consultants indépendants en immobilier formant l’activité de transactions.
Recoba 3D, de son côté, emploie 3 personnes pour un chiffre d’affaires de 230.000 euros. Une petite structure donc, mais une pépite. Depuis sa création en 2018 par Julien Beaupré, elle déploie un savoir-faire largement reconnu, par ses solutions de scan 3D, de relevés de structures existantes, de production de plans en deux dimensions, de maquettes adaptées au BIM (Building Information Modeling) l’outil de numérisation qui se généralise dans le bâtiment. Sans oublier le « scan to BIM » (la transformation de plans en maquettes numériques), ou encore la confection de jumeaux numériques qui reproduisent des sites physiques pour la planifcation et le suivi de leurs travaux; puis leur maintenance. « Dans ma fonction de responsable de projets en industrie, j’avais constaté le déficit d’offre sur ces sujets. Je me suis alors lancé dans leur mise au point, par la création d’une entreprise », témoigne Julien Beaupré.

Or, sa société se trouvait à un tournant, devenant en quelque sorte victime de son succès, explique-t-il. « Devant l’afflux de demandes, notre petite équipe commençait à avoir du mal à pouvoir répondre aussi rapidement qu’avant. Or dans notre domaine, créer des délais d'attente, c’est courir le risque de voir des opportunités d'affaires s'échapper », reconnaît Julien Beaupré. Dès lors, Recoba 3D cherchait à « s’adosser » à une structure plus importante, « à l’activité directement en lien » avec la sienne. Et « parmi plusieurs propositions », celle d’Avinim a été la plus convaincante, poursuit-il.
Une « complémentarité naturelle »
Les prestations de la TPE de Rioz sont en effet transmises à une équipe de maîtrise d’œuvre, soit une « complémentarité naturelle » avec Avinim qui assure cette fonction, selon Martial Demange. Du rachat, il résulte ainsi pour son groupe l’opportunité d’un « fonctionnement en mode intégré », sachant que Recoba 3D pourra continuer à servir d’autres clients. La TPE franc-comtoise ne fusionne pas avec les autres entités du groupe vosgien et elle garde Julien Beaupré à sa tête.
« Les synergies entre Recoba 3D et nos sociétés se situent à la fois au niveau des métiers, des compétences et des opportunités commerciales », relève Martial Demange. Pour preuve, l’acquéreur se posait la question de lancer de telles offres par lui-même, avant sa rencontre avec l’expert du genre, qui a débouché sur un accord de transmission « bouclé en un temps particulièrement court de trois mois », souligne Martial Demange.
La nouvelle offre au sein du pôle construction d’Avinim va pouvoir être proposée à la palette diversifiée de clientèle du groupe vosgien. Celle-ci est recrutée en particulier dans l’industrie, pour des constructions neuves, des extensions, ou encore l’adaptation des surfaces à l’arrivée d’une nouvelle machine ou ligne complète de production.

Né en 2019 du rachat de la société ACP au groupe familial vosgien de BTP Livio, ce pôle rassemble les fonctions de contractant général, de maîtrise d’oeuvre, d’aménagement foncier et de promotion immobilière. Il forme l’un des quatre piliers d’Avinim, avec le financement foncier et immobilier, l’énergie (étude, pilotage de chantier, portage et exploitation de projets photovoltaïques pour les professionnels) et la transaction immobilière. Celle-ci a pris une nouvelle dimension grâce à une autre croissance externe conclue quelques jours avant le dossier Recoba, la reprise de « Réseau Brokers », un acteur national sur le segment des professionnels.
Martial Demange ne manque donc visiblement d’ambitions pour consolider l’essor de son groupe dont il a posé les premières fondations dès 2005. En interne, il a recruté un développeur dédié à l’IA, se déclarant convaincu du rôle décisif que l’intelligence artificielle va jouer dans son secteur d’activités. Et il a obtenu en juin l’entrée du groupe dans la communauté du Coq vert de Bpifrance d’entreprises engagées dans le développement durable.
Quant à la croissance externe, elle ne devrait pas en rester là, le dirigeant d'Avinim se disant « rester en veille » d’autres opportunités d’acquisitions pour des « rapprochements qui fassent sens avec nos métiers. » Exactement comme Recoba.
































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