Les 17 et 18 novembre prochains, le salon Euro Industries se tiendra à Mulhouse (Haut-Rhin), sous ce nom changé, mais dans la continuité de la thématique de l’industrie du futur qu’il a impulsée depuis neuf ans. A nouveau, il proposera à ses visiteurs la mise en exergue des compétences des entreprises et prestataires de l’Est de la France pour ce sujet crucial. Dans ce cadre, Traces Ecrites reproduit la diffusion préalable d’articles de focus sur certains de ces acteurs, en guise de « mise en appétit », en partenariat avec le Parc Expo de Mulhouse, organisateur d’Euro Industries. Aujourd'hui : Pint. La jeune société vient de lever 1,7 million d’euros pour franchir les caps de R&D, de production et de commercialisation d’alliages métalliques et de pièces de haute valeur ajoutée à partir de poudres, tels qu’ils résultent de ses prometteurs travaux en fabrication additive.

 

La fabrication additive, également dénommée impression 3D, n’a pas encore livré tous ses secrets. Des champs nouveaux de son application restent à défricher et ils trouvent une partie de leur fertilité à Metz. Grâce à Pïnt. Cette jeune entreprise créée en 2021 à partir des travaux de recherche du laboratoire local LEM3 (étude des microstructures et de mécanique des matériaux)  et de son hébergement dans l’Incubateur lorrain, avance dans la conception et fabrication, à partir de cette technologie, de poudres constitutives d’alliages rares voire inédits.

 

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« Nous cherchons à créer des nouveaux alliages de titane, d’aluminium ou de nickel, et de la sorte à combiner notamment des propriétés de haute résistance avec de la légèreté », décrit Paul Didier, président et cofondateur de Pint.

Après une première phase où les apports financiers ont pu encore se limiter à quelques aides publiques, la progression des recherches et les perspectives très sérieuses d’industrialisation qu’elles génèrent ont amené la deeptech messine à solliciter des concours plus importants. Elle vient de concrétiser cette recherche.

Ce 6 octobre en effet, elle a annoncé la levée d’1,7 million d’euros, essentiellement auprès de cinq réseaux de business angels, à savoir ceux de Bourgogne-Franche-Comté (BFC Angels), d’Alsace (ABA), des grandes écoles (BADGE), du secteur de la Défense et de Champagne-Ardenne. Ce financement privé est complété par des fonds publics (Ademe, France 2030) et des emprunts bancaires pour former un montage sous forme d’augmentation de capital et de financements non dilutifs.

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Un exemple de la production que Pint pourrait industrialiser.

« L'opération traduit la confiance des investisseurs et partenaires dans l’ambition de développer et industrialiser en Europe des matériaux métalliques de hautes performances pour la fabrication additive répondant à des enjeux de performance, de souveraineté industrielle et de circularité », souligne l’entreprise dans son communiqué.

Les formules synthétisent les différentes facettes du projet de Pint tel qu’il est façonné par ses sept collaborateurs actuels (dont deux alternants), accompagnés de deux conseillers scientifiques externes. Sur le plan géographique, la jeune société analyse sa technologie comme une occasion de rupture à l’échelle non seulement française, mais aussi européenne. Les secteurs visés, et d’ores et déjà intéressés, « se situent en premier lieu dans l’aéronautique et le spatial ainsi que des niches du marché ferroviaire et véhicule roulant.Nous prévoyons de nous tourner dans un second temps vers la défense et l’énergie », décrit Paul Didier. Soit autant de filières relevant de la souveraineté pour la maîtrise des matériaux critiques et stratégiques.

Recours partiel au recyclé

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L'équipe dirigeante de la jeune entreprise de Metz, autour de son président Paul Didier (à gauche).

La focalisation du projet Pint sur « ces domaines hautement stratégiques dans lesquels les procédés de fabrication sont en pleine mutation » a par exemple motivé « l’intérêt particulier » d’Alsace Business Angels, témoigne en son nom l’investisseur Daniel Gillmann.  

Enfin, l’inscription dans une démarche d’économie circulaire s’incarne dans l’objectif de basculer, pour certains matériaux, vers le recours à la resssource recyclée,  « issue de chutes de production ou de pièces envoyées au rebut », précise Paul Didier. Ceci, sans altérer la performance des métaux et alliages constitués, qui peuvent aussi concerner le cuivre, l’inox, etc.

Les fonds sont mobilisés vers trois priorités : « accélérer » la R&D dans le but de parvenir, dès les prochains mois, au développement et à la qualification de nouveaux alliages ; passer dans la même échéance à la production dans un atelier dédié ; et « renforcer le développement commercial en France et en Europe. »

Au total, Pint se place en possibilité de qualifier et développer des dizaines d’alliages par l’impression 3D. Ils sont loin en quantité des dizaines de milliers résultant de siècles d’histoire de la forge et de la fonderie. Mais ils sont capables de créer des sauts sans commune mesure avec les techniques classiques.  

 

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Photos fournies par l'entreprise

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