L’application SwELP créée par Sentinel à Colmar permet d’alerter rapidement les pompiers, le Samu, la police... grâce à la géolocalisation et à l’envoi de photos. A Nancy, Innovation Way déploie un outil d'auto-diagnostic en ligne de la capacité d'une entreprise à innover.

• SwELP facilite l’accès aux secours

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Hervé Frantz (à gauche), le président fondateur de Sentinel et Bertrand Soubelet, le directeur général àla Maison de l'Alsace à Paris. © Nicolas Krief/Divergence.


Une fois installée sur un smartphone, SwELP permet d’accélérer l’accès aux secours : pompiers, Samu, police  etc. grâce à la géolocalisation. L’utilisateur envoie une alerte en identifiant le danger : incendie, accident, agression, malaise… Elle est reçue par le centre de Sentinel à Colmar, géré par des spécialistes de la sécurité et de la gestion de crise qui la géolocalisent et entrent en contact avec l’émetteur en lui demandant d’envoyer une photo de l’événement ou en communiquant directement avec lui par un appel vidéo.
Le centre actionne ensuite les services compétents : Samu, pompiers, police, gendarmerie. Ainsi ces services savent quels moyens ils doivent mettre en oeuvre pour intervenir. Le centre Sentinel fonctionne 7 jours sur 7, 24h/24. Si l’utilisateur qui donne l’alerte se trouve dans une zone sans réseau Internet, le centre reçoit l’alerte par SMS et peut la géolocaliser via le réseau téléphonique.
Avec la généralisation des smartphones et les technologies permettant la géolocalisation en temps réel, ce type de service paraît évident. Encore fallait-il y penser… L’idée est venue d’Hervé Frantz, capitaine des pompiers à Colmar. Au départ, il souhaitait faciliter l’accès aux secours des personnes sourdes et malentendantes. Ces dernières ont un numéro destiné : le 114, mais les temps de traitement de ce numéro accessible par SMS sont très longs.
A mesure de l’avancement du projet, Hervé Frantz s’est rendu compte que son application se révèlerait aussi très utile pour toute la population car en cas de stress, les personnes ont souvent des difficultés à donner des informations précises et utiles aux services de secours. Rejoint par Bertrand Soubelet, ex numéro trois de la gendarmerie nationale, Hervé Frantz crée la start-up Sentinel en décembre 2016 et l’application est lancée en novembre 2017. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 25 personnes. L’objectif en 2019 est d’atteindre 64 salariés.

Un business plan bâti sur le B to B

Comme l’application est gratuite pour le grand public, le  modèle économique de Sentinel repose sur la vente de modules aux collectivités locales et aux entreprises. La start-up travaille déjà avec les communes alsaciennes de Riquewihr, Mulhouse, Mittelwihr et Algolsheim via le plan communal de sauvegarde (PCS) : la ville transmet les informations et les consignes de sécurité à ses habitants en cas d’alerte météo, de risque chimique, etc.
Depuis avril 2018, Groupama Grand Est commercialise l’application auprès des communes pour les alertes météo. Et des pourparlers sont en cours avec la direction nationale de la société d’assurance. Dans le cadre du plan particulier de mise en sûreté (PPMS), SwELP s’avère aussi très utile dans les écoles. Un directeur d’établissement peut donner l’alerte et déclencher l’évacuation ou le confinement. Elle peut être notifiée de façon silencieuse au personnel de l’établissement de façon à ne pas effrayer les enfants et à ne pas avertir l’agresseur en cas d’agression.
L’entreprise de Colmar a également conçu un module métier. Actuellement, elle travaille avec le groupe de BTP Eurovia et le fournisseur d’énergie Vialis. En cas d’incident majeur, l’information remonte immédiatement à la bonne personne qui peut alors prendre une décision rapidement.
Julie Giorgi

BPALC

 

LCRDijon


• Innovation Way ubérise le conseil en recherche et développement

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Johan Claire, 31 ans déploie un outil destiné à évaluer et développer la capacité à innover des PME et des entreprises de taille intermédiaire. © Philippe Bohlinger


Innover ne s’improvise pas : c’est un mantra asséné quotidiennement aux PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour renforcer leur compétitivité. Ce constat débouche à Nancy sur un outil destiné à évaluer et développer leur capacité à innover. Innovation Way s’est appuyée sur les travaux de l’ERPI (Équipe de recherche sur les processus innovatifs), un laboratoire de l’Université de Lorraine lié à l’École Nationale Supérieure en Génie des Systèmes et de l’Innovation (ENSGSI).
« Nous ubérisons une partie du conseil, à savoir la phase de diagnostic qui représente deux à trois jours de consulting », résume Johan Claire, son fondateur. Ce diplômé de l’école d’ingénieurs associé à Laure Morel, directrice de l’ERPI, propose un auto-diagnostic en ligne. Stratégie, génération d’idée, gestion de projet, etc. : les dirigeants d’entreprises répondent, en une trentaine de minutes, à 20 questions couvrant 6 thématiques.
Un algorithme mouline ces résultats pour classer la dynamique d’innovation de l’entreprise sur une échelle à 4 niveaux. Le téléchargement du rapport d’évaluation est gratuit dans la limite de trois rapports par an. Le rapport de recommandation personnalisé en revanche est payant.
Le dirigeant de 31 ans démontre l’intérêt de son outil à travers l’exemple d’une PME industrielle d’une cinquantaine de personnes. « Les salariés étaient fortement impliqués en matière d’innovation. A contrario, la partie pilotage de projets était moins avancée, ce qui engendrait une perte de ressources due à l’affaiblissement de motivation. Notre outil a recommandé à cette entreprise d’organiser sa gestion de projet de manière plus agile, en structurant chaque initiative en plusieurs étapes : Formalisation d’une fiche idée en équipe, enrichissement du concept en mobilisant différents services, expérimentation auprès de clients, etc. ».
Johan Claire considère son outil comme complémentaire du travail des cabinets de conseil. « Notre vocation première consiste à changer les pratiques, plus subjectives, de consulting. Mais n’avons pas vocation nous substituer à leurs missions, notamment lorsqu’il s’agit d’approfondir certaines thématiques. » Ses clients sont les agences d’innovation régionale, les pôles de compétitivité et les sociétés de consulting en France, mais aussi au Luxembourg, qui accompagnent les PME et ETI.

Deux nouveaux outils en chantier

Pour fonder Innovation Way en janvier 2017 avec le soutien de l’Incubateur lorrain (Université de Lorraine) et de la SATT Grand-Est (Société d’accélération de transfert de technologie du Grand-Est), le jeune entrepreneur s’est appuyé sur son expérience de « conseiller innovation » au sein de l’ex. CCI de Lorraine. « A l’époque, je ne me sentais aucune légitimité pour dire aux dirigeants si leur stratégie en R&D était pertinente ou non. En revanche, j’étais en mesure d’évaluer la maturité de leurs pratiques d’innovation grâce à un premier outil développé avec l’ERPI », poursuit le jeune entrepreneur.
La jeune pousse (chiffre d’affaires de 100.000€ en 2018) cherche maintenant à franchir un palier supplémentaire en intégrant l’accélérateur Scal’E-nov lancé par la région Grand-Est. Parallèlement, la start-up s’apprête à recruter deux profils dont un marketing international pour diffuser son outil d’ores et déjà traduit en anglais et espagnol. Elle va également plancher sur deux nouveaux outils de diagnostic : le premier orienté sur les capacités à exporter, le second sur la transition digitale.
Philippe Bohlinger

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