Dans la perspective du prochain salon Be 5.0 - Industries du futur les 25 et 26 novembre 2025, nous explorons, avec le soutien du Parc Expo de Mulhouse organisateur, ces nouvelles voies technologiques telles qu'elles sont empruntées par des entreprises et structures de recherche de l’Est. Aujourd’hui, focus sur Irepa Laser à Illkirch (Bas-Rhin). Le centre de ressources technologiques de 42 ingénieurs et techniciens forme un expert reconnu des procédés laser industriels avant-gardistes : sa vocation consiste à investir les technologies les plus récentes, dans le but de les diffuser dans les industries, les PME en particulier. Aujourd’hui, l’érosion laser pour l’usinage de précision le mobilise, aux côtés de la fabrication additive.

Les procédés laser ont leurs experts en Alsace. A Illkirch à côté de Strasbourg, les 42 ingénieurs et techniciens d’Irepa Laser accompagnent depuis plus de 40 ans les entreprises pour l’intégration dans leurs process des technologies faisant appel à cette méthode, au moyen d’un parc de machines de pointe.  

Ils s’attachent à faire profiter ces entreprises de la longueur d’avance que leur savoir-faire leur procure. « Nous n’avons pas vocation à travailler sur les technologies devenues standards, comme la découpe ou le marquage laser. De même, lorsque l’une d’entre elles qui était avant-gardiste passe au stade de la maturité, nous stoppons ou diminuons notre activité la concernant, pour passer à une suivante », décrit Vincent Pesquet, le directeur général d’Irepa Laser. C’est ainsi que le soudage laser, domaine historique de la structure, occupe une place importante dans les contrats auprès d’entreprises, mais désormais minoritaire dans les travaux de développement.

 

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Ceux-ci sont dominés par la fabrication additive à partir du métal, ainsi que par l’érosion, un procédé qu’Irepa Laser sait appliquer sur des matières variées : métal, mais également plastique, composites, céramique…  L’équipe planche sur ces sujets en mode ouvert. « En tant que centre de ressources technologiques (CRT) dûment labellisé par l’Etat, notre raison d’être consiste à contribuer au transfert de technologies vers l’industrie, et notamment vers les PME », souligne Vincent Pesquet. Irepa Laser collabore avec ces entreprises de plus petite taille pour l’industrialisation concrète en direct, ou via leurs grands donneurs d’ordre. Elle assure également les formations associées, munie de sa certification officielle Qualiopi.

Deux spin-offs 

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L'équipe est basée au parc d'innovation d'Illkirch près de Strasbourg.


La fabrication additive métallique forme un champ que le CRT alsacien a investi depuis un peu plus de vingt ans. Parmi divers procédés possibles, lui s’est focalisé sur le DED laser, pour Direct Energy Deposition, qui est connu et maîtrisé mais auxquels ses propres travaux, concrétisés par des brevets, ouvrent des terrains d’application plus inédits. De base, il consiste à projeter directement une  matière donnée sous forme de fil ou de poudre et à envoyer dans le même temps un faisceau laser, de sorte à créer un bain de fusion. En démultipliant les têtes de projection, il est possible de créer des pièces, ou les réparer, à partir de machines à commande numérique, jusqu’à 5 axes.

La fabrication additive par DED se heurte cependant aujourd’hui à une sorte de « plafond de verre » : « Elle est idéale pour confectionner de petites pièces mais arrive ensuite à une limite. Or les travaux que nous avons réalisés, avec le cofinancement de Bpifrance, ont permis de mettre au point des têtes de dépose matière qui rendent possible d’aboutir à des pièces plus grandes, de plus de 2 mètres de diamètre. Un autre avantage est l’augmentation de la vitesse de fabrication, jusqu’à 8 à 10 kilos de dépôt d’acier par heure », décrit Vincent Pesquet.

Outre le transfert de technologies, Irepa laser a elle-même généré deux « spin-offs », des sociétés indépendantes du centre mais issus de ses travaux en fabrication additive : BeAm (comme « faisceau » en anglais) en 2013 aujourd’hui intégré au groupe d’impression 3D métallique Addup (*),  ainsi qu’Amfree, qui s’installe depuis deux ans sur le marché.

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Irepa Laser cible se travaux les plus récents sur l'érosion laser à partir d'impulsions laser ultra-courtes.

 La capacité de l'équipe d'Illkirch à repousser les limites s’illustre également dans l’axe de développement du présent et du futur qui la mobilise particulièrement : l’érosion laser. « Nous investissons ce sujet stratégique depuis plus de dix ans environ », signale Jean-Paul Gaufillet, président d’Irepa Laser. Le principe du procédé consiste à envoyer un faisceau laser sur une pièce en vue d’effectuer une ablation de matière, à partir d’une impulsion ultra-court :  l’échelle est celle  du femtoseconde, le millionième du milliardième (10 -15) de seconde . Le micro-usinage en constitue une application privilégiée, très prisée par exemple du secteur de l’horlogerie.

Par ses recherches, en phase de brevetage, notamment pour améliorer l’exploitation des faisceaux laser, Irepa Laser contribue à la diffusion de la technologie dans les entreprises de sorte qu’elles puissent suivre le rythme de ses avancées spectaculaires. « La puissance de ces faisceaux a été multipliée par 500 en 15 ans. Ces progrès confèrent sa compétitivité à l’érosion laser : ils augmentent sa vitesse et rendent possible le traitement de pièces de plus en plus épaisses et grandes. En somme, ce qui se faisait pour un cadran de montres peut se faire aussi aujourd’hui pour une aile d’avion », expose Vincent Pesquet.

Un modèle économique fondé sur les contrats 

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Les évolutions auxquelles Irepa laser contribuent permettent aux procédés d'érosion laser de traiter des pièces de plus en plus grandes.

 

L’érosion laser procure ainsi une alternative à de l’usinage classique par foret. Sans exploser les coûts des entreprises utilisatrices : « Nous travaillons, en vue du transfert de technologies, sur des bases machines existantes sur le marché, à  des prix abordables pour les futurs utilisateurs », pointe le directeur d’Irepa Laser  

L’ensemble des activités génère un chiffre d’affaires annuel de 4,5 millions d’euros. Le modèle économique est celui d’une société privée : l’essentiel des ressources provient des contrats décrochés, complétés (à hauteur de 20 % en moyenne) par la réponse à des appels à projets publics de recherche. Depuis avril 2024, un virage stratégique s’est opéré avec la création d’une marque nommée « Double Cœur » qui fédère les activités commerciales et permet à Irepa Laser d’exploiter industriellement pour son compte ses propres innovations.

Pour mettre en œuvre son modèle, le centre de ressources technologiques d'Illkirch est passé en 2019 de son statut d’origine d’association à celui de la société, mais pas tout à fait comme les autres. Elle a adopté le mode coopératif sous la forme d’une Scic (société coopérative d'intérêt collectif) au capital de 640.000 euros. « Il nous a semblé apporter le meilleur équilibre entre les impératifs d’un développement commercial et la volonté de cultiver nos valeurs humaines », souligne Jean-Paul Gaufillet. L’adhésion est large : la quasi-totalité des salariés sont associés à la Scic. 

Les savoir-faire du centre de ressources technologiques pourront être découverts « en direct » ce 23 septembre. Irepa Laser organise une journée « BeamXperience » dans ses locaux du Parc d’innovation d’Illkirch, qui proposera un focus sur les faisceaux de haute énergie. 

(*) une société créée conjointement par Michelin et Fives

Photos fournies par Irepa Laser

PE Mulhouse

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