Les résultats 2024 de l’équipementier d’Anteuil employant près de 4.000 salariés dans le monde restent orientés à la baisse, en concordance avec l’évolution du marché automobile. Son plan de relance décidé l’an dernier en réaction aux tendances négatives commence toutefois à produire ses effets, de sorte à engager sa phase la plus structurante : une diversification plus poussée sur des marchés comme la robotique et les automatismes, dans l’objectif qu’ils représentent 30 % de l’activité d'ici quelques années.


Derrière les moins persistants, Delfingen rebondit. Subissant la crise automobile devenue mondiale, l’équipementier d’Anteuil (Doubs) lui-même très internationalisé a présenté, la semaine dernière, un bilan financier 2024 orienté à la baisse : un chiffre d’affaires en recul annuel de 8 % (*) à 423,7 millions d’euros et un résultat opérationnel courant diminué de 15,6 % (total de 23,8 millions d’euros).

Cependant, sa direction estime avoir passé le cap le plus difficile – nonobstant une forte dégradation du marché qui n’est pas à exclure – et replacé le fabricant de protections de câbles sur le chemin d’une croissance durable. Elle se fonde sur la progression de son plan de relance triennal déclenché l’automne dernier en réaction à l’évolution des chiffres (un premier semestre en pertes), et dénommé Impulse 2026. « Cette appellation en référence à l’impulsion se justifie dans les faits. Nous respectons notre plan de marche », synthétise Christophe Clerc, vice-président exécutif du groupe familial de 3.600 salariés.

 

BP

 

La feuille de route a été structurée en trois étapes, une par année grosso modo. La première, qualifiée en raccourci par Christophe Clerc de « tri dans le portefeuille produits », amène Delfingen à réduire la voilure de sa branche de tubes, plus récente, minoritaire (un sixième du chiffre d'affaires environ), mais surtout « sous-performante », afin de la concentrer sur les gammes les plus techniques. Cette restructuration s’est déroulée déjà en bonne partie fin 2024, « elle sera bouclée ce 30 juin », selon le dirigeant. Elle s’est traduite par les mesures sociales les plus significatives d’Impulse, à savoir la suppression de 450 emplois focalisée principalement sur la fermeture de l’usine de Zlate Moravce en Slovaquie, effective depuis le 28 février, et les réductions des effectifs de cette business unit au Mexique.

Deuxième temps, le « travail sur nous-mêmes », dit autrement l’organisation interne dans le but d’une meilleure efficacité, forme le cœur des actions de 2025. Il s’accompagne d’investissements, d’un montant de 15 millions d’euros essentiellement dédiés à quatre pays : la Chine pour la création d’une usine de protections textiles contre les phénomènes électriques, la Thaïlande (centre de services et logistique), l’Inde avec le déménagement de l’usine de Pune, et l’Allemagne par un nouveau bâtiment opérationnel cette fin avril pour la filiale Reiku acquise début 2023.

 

Un nouveau plan stratégique en voie de rédaction

delfingen cable
L'équipementier d'Anteuil (Doubs) confirme les gaines de câbles (à droite ) comme son coeur d'activité et il a réduit en revanche la voilure dans les tubes (à gauche). © Delfingen


Le terrain voudra ainsi être préparé vers la troisième étape surtout concentrée sur 2026, la plus structurante : la diversification hors de l’automobile. Le sujet n’est pas inédit chez Delfingen, mais il prend un caractère plus appuyé, auquel l’évolution de la production de véhicules n’est pas étranger. Un cap est désormais fixé : « passer de 15 % de chiffre d’affaires hors automobile à 30 % », annonce Christophe Clerc. Sans l’intention que le CA automobile lui-même baisse en valeur absolue. Et sans fixer un délai obsessionnel. L’horizon de la fin de la décennie se dessine toutefois. L’objectif, en effet, « figurera dans l’écriture de notre prochain plan stratégique 2026/2030 », souligne le vice-président de Delfingen.

L’équipementier identifie nombre de ses productions, elles-mêmes en mutation avec l’électrification du parc de voitures, comme pouvant se prêter à des débouchés autres. « Elles évoluent dans l’univers de la protection en situation de haute température et de haut voltage (montée de la tension électrique) générateurs d’une augmentation de l’électromagnétisme, autant d’enjeux largement répandus », analyse Christophe Clerc. Les produits textiles de Delfingen, par exemple, répondent à ces critères. Ils montent d’ailleurs en puissance, au Mexique, au Honduras et ils se lancent en Chine.

 

Cessions aquisitions

 

Anteuil dans le pilotage de la diversification

« Robotique, équipements électriques, automatismes industriels, data centersénergies renouvelables » forment ainsi un inventaire des applications sur lesquels pouvoir « accélérer. » Un groupe de travail pilote ce chantier depuis fin 2024. Directement rattaché au président-directeur général Gérald Streit, il est composé d’une vingtaine de cadres du groupe issus des sites d’Allemagne, des Etats-Unis et d’Anteuil où le référent est Kevin Appointaire.

Le groupe entend ainsi souligner que son siège franc-comtois demeure bien au cœur de ses définitions stratégiques. Anteuil a été finalement largement épargné par les mesures sociales, avec, selon Christophe Clerc, « une dizaine de départs non remplacés, sans licenciement », sur son effectif de 275 collaborateurs. « Nous avons pour le site des envies d’investissements, que nous espérons pouvoir faire passer dans la phase du concret tôt ou tard », énonce le dirigeant.

(*) à périmètre et taux de change constants. La baisse comptable se situe à 7,2 %. La marge opérationnelle, elle, a pu respecter l’objectif de dépasser 5 %, avec son niveau de 5,6 %.

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