Les objectifs européens de transition environnementale font pleuvoir sur la France les annonces de gros projets d'énergie renouvelable, parmi lesquelles celui de 710 millions d’€ d’investissement porté par Holosolis à Hambach, en Moselle. Cette gigafactory de cellules et modules photovoltaïques, synonyme de 1.700 emplois créés, fait écho à d’autres projets similaires notamment en Alsace.


Par ses dimensions exceptionnelles, le projet d’usine de panneaux solaires annoncé à Hambach, en Moselle, le 15 mai dernier à l’occasion du sommet « Choose France », soulève de nombreuses interrogations. Les 710 millions d’€ d’investissement fléchés en direction de ce territoire frontalier, connu pour son usine Smart reconvertie par le Britannique Ineos dans l’assemblage d’un 4X4 diesel, enthousiasme les milieux économiques et les collectivités territoriales.

Rien moins que 1.700 emplois seront nécessaires à la mise en service de l’usine en 2025, pour fabriquer cellules et modules photovoltaïques. La capacité annoncée de 5 gigawatts crêtes par an (GWc) correspond aux besoins annuels en électricité d'un million de foyers.

 

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Mais qui sont les acteurs de cet ambitieux programme piloté par la société grenobloise Holosolis ? En quoi a-t-il plus de chance de se concrétiser que celui du Norvégien Rec Solar ? Également prévu à Hambach ce projet de gigafactory de panneaux solaires a été officiellement abandonné à l’automne dernier.

La première levée de fonds d’Holosolis a permis de rassembler trois partenaires : l’accélérateur européen de l’innovation dans l’énergie durable ETI InnoEnergy et deux acteurs français, l’investisseur immobilier Idec et le producteur d’énergie solaire TSE (250 salariés) connu dans la région pour avoir construit la centrale photovoltaïque de Marville (Meuse), seconde plus grande centrale solaire de France à sa mise en service en 2021.

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Quelques mois après le retrait de Rec Solar, un nouveau projet d’usine de panneaux solaires a été annoncé à Hambach. © CEA / Guillaudin


« Nous sommes actuellement dans un processus assez standard, avec une deuxième levée de fonds en cours de bouclage pour financer l’usine. Avoir le soutien de l’ETI InnoEnergy est précieux, car cet accélérateur apporte son expérience dans la constitution d’un pool d’investisseurs »,
détaille Jan Jacob Boom-Wichers, le président d’Holosolis.

Le dirigeant évoque la participation d’ETI InnoEnergy au montage de deux méga-usines de batteries, celles de Northvolt en Suède il y a quatre ans et de Verkors attendue en 2025 à Dunkerque (Nord). Cette structure accompagne également la création d’une usine d’acier très bas carbone porté par le consortium GravitHy à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

Jan Jacob Boom-Wichers explique le choix de Hambach parmi une quarantaine de sites potentiels en Europe par un accueil plutôt favorable des habitants et par l’existence d’un foncier de 50 hectares « clé en main permettant d’avancer rapidement. »

Les annonces d’autres projets similaires dans l’Hexagone n’inquiètent pas outre mesure Holosolis. Dans le Grand Est, l’alsacien Voltec Solar a publié récemment le faire-part de son alliance avec l’Institut Photovoltaïque d’Ile-de-France (IPVF) en vue d’industrialiser une nouvelle technologie de panneaux solaires et d’atteindre lui aussi une production de 5 GWc en 2030. De son côté, la start-up lyonnaise Carbon soutenue par le constructeur de fours industriels ECM mobilise 1,5 milliard d’€ pour produire 5 GWc par an de cellules photovoltaïques à Fos-sur-Mer en 2025.

Impulsion européenne

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Jan Jacob Boom-Wichers, président d’Holosolis, accueille avec sérénité la multiplication des projets de création de capacités de panneaux solaires en France. © Holosolis


« Il y a de la place pour plusieurs acteurs. Si l’Union Européenne veut porter sa capacité de production à 40 GWc par an en 2030, cela ne ferait que 15 GWc installés en France, auxquels on ajouterait les projets des groupes Meyer Burger et d’Enel », tranche Jan Jacob Boom-Wichers. L’énergéticien italien Enel va en effet investir 600 millions d’€ pour agrandir son usine en Sicile et atteindre 3 GWc d'ici à 2025, tandis que l'usine du groupe suisse Meyer Burger à Freiberg (Allemagne) va porter sa capacité à 1 GWc.

 

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Le projet d’Holosolis suit l’impulsion donnée par Bruxelles qui veut retrouver les capacités perdues au profit de la Chine. Celles-ci doivent permettre de quadrupler la puissance d’énergie solaire photovoltaïque installée sur le Vieux continent à l’horizon 2050, en partie grâce à des panneaux « made in Europe ». L’enjeu est autant géopolitique que climatique, car il s’agit de faire du solaire une alternative à la consommation de gaz naturel en Europe.

 

A nouvelle usine, nouvelle technologie 

A Hambach, Holosolis parie sur une nouvelle génération de cellules en silicium dites TopCon pour « contacts passivés à oxyde tunnel. » Cette technologie, concurrente de l’hétérojonction sur laquelle avait misé Rec Solar, vise à récolter un maximum des électrons excités par le soleil au sein du silicium. « Nous collaborons avec le centre de recherche allemand de référence, Fraunhofer Institut. Cette technologie permettra de passer d’un rendement de 21 à 22,5%. Dans un second temps, nous prévoyons de prolonger nos lignes à Hambach, afin d’ajouter sur chaque cellule TopCon une seconde à base de pérovskite (minéral composé d'oxyde de calcium et de titane, NDLR) de sorte à porter le rendement à 28% », complète le président d’Holosolis.

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