L’accélération du rythme des croissances externes d’Arkedia fait entrer la société de Turckheim (Haut-Rhin) dans la catégorie des acteurs de poids du bâtiment et des travaux publics en Alsace : plus de 400 salariés et un chiffre d’affaires porté à 65 millions d’euros. Son dirigeant Franck Favre s’attache désormais à fédérer les filiales dans une culture commune de groupe tout en renforçant leur spécialisations complémentaires. Et il ne compte pas arrêter ses emplettes.

Une intense phase de croissance externe suit, chez Arkedia, une trajectoire vers la constitution d’un groupe indépendant de BTP de taille conséquente en Alsace, son territoire d’intervention à partir de sa base historique de Turckheim (Haut-Rhin). Les rachats opérés en première d’année après la vague de 2022 aboutiront, en fin d’année, à un ensemble d’un effectif de 430 salariés, « pour un objectif de 65 millions d’euros en terme de chiffre d’affaires », annonce Franck Favre, le président d’Arkedia.

En 2025 en effet, la couverture et la gestion de l’eau ont complété une gamme d’offres déjà bien étendue dans le bâtiment et les travaux publics. C'est ainsi que la PME Saret, établie à Furdenheim (Bas-Rhin), est devenue « Toitures Durables » à la suite de son acquisition en mai dernier, apportant les compétences de diagnostic, d’entretien, réparation et travaux neufs de toiture.

 

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Cette entreprise exerçait comme franchisée du réseau Attila et son dirigeant souhaitait partir à la retraite. « Orientée vers le B to B, elle donne un bon coup d’accélérateur à notre pôle couverture-zinguerie-étanchéité constitué en 2021. Elle fait passer le chiffre d’affaires de cette activité de 3,8 à 5 millions d’euros et l’effectif à 45 personnes, soit une dimension très significative dans cette spécialité où l’on retrouve souvent des PME de l’ordre de 20 à 30 salariés », décrit Franck Favre. La complémentarité est également géographique, grâce à l’implantation dans le nord de l’Alsace, l'agence d'Arkedia la plus proche se situant au sud-ouest de Strasbourg à Hangenbieten.

Avec Strelec, qui conserve son nom, « c’est le cycle de l’eau que nous complétons », pointe le président d’Arkedia. Les travaux publics et de génie civil pour les installations et les réseaux font partie des fondamentaux du groupe. La nouvelle filiale de 20 personnes à Colmar et Strasbourg (chiffre d’affaires de 4 millions d’euros) ajoute les équipements de gestion de l’eau et des process industriels. « Elle nous fait entrer dans la station d’épuration, en quelque sorte », résume Franck Favre : travaux électromécaniques, conception d’armoires électriques, télégestion…

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Une référence de choix pour l'entreprise voisine de Colmar : la réfection du pont près de la collégiale Saint-Martin de la ville chef-lieu du Haut-Rhin. © Arkedia

En particulier, le patron d’Arkedia attend de cette acquisition bouclée début 2025 le développement de contrats auprès des industriels propriétaires de leur installation, à l’instar de celui avec le spécialiste du papier-toilette Essity à Kunheim, au bord du Rhin. A nouveau, l’opération s’est concrétisée dans un contexte de départ en retraite des associés, dont Franck Favre souligne qu’ils ont « fait le choix d’un régional, qui les connaissait », de préférence à des offres de groupes nationaux. 

L’amorce de cette montée en puissance et diversification remonte à 2022 à travers deux acquisitions marquantes, pour deux raisons différentes. Roesch Constructions, qui a rejoint Arkedia le 1er juillet de cette année-là, constitue une PME de référence dans le gros œuvre dans le sud de l’Alsace qu’elle dessert depuis Heimsbrunn (Haut-Rhin) à côté de Mulhouse. « Nous avons réorienté ses débouchés du logement vers le tertiaire, l’industrie et les marchés publics, la conjoncture dans l’habitat ne fait que conforter la pertinence de cette décision », commente Franck Favre. L’entrée de Roesch a fait « sortir » la société-mère Arkedia du gros œuvre, pour la concentrer sur le génie civil-ouvrages d’art.

Olry Cloisons, ou le retour vers le futur 

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Les aménagements paysagers font exception dans le profil du groupe par le fait de viser aussi le marché des particuliers. © Arkedia

Quant au second œuvre, il rejoint le groupe depuis l’intégration d’Olry Cloisons, qui s'apparente à un scénario du type retour vers le futur. Cette société de pose de plâtre et de cloisons avait démarré au milieu des années 1980 dans la même structure que l'Arkedia d'aujourd'hui, à savoir la société Olry portant le nom du fondateur en 1890. Puis, elle avait pris son indépendance par sa revente à des cadres en 1994.

Cette poussée vers l’aval ne devrait pas s’arrêter là. Franck Favre avoue lorgner vers « les lots techniques », comme le chauffage-climatisation, et aussi étendre sa zone de prospection pour de nouvelles filiales au-delà de la ligne bleue des Vosges, sur la frange Est du pays.  Ceci « à l’horizon de 2027 » et sous la condition d’une bonne santé des « cibles ». Le dirigeant assure « voir passer des opportunités tous les dix jours », mais écarter en principe les dossiers, hélas de plus en plus nombreux, issus de dépôts de bilan. « L’énergie à déployer pour reprendre une entreprise saine est déjà importante : ressources humaines à commencer par le remplacement des anciens dirigeants partant en retraite, réorganisation, définition d’un nouveau projet… », rappelle le dirigeant.

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Poser un tel « ciment » mobilise ainsi les forces d’Arkedia. Un nouveau logo commun Arkedia Groupe aux couleurs rouge, blanche et noir l’incarne, cette identité visuelle s’affiche à partir de ce mois de septembre, sur les supports internes et par une campagne de communication.

Les thématiques pour déployer une culture commune sont fixées : formation-apprentissage (24 apprentis sont recrutés cette année), santé-sécurité au travail autour de journées communes en janvier, et RSE par l’entrée dans le processus de labellisation Ecovadis accompagné par le cabinet Meaeno. L’issue de ce travail en profondeur sera sans doute particulièrement scrutée de près compte tenu des implications de Franck Favre dans le monde économique alsacien. Parmi des nombreuses fonctions de représentations professionnelles, il préside le Medef Alsace depuis début 2025.  

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Franck Favre est un multi-actif, qui partage son temps, entre autres, entre la gestion et le développement de son groupe, et la présidence de l'assureur du BTP CAM et du Medef Alsace. © Arkedia
Huit sociétés sous la même bannière

La structuration en cours d’Arkedia Groupe vise à combiner « pluridisciplinarité des métiers » et « unité stratégique » pour un ensemble de huit sociétés. Arkedia poursuit depuis 2008 sous ce nom plusieurs des activités diverses développées progressivement depuis la création par Eugène Olry en 1890 : génie civil, charpente et construction bois, couverture-zinguerie-étanchéité, travaux publics hydrauliques. Carpentek à Gunsbach (Haut-Rhin) a été créée en 2005 pour déployer un centre d’usinage du bois. LRT, pour Les Recyclés de Turckheim, exploite une plateforme de valorisation de déchets du BTP à Turckheim.
Roesch Constructions à Heimsbrunn fédère les activités de gros œuvre et de terrassement. Olry Cloisons, racheté en 2022 à Turckheim, est spécialisée dans les travaux de plâtrerie et de cloisons. Arkedia Paysage a été fondé l’année suivante pour l’aménagement paysager chez les particuliers et les professionnels. Enfin, les dernières acquisitions Strelec et Saret concernent respectivement les équipements pour la gestion de l’eau et les travaux de toiture. La société Arkedia concentre 60 % du chiffre d’affaires. Le groupe entend aussi maintenir une trajectoire de croissance organique, traduite en emplois. Son président annonce « 40 à 50 embauches dans les douze mois. »    

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