L’entreprise de génie thermique et de couverture s’est structurée pour mieux apparaître comme un ensemblier des solutions pour le bâtiment, auprès des particuliers et des professionnels. Elle fait incarner cette nouvelle étape dans son nouveau siège en périphérie de Dole (Jura). Et elle l'a débuté par un coup d’éclat : réunir deux « frères ennemis » dans sa société Cottier-Faivre.

Nouveaux locaux, nouveau périmètre : les deniers mois ont été ceux du changement pour FCC Entreprises. L’ensemble jurassien de PME actives dans le génie thermique et l’enveloppe du bâtiment a matérialisé ses ambitions par le déplacement de son siège, du centre de Dole vers sa périphérie au moyen d’un investissement de 3 millions d’euros.

L’inauguration de ces locaux, en avril dernier, a suivi de peu une transaction pas anodine à l’échelle du département : Cottier-Faivre, l’une des deux sociétés du groupe, a racheté Cottier. De quoi semer la confusion ? Assurément, mais les actuels dirigeants n’y sont pour rien. Rembobinons le fil de l’histoire : deux sociétés, actives dans les mêmes spécialités de chauffage-climatisation-ventilation-plomberie-sanitaire, au nom similaire, distantes de quelques petits kilomètres dans l’agglomération de Lons-le-Saunier, s’étaient livré une concurrence d’autant plus féroce qu’elles sont nées de la mésentente entre deux frères s’étant mis à leur compte au début des années 1950 à l’invitation du groupe Bel, leur employeur alors en restructuration.

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L’aventure qui devait être commune a tourné court, donnant lieu à une guéguerre picrocholine. Chacune des entreprises a porté exactement la même dénomination Cottier jusqu’à la fin des années 1980, lorsque l’une d’elles a rajouté le patronyme Faivre, celui des dirigeants de la Franc-Comtoise de Confort, FCC en abrégé, qui l’ont rachetée. Trente-six ans plus tard, tout ce beau monde se retrouve sous la même bannière. FCC Entreprises réunit ainsi 80 salariés, soit 55 chez Franc-Comtoise de Confort, 20 chez Cottier-Faivre et 5 dans les services communs, pour un chiffre d’affaires annuel de 11 millions d’euros. Afin de matérialiser le fait que l’ensemble forme une même famille, un…jeu de cartes inspiré des 7 familles a été confectionné, produit d’un travail en commun de quelques mois avec les étudiants en IUT de communication de l’université Marie et Louis Pasteur à Besançon.

FCC se déploie dans le génie climatique, la plomberie et le traitement de l’eau, mais aussi la charpente-couverture-zinguerie, le bardage isolation et plus récemment les installations photovoltaïques, depuis 2023. L'offre est conçue pour tout type d’énergie (fioul, gaz, pompe à chaleur, bois…), qu’il s’agisse d’en réaliser des études, d’en effectuer les travaux, et, de plus en plus, d’en assurer la maintenance. « Ce dernier virage, caractérisé par des contrats à objectif de réalisation et non de moyens, avait été manqué au cours des années 2000 », rappelle Pierre Worms, le président de FCC Entreprises.

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Les travaux de couverture se sont ajoutés aux spécialités historiques de chauffage, ventilation, plomberie et sanitaire. © FCC Entreprises

A son arrivée en succession de la famille Faivre-Pierret en 2011, fort de son expérience de groupe (chez Vinci), Pierre Worms a fait du développement de cette activité aval une priorité. « De 10 %, sa part dans le chiffre d’affaires est passée à 28 % en 2024, pour un cumul de 6.000 à 7.000 interventions par an », indique-t-il. La maintenance « représente une source de valeur ajoutée. Elle s’alimente auprès des travaux, et réciproquement », poursuit Pierre Worms.

La rénovation, moteur du moment

Un équilibre s’est ainsi instauré dans le « mix » du chiffre d’affaires : travaux chez les particuliers, chez les professionnels (marchés publics, tertiaire, commerces, établissements de santé, industrie) et SAV forment trois tiers de montants proches (2 à 2,6 millions d’euros chacun) chez Franc-Comtoise de Confort. Ils sont complétés par les 3 millions d’euros de CA chez Cottier-Faivre toutes typologies confondues, dont 50 % auprès des particuliers.

L’ensemble peut ainsi s’armer pour faire face aux tendances fluctuantes des marchés. Actuellement, la construction neuve se situe dans le creux de la vague, « dès lors, nous sommes très largement tournés vers la rénovation », relève le dirigeant des PME détentrices du précieux label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

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Son ciment, FCC entend le puiser aussi dans sa géographie et son histoire. Son rayon d’action se concentre à 83 % dans le Jura et en totalité en Bourgogne-Franche-Comté, avec le complément principal (14 %) du département du Doubs, avant tout à Besançon et dans son agglomération. Quant aux plus de 150 ans d’existence (la saga a débuté en 1838 avec l’immigré italien Joseph Zani), ils ont forgé un certain nombre de « valeurs » qui fondent la raison et la manière d’être : « respect » (des clients, des fournisseurs et du personnel), « épanouissement » des salariés – la moitié d’entre eux viennent de l’apprentissage – « autonomie » de fonctionnement des équipes, et « s'autoriser des idées nouvelles et favoriser l'audace. »

Qui est Pierre Worms ? 
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Venu en 2011 du groupe Vinci, Pierre Worms, ci-dessus à l'intérieur du nouveau siège à Dole (Jura), prépare désormais sa succession chez FCC Entreprises. © Mathieu Noyer

Venu de Vinci Energies dont il assuré la direction Bourgogne-Franche-Comté de 2006 à 2010 (sociétés Coteb, L'Est électrique, EITE, Santerne, Actemium…)  Pierre Worms a rapidement imprimé sa marque à la Franc-Comtoise de Confort à partir de 2011. Il n’a pas tardé non plus à s’impliquer dans la vie professionnelle du département, devenant en 2018 président de la FFB (Fédération française du bâtiment) du Jura, un mandat assumé jusqu’en avril 2024. Il reste vice-président de la fédération départementale, auprès de son successeur Philippe Gouget (ALD Construction Bois).
L’appui sur les conseils extérieurs dans la conduite d’entreprise lui apparaît essentiel et il l’a mis lui-même en pratique : « pour ne pas s’isoler », il a entouré FCC d’un « comité stratégique » constitué d’entrepreneurs actifs ou retraités, du bâtiment et d’autres filières comme Eric Burnel (entreprise Perrin de menuiserie et agencement) et Antoine Gérard le patron du groupe bisontin IMI.
Arrivé à la soixantaine, Pierre Worms prépare aussi la succession de son propre groupe. Elle se façonne au sein du comité de direction. Aux côtés du président et de Christophe Hugonnet le patron de Cottier-Faivre, l’instance accueille les responsables de chacun des pôles, qui incarnent la nouvelle génération : Céline Fraichard pour les fonctions support, Vincent Guy pour le marché des professionnels, Pierre Jeannin pour celui des particuliers et Mickaël Garcia pour celui de la maintenance-SAV.

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