Le fabricant de vitrage en polycarbonate haute sécurité accélère à l’export avec en ligne de mire le marché nord-américain où il installe un volontaire international en entreprise (VIE) pour, d’ici deux ans, créer une filiale commerciale. Ces perspectives et l’étroitesse de ses locaux de Brunstatt lui font programmer un investissement de 4 millions d’euros d’investissement dans un nouveau site industriel, sans doute à Mulhouse.


Au terme de sa visite de l’usine Plastrance le 25 mars dernier, le ministre du Commerce extérieur Franck Riester a salué « l’audace d’aller à l’international » de la PME de Brunstatt, près de Mulhouse (Haut-Rhin). Spécialisée dans la transformation thermoplastique, et surtout dans la production de vitrages en polycarbonate (80% de sa production), Plastrance réalise 60% de son chiffre d’affaires hors de France dans 18 pays, principalement en Finlande, République Tchèque, Allemagne et Roumanie.
Elle souhaite désormais se développer sur le marché nord américain : Etats-Unis et Canada. Le 2 avril, un jeune embauché en mission de Volontariat International en Entreprise (VIE) partira à Boston. L’objectif d’ici un an et demi à ou deux ans est de créer une filiale commerciale aux Etats-Unis.

 

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Pourquoi ce marché lointain ? « Il y a un potentiel énorme et un plan de relance conséquent : 3.000 milliards de dollars vont être injectés dans l’économie. Il y aura beaucoup d’opportunités à saisir », analyse Laurent Fahrner, le PDG de Plastrance, même s’il reconnaît que l’accès au marché américain reste « compliqué », avec beaucoup d’obstacles à l’entrée. Certes l’entreprise a des concurrents outre-Atlantique, mais le dirigeant mise sur le savoir-faire de ses équipes et sur la technologie de ses produits. « En terme de résistance à l’abrasion, notre vitrage a une réelle avance », assure-t-il. Dans un premier temps, il cible le marché des cabines des engins agricoles et forestiers. Sur les douze premiers mois d’implantation aux Etats-Unis, le dirigeant s’est fixé l’objectif d’atteindre 500.000 € de chiffre d’affaires.

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Plastrance exporte 60% de sa production et souhaite encore développer l'export, en explorant le marché nord-américain. © Julie Giorgi


Plastrance a bénéficié du Chèque Relance VIE mis en place dans le cadre du plan France Relance. Et une aide de l’Etat de 5.000 €, que la Région Grand Est a abondé du même montant. L’entreprise finalise aussi un dossier avec Bpifrance pour obtenir une « assurance prospection accompagnement », une avance de trésorerie qui n’est remboursée par l’entreprise dans sa totalité qu’en cas de succès, à savoir un courant d’affaires.
La PME haut-rhinoise projette également de participer à une mission de prospection en Finlande et en Suède avec la Team France Export, cet été ou à l’automne, en fonction de la situation sanitaire. « Nous sommes déjà présents dans ces pays, mais nous souhaitons renforcer nos positions », explique Laurent Fahrner.



Une vingtaine d’embauches dans les trois prochaines années

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Laurent Fahrner, PDG de Plastrance ( à droite) présente au ministre du Commerce extérieur Franck Riester, ses vitrages en polycarbonate qui équipent les véhiucles des forces de l'ordre, des pompiers et de différents engins.
© Julie Giorgi

 

En 2020, Plastrance a réalisé un chiffre d’affaires en recul de 15% par rapport à 2019, soldé à 6 millions d’€. « Mais nous allons sans doute les rattraper en 2021. Nous n’avons pas perdu de marchés. Nos clients ont simplement décalé leurs commandes », analyse le dirigeant. La diversité de son portefeuille a aidé Plastrance à résister à la crise sanitaire.
Ses vitrages en polycarbonate haute sécurité (250 fois plus résistants que le verre feuilleté) se retrouvent sur les véhicules de gendarmerie, de police, de pompiers, les ambulances, sur les machines agricoles, forestières, minières, dans les domaine ferroviaire et aéronautique, et les machines spéciales. Les activités de sous-traitance pour les luminaires publics et les façades de machines représentent 20% de la production.

Pour Laurent Fahrner, le développement à l’export fait partie d’un objectif global de croissance. Le dirigeant projette d’investir 3 millions d’€ dans la construction d’un nouveau site industriel. Des négociations sont en cours pour l’achat d’un terrain au Parc des Collines à Mulhouse. Si elles aboutissent rapidement, le déménagement pourrait avoir lieu à l’été 2022.

 

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La PME se sent à l’étroit dans ses locaux de Brunstatt. Avec ce projet, elle pourrait passer de 2.300 à 3.000 m2 sur un terrain de 10.000 m2. Un investissement d’un million d’€ est également programmé pour moderniser l’outil de production vers plus de robotisation et de numérisation. Ce nouveau site industriel permettra aussi de relocaliser certaines activités sous-traitées à l’étranger, affirme le dirigeant.


Forte de tous ces projets, la PME de 33 salariés prévoit d’embaucher une vingtaine de collaborateurs dans les trois prochaines années. Depuis 2017, Plastrance fait partie du groupe Fahrner qui possède deux autres usines : à Niedermodern (Bas-Rhin), spécialisée dans l’usinage de matières plastiques, et à Aix-les-Bains (Savoie), spécialisée dans la chaudronnerie plastique.

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La future usine que le dirigeant de Plastrance espère installer au Parc des Collines à Mulhouse d'ici l'été 2022. © Julie Giorgi

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