Le pari de la relance de rencontres professionnelles, sur un thème relativement ciblé – le transport et la logistique – et à une échelle régionale, semble avoir été gagné avec le salon Euro Supply Chain, le 2 juin au Parc des expositions de Mulhouse (Haut-Rhin) avec 658 visiteurs. Tour d’horizon d’actualité de quelques-uns des 60 exposants.


Du monde (658 visiteurs très précisément comptabilisés), des exposants venus d’un peu partout agréablement surpris par l’affluence et la qualité des contacts : un bilan positif conclut la première édition du salon du transport et de la logistique Euro Supply Chain, tenue ce jeudi 2 juin au Parc des expositions de Mulhouse (Haut-Rhin). Le pari de la relance de rencontres professionnelles, sur un thème relativement ciblé et à une échelle régionale, semble avoir été gagné. « J’ai l’impression que nous avons visé juste avec ce maillon de la relation client-fournisseur qui manquait apparemment d’un tel rendez-vous », confiait hier « à chaud » Laurent Riche, vice-président pour le développement économique de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), partenaire du salon.


Tour d’horizon d’actualité de quelques-uns des 60 exposants.

 

• Le transporteur fluvial Danser prêt à lancer une péniche électrique entre Strasbourg et Saverne

 

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Guy Erat, directeur général de Danser France (à droite) et son collaborateur Julien Chapelle. © Mathieu Noyer

 
Porteur de longue date d’un projet de navette fluviale sur le canal à petit gabarit de la Marne au Rhin, entre Strasbourg et Dettwiller près de Saverne (Bas-Rhin), Danser France approche de son but. « Nous avons trouvé le transporteur routier, Saverne Transports, qui assurerait le pré-acheminement et le post-acheminement. Plusieurs industriels chargeurs ont validé leur intérêt et nous avons le feu vert du Port autonome de Strasbourg pour l’utilisation de ses matériels de manutention et de ses installations. », indique Guy Erat, directeur général.
Le projet prend une dimension environnementale encore supérieure, puisqu’au lieu d’une propulsion classique au diesel, se dessine une solution de péniche électrique. Celle-ci reste dépendante en partie du coup de pouce financier que les collectivités locales seront disposées à apporter pour la déployer à des coûts comparables à une méthode classique. Si elle se concrétise dans les prochains mois comme l’espère Danser France, la navette « évitera la circulation de 8.000 à 10.000 camions par an », plaide Guy Erat.
Transporteur fluvial hollandais repris ce printemps par le fonds d’investissement Blue Ocean Capital, Danser opère en France avec 20 salariés sur le Rhin et dans le Nord de la France, par la voie d’eau et aussi par le ferroviaire et la route. La filiale hexagonale a transporté l’an dernier 110.000 EVP (équivalent vingt-pieds, l’unité de mesure internationale) de conteneurs. M.Noyer.

 

PVFmars

 

• L’alsacien Embalsace fait cadeau de ses bois superflus

 

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Delphine Hengy, présidente de Embalsace et Philippe Centlivre, responsable du site de Cernay (Haut-Rhin). © Mathieu Noyer


Spécialiste des emballages en bois de produits industriels basé à Cernay (Haut-Rhin), Embalsace a trouvé une autre destination que la benne pour ses « chutes », les quantités non consommées de matière lors de sa transformation. Depuis bientôt deux ans, il les recycle en produits artisanaux : petites tables, sous-plats, porte-bouteilles, caissons, etc. Il propose ceux-ci principalement à ses clients professionnels, qui peuvent eux-mêmes les offrir en cadeaux d’entreprise par exemple.
« Ces produits peuvent être dimensionnés en fonction de leur volonté », complète Philippe Centlivre, responsable du site. La PME estime ainsi apporter sa contribution au développement de l’économie circulaire, pour des quantités certes marginales. « On reste dans de la série limitée car le but, ce n’est pas de multiplier les volumes de chutes », ajoute le responsable. Embalsace est notamment experte du conditionnement de produits lourds. Le groupe familial qu’elle constitue avec d’autres sociétés sous la présidence de Delphine Hengy emploie 70 salariés et a réalisé 9 millions d’€ de chiffre d’affaires l’an dernier. M.Noyer.

 

Les chariots de l’alsacien Wanzl ne circulent pas que dans les hypermarchés

Moins célèbre que son éternel concurrent Caddie, le groupe allemand Wanzl n’en constitue pas moins l’acteur majeur en Europe de la fabrication de chariots pour la grande distribution. Mais il ne se limite pas à son débouché, d’autant que celui-ci tend à décliner : il s’est également orienté vers des chariots de rangement pour l’industrie et surtout pour l’e-commerce, ce qui explique sa présence comme exposant à Euro Suppy Chain. Sa filiale française Wanzl SAS, localisée à Sélestat (Bas-Rhin), a arrêté la fabrication en 2019, dans le contexte de baisse de son marché historique et a ramené à cette occasion ses effectifs à 50 salariés contre 130.
Elle continue à assurer de l’assemblage, dont les produits pour industriels, et fait de Sélestat une base logistique de préparation de commandes. « L’offre pour professionnels capitalise sur notre savoir-faire dans les fils et les tubes métalliques. Elle se décline en un millier de versions, de dimensions donc très diverses, et représente près de 10 % du chiffre d’affaires France », relève Nicolas Ruhlmann, directeur des ventes de Wanzl SAS. M.Noyer.

 

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• Spécialiste des matières dangereuses, TYM by Dupessey investit dans la sécurité

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Lionel Joubert, directeur de TYM by Dupessey à Illzach, près de Mulhouse. © Mathieu Noyer


La sécurité avant tout, c’est ce qu’a motivé les derniers investissements de TYM by Dupessey à Illzach, près de Mulhouse. Ce n’est pas un hasard. La filiale du groupe familial Dupessey&Co dont le siège se situe à Rumilly en Haute-Savoie, est spécialisée dans le transport et l’entreposage des matières dangereuses. Elle vient d’achever l’équipement des 20.000 m2 de son site de Hombourg (Haut-Rhin), en moyens d’extinction d’incendie très performants, « d’un niveau peu commun dans les entrepôts », commente Lionel Joubert, directeur du site de Mulhouse, qui lui a valu la certification SQAS (Safety and Quality Assissent System) garantissant une parfaite sécurité des opérations, dans le respect de l’environnement et de la santé des salariés. Cet entrepôt nouvellement doté de 90 caméras est classé Seveso seuil haut, ce qui signifie qu’il peut accueillir de grandes quantités de produits inflammables ou toxiques.
TYM by Dupessey Mulhouse (100 salariés, une trentaine d’intérimaires et un parc de 49 poids-lourds) dispose aussi de 5.000 m2 d’entrepôts classés Seveso seuil bas, à Illzach. La préoccupation du moment de son directeur est la tension sur les embauches, nonobstant la politique salariale du groupe, estime t-il, qui consacre 25% du résultat annuel dans l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs et des opérateurs logistiques. C. Perruchot

 


• Jung Logistique renforce sa capacité de stockage de 24.000 m2 pour 15 millions d’€

 

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 François-Xavier Szczebara, directeur général logistique du groupe Jung Logistique. © Mathieu Noyer


Parvenu en 5 années à un chiffre d’affaires de 82 millions d’€ en 2021 avec 600 salariés par croissances externe et organique, le groupe Jung Logistique à Sélestat (Haut-Rhin) renforce le maillage de sa terre d’origine, l’Alsace. « Nous disposons d’entrepôts tous les 20 km d’une surface de 12.000 à 40.000 m2, c’est moins compliqué à gérer qu’un seul site de grande taille et offre une proximité avec les clients », explique Michel Walter, directeur général. Les 200.000 m2 répartis en onze entrepôts (auquels s’ajoute un site de 40.000 m2 à Douai, dans le nord de la France dédiés à un brasseur) vont encore s’étendre.
Les deux sites de Dambach-la-Ville, de 20.000 m2 chacun, sont agrandis pour offrir une capacité de stockage supplémentaire de 24.000 m2. L’investissement de 15 millions d’€ sera opérationnel début 2023. « Ces entrepôts avec celui de Sélestat, berceau de l’entreprise, seront la vitrine de tous nos métiers, d’où le nom de baptême de Campus Logistique : de la basique réception de palettes au e-commerce, en passant par le picking au colis, à la pièce, la préparation de kits de plusieurs références et la livraison en flux synchrone des lignes d’assemblage de l’industrie automobile… »
L’ambition du dirigeant Christophe Jung, le fils du fondateur, est d’atteindre d’ici à 2-3 ans, un chiffre d’affaires de 120 millions d’€ avec 800 salariés, la dimension qu’il considère nécessaire pour être « visible des gros industriels. » L’entreprise va aussi poursuivre le chantier de la digitalisation afin d’optimiser le suivi des livraisons. « Notre métier ne consiste plus seulement à déplacer des palettes, nous sommes devenus des fournisseurs de flux d’information, car aujourd’hui le client veut savoir à tout instant où se trouve sa marchandise »,  complète François-Xavier Szczebara, directeur général logistique. C. Perruchot

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