Le constructeur automobile cède une parcelle de 21 hectares qui ne lui est plus utile sur la vaste emprise de son usine alsacienne. L’acquéreur, le Belge VGP, compte les réaffecter en une zone d'activités à dominante industrielle à partir de 2025. Une offre bienvenue alors que le foncier économique devient rare, qui résulte d'un scénario aux analogies nombreuses avec celui de Sochaux, le dossier « PSA Sud ».
Dans une Alsace en manque de foncier pour son développement économique, une opportunité s’ouvre. Et pas n’importe où. L’usine automobile Stellantis de Mulhouse (Haut-Rhin), poumon économique de la région, se déleste de 21 hectares de sa vaste emprise, au titre de la stratégie du constructeur de « compactage » de ses sites, à savoir leur concentration sur des surfaces plus limitées.
Le terrain concerné abrite aujourd'hui une partie du parking des voitures neuves. Il est cédé à un promoteur belge d’immobilier d’entreprise, VGP, afin que celui-ci y développe un parc d’activités de 100.000 m2. La vente a été annoncée ce 30 janvier, sans dévoiler son montant. Elle doit déboucher sur le lancement de la construction des bâtiments début 2025. « La commercialisation pourra viser des activités liées à l’automobile… ou non. La localisation n’est pas directement liée à la proximité des lignes de montage de Stellantis », souligne un porte-parole de VGP. La direction de l’usine automobile confirme, tout autant, que « ce parc a vocation à vivre de façon autonome. »
Le champ des possibles étant ainsi très ouvert, quelles implantations privilégier ? Tout en soulignant la liberté d’initiative de l’acteur privé, Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) a son idée sur la question. « Nous souhaitons prioritairement l’implantation d’activités manufacturières, dans l’industrie dans toutes ses facettes possibles », expose Laurent Riche, vice-président de la communauté d’agglomération pour le développement économique. Pour autant, si les candidats ont rapport avec Stellantis, ils seront accueillis les bras ouverts. « Tout ce qui peut conforter l’écosystème autour de l’usine de Mulhouse est positif. Mais clairement, une telle parcelle n'est pas adaptée à l'accueil d'un projet de batteries », rappelle Laurent Riche.
De l’industrie donc, « voire » de la logistique, mais en second choix, poursuit l’élu. « Cette zone n’a pas non plus vocation à héberger des grandes plateformes. Si logistique il y a, ce serait celle liée à des activités de production. » Le terrain vendu était identifié de longue date comme une surface sans utilité pour le constructeur, et reconvertible. Les collectivités avaient songé à se constituer en société d’économie mixte pour le racheter, avant de laisser Stellantis œuvrer de lui-même et de « jouer, pour notre part, un rôle de facilitatrices », selon Laurent Riche.
Deuxième vente après Soprema
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Il ne représente, en soi, qu’une petite partie des 300 hectares du site automobile. Mais il s’inscrit dans un mouvement qui ne va pas s’arrêter. Celui-ci se concrétise déjà par ailleurs au nord par la vente de 12 hectares sur lesquels Soprema va bâtir son usine d’isolants en mousse polyurtéhane. Pierre-Etienne Bindschedler, le président du groupe strasbourgeois de couverture et étanchéité en a détaillé les caractéristiques il y a quelques jours au quotidien économique Les Echos : 50 millions d’€ d’investissements et la création de 70 à 80 emplois, pour une ouverture au début de 2026.
Deux autres parcelles de Stellantis Mulhouse, à l’ouest au sud-ouest près du canal du Rhône-au-Rhin ont également vocation à changer de mains, la première faisant l’objet de négociations bien que le constructeur assure, officiellement, qu’il n’y ait rien dans les cartons à ce stade.
42 hectares à Sochaux

Le scénario mulhousien présente de nombreuses analogies avec celui de Sochaux. Dans l’usine historique du groupe aussi, le constructeur libère 42 hectares constitutifs du secteur « PSA Sud ». Le montage associe public et privé, selon un mode opératoire bien ancré en Franche-Comté. Pays de Montbéliard Agglomération a délégué à la société publique locale Territoire 25, désignée concessionnaire, la négociation du rachat auprès du groupe en plusieurs tranches, en vue de la revente à opérateur immobilier.
Ce processus aboutit déjà à la prise en propriété de près de 30 hectares, en deux temps, par la société BT-Immo, dans l’intention de développer 135.000 m2, d’industrie (75.000 m2) et de logistique liée à celle-ci (60.000 m2). Soit le profil que s’apprête à dessiner le terrain ex-Stellantis et désormais VGP à Mulhouse.
Un acteur récent en France, peu connu de ce fait, mais déjà pas négligeable. Ainsi se présente VGP. Ce promoteur, investisseur et gestionnaire d’immobilier d’entreprise, à l’actionnariat familial, se développe en Europe depuis la Belgique. Il cumule la propriété de 2,2 milliards d’€ de valeur nette d’actifs : des bâtiments industriels et logistiques avant tout, situés dans 17 pays. « Nos places fortes actuelles se situent en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Autriche et en Europe plus orientale. Mais la France devient un marché stratégique, qui est investi depuis deux ans », souligne son porte-parole.
VGP n’a pas traîné dans l’Hexagone. Il indique y posséder désormais 73 hectares lui donnant la capacité de construire 350.000 m2 de bâtiments. Stellantis en constitue un tremplin : outre Mulhouse, VGP a contracté avec le constructeur, fin 2023, pour l’acquisition de 19 hectares de son site de recherche et développement de Vélizy-Villacoublay en région parisienne, avec l’intention d’y construire 80.000 m2.



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