Ce qui faut retenir de l’actualité économique en Franche-Comté : Berceau de PSA, le site d’Hérimoncourt risque de fermer au profit de Vesoul. Le papetier Gemdoubs se convertit à l’énergie verte. Une usine de batteries électriques dans le pays de Montbéliard ? Une rentrée en février pour l’École de production de Besançon. La société informatique PICA dans le giron de Ténor. Très bel exercice 2018 du Franc-comtois Delfingen. L’automobile sauve l’année 2018 du groupe Lisi. Abéo réorganise sa gouvernance avant les JO de Tokyo. Ÿnsect lève 125 millions d’€.

• Le berceau de PSA à Hérimoncourt en sursis

Samedi 23 février, la commune d’Hérimoncourt, dans le Pays de Montbéliard, était déclarée « ville morte ». Les commerçants avaient fermé boutique le temps de la manifestation organisée à l’appel des syndicats de l’usine PSA, du maire Marie-France Bottarlini-Caputo et des élus locaux.
Le constructeur automobile avait annoncé début février aux représentants du personnel le transfert à Vesoul (Haute-Saône) des pièces de rechange, la principale activité de ce site voisin de Sochaux, qui emploie 204 salariés. Comme celui-ci a déjà perdu ces dernières années les moteurs de petite série, la mesure va le vider de sa substance. Pour les syndicats et les élus, sa fermeture est inéluctable, alors que PSA assure rechercher une activité de substitution d’ici à l’échéance fixée à une année.
Très critiquée sur le fond et la forme (pas de signaux avant-coureurs, pas d’information en amont aux élus locaux), la décision répond à une logique industrielle, plaide PSA. L’actuel circuit des pièces de rechange est inutilement complexe, expose le constructeur : elles arrivent de partout à Vesoul, le centre mondial de pièces détachées du groupe, pour repartir à Hérimoncourt afin d’être triées et rénovées, puis revenir à Vesoul pour leur expédition. En outre, Hérimoncourt n’a pas les surfaces disponibles pour permettre le fort accroissement d’activité visé par PSA  - la tripler dans le contexte du développement du réemploi de pièces automobiles -  au contraire de Vesoul qui a des espaces vides.
C’est d’ailleurs un facteur de fragilisation du site haut-sâonois, qui a dû signer un accord de renoncement aux 35 heures l’an dernier pour garantir sa pérennité. Sur place, ses représentants syndicaux se réjouissent de la décision, mais à demi-voix. PSA promet le reclassement de tous les salariés d’Hérimoncourt, à Vesoul ou à Sochaux selon les vœux.
Les élus locaux ont écrit au patron de PSA Carlos Tavarès pour lui demander de revenir sur la décision et d’organiser une table ronde pour envisager un montage alternatif qui sauverait Hérimoncourt. M.N.

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Emmanuelle Wargon, ministre de la Transition Énergétique et Eric Scotto, président de Akuo Energy, lors de l’inauguration de la centrale de cogénération biomasse de la papeterie Gemdoubs à Novillars. @Akuo

• Gemdoubs, ex papeterie de Novillars inaugure la centrale biomasse qu’elle attendait depuis dix ans

La centrale de cogénération biomasse inaugurée officiellement le 15 février dernier par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État à la Transition écologique, après deux ans de travaux, était dans les cartons de la papeterie de Novillars depuis 10 ans.
L’équipement doté d’une capacité de 20 mégawatts et d’une puissance thermique de 63 MWth (mégawatts thermiques), retenu dans un appel à projets gouvernemental en 2010, constituait un préalable à la rentabilité de l’entreprise qui utilisait jusqu’alors du gaz : c’est d’ailleurs ce qui avait fini de convaincre l’industriel du papier libanais Fady Gemayel de la reprendre, en 2012, alors placée en liquidation judiciaire.
En jeu : la sécurisation du coût de l’énergie dans ce type d’outil industriel très énergivore. La reprise fut effective en juillet 2013 et la papeterie, rebaptisée Gemdoubs, put redémarrer. Complexe, le montage financier de ce projet à 87 millions d’€ fut bouclé en octobre 2016.
La vapeur produite par la chaudière alimentée par du bois local (bois de chauffage et rémanents de l’exploitation forestière) couvre la totalité des besoins en énergie du process de transformation de vieux papiers en papier recyclé pour l'emballage, en carton ondulé principalement, et une partie est transformée en électricité revendue à EDF, pour l’équivalent de la consommation de 47.000 foyers.
Evoqué depuis le début du projet et porté par la commune de Novillars, puis par le Grand Besançon, le projet de réseau de chaleur local que la centrale pourrait par ailleurs alimenter est toujours à l’ordre du jour. Selon Akuo Energy, l’actionnaire majoritaire de CBN (Centrale biomasse de Novillars), la société d’exploitation de la centrale dont Gemdoubs détient 10%, des réunions techniques sont programmées début mars. M.C.

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Une usine de batteries électriques dans le Pays de Montbéliard ?

Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté se dit prête à accompagner la création d’une usine de batteries électriques pour l’automobile. « L’implantation idéale serait la zone de 50 hectares que PSA va libérer à Sochaux, dans le Pays de Montbéliard, et qui dispose d’une desserte rail, route et fluviale, ainsi que de bâtiments industriels adaptés », écrit t-elle dans un communiqué.
Mi-février, Emmanuel Macron avait annoncé que l’État français mobiliserait 700 millions d’€ sur 5 ans pour créer une filière européenne de fabrication de batteries que les constructeurs automobile européens importent d’Asie. Les collectivités locales sont invitées à ajouter leur propre soutien financier.

« Implanter cette activité dans l’agglomération de Montbéliard a évidemment du sens puisque les sites PSA de Sochaux et de Mulhouse concentrent plus de la moitié de la production automobile française », commente la présidente de la Région. C.P.


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• Une rentrée en février pour l’École de production de Besançon

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L’École de Production de Besançon dispose de 700 m2 d’ateliers. © Traces Écrites.

Comme un premier pas vers un système de rentrée permanente, l’École de production de Besançon a accueilli 8 nouveaux jeunes de 15 à 18 ans le 15 février dernier, en plein milieu d’année scolaire. Les métiers de l’industrie ayant besoin de bras et certains jeunes, de se réorienter en cours d’année, ce dispositif de rentrée est destiné à les faire rebondir rapidement vers des métiers en tension. Les huit petits nouveaux vont ainsi préparer une formation diplômante sans attendre septembre.
L’École de production de Besançon est l’une des 40 écoles de production en France, dont une autre en Bourgogne-Franche-Comté, à Chalon-sur-Saône. Privée mais à but non lucratif, elle a été créée en 2017 sous l’impulsion de l’UIMM Franche-Comté afin de former des élèves décrocheurs du système scolaire. Cette école « de la deuxième chance  » prépare aux CAP « Conducteur d’installations de production » et bac pro « Technicien d’usinage », remplit un rôle aussi économique que social. M.C.

 

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• La société informatique PICA dans le giron de Ténor

L’intégrateur bisontin d’infrastructures informatique PICA (chiffre d’affaires de 3,5 millions d’€), également implanté à Dijon, est racheté par le groupe Ténor, situé dans la région parisienne. L’équipe fondatrice reste en place : Bernard Aubertin sera en charge de la direction des opérations, Raphael Villechaise poursuivra sa mission de directeur d’exploitation de la filiale Vendôme Solutions qui dispose un datacenter à Paris. 

« Nous cherchions un relais de croissance et à élargir notre offre de service. Le challenge pour PICA était clair, trouver un groupe à taille humaine pour accompagner son développement et qui devait être en capacité de compléter l’offre de service autour de notre expertise en solutions datacenter », déclarent-ils dans un communiqué. A moyen terme, PICA opérera sous la dénomination Coronis, filiale du groupe Ténor pour les métiers de l’intégration des infrastructures IT et services associés. Le groupe Ténor (chiffre d’affaires de 20 millions €, 130 salariés) envisage d’autres de croissances externes, notamment à l’international. C.P.

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• Très bel exercice 2018 du Franc-comtois Delfingen

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© Delfingen.

Le groupe industriel coté de la famille Streit, dont le siège social est à Anteuil (Doubs) performe sur son dernier exercice 2018. Rien qu’en la croissance organique, Delfingen progresse de 9,6%, affichant un chiffre d’affaires de 214 millions d’€. C’est l’activité traditionnelle pour l’automobile (170,8 millions) qui donne ce très bon résultat, car à taux de change constant, la croissance s’établit à 11,4%, alors que le marché de l’automobile enregistre l’an dernier un léger retrait de 1%.
Si les ventes des protections de réseaux embarqués augmente de 5,3%, celles des tubes de fluides s’envolent de 54,5%. Au titre des mauvaises nouvelles, le coût des matières premières pénalise la marge brute. Delfingen reste toutefois très optimiste, indiquant par communiqué que : « les contraintes de sécurité, le développement des motorisations hybrides et électriques, ainsi que l’apparition des voitures connectées et autonomes, font du câblage électrique le véritable système nerveux du véhicule. » D.H.

• L’automobile sauve l’année 2018 du groupe Lisi

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© Traces Ecrites.

Le groupe de Grandvillars (Territoire de Belfort), coté à la bourse de Paris, réalise en 2018 un chiffre d’affaires en progression de seulement 0,1% à 1,645 milliards d’€, avec un excédent brut d’exploitation en baisse de 12% et un résultat opérationnel courant en retrait de près de 21%. En termes de ventes, si celles de la division composants pour l’aérospatiale baissent de 7 millions, tout comme celles du médical, l’activité automobile de Lisi se porte plutôt bien (+15% à 581,1 millions).

L’acquisition des sociétés américaines Termax en 2017 et de Hi-Vol Products l’explique en grande partie car elles renforcent les parts de marché de l’industriel franc-comtois dans les solutions clippées et les composants mécaniques de sécurités. Comme pour sa consœur Delfingen, la hausse du coût des matières premières et les nouvelles normes en vigueur pour l’homologation des véhicules pénalisent la performance globale. Lisi demeure un groupe très solide avec une capacité d’autofinancement de 195 millions d’€ et un excédent de trésorerie de 57,3 millions. L’investissement industriel net dépasse sur l’exercice les 131 millions. D.H.


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Abéo réorganise sa gouvernance et vise les JO de Tokyo


abeoJacques Janssen, le directeur général délégué du groupe Abéo dont le siège est à Rioz (Haute-Saône), a annoncé qu’il quitterait ses fonctions fin mars 2019 pour « se consacrer à des projets personnels », indique l’entreprise dans un communiqué.
Pour le remplacer, Jean Ferrier (photo ci-contre), directeur administratif et financier depuis 2017, sera nommé directeur général adjoint tandis qu’Olivier Estèves, PDG et fondateur du petit groupe qui monte, reprendra la supervision opérationnelle de la division sport en plus de ses précédentes fonctions.

Pour la petite histoire, Jacques Janssen avait pris ses fonctions en 2015, lorsqu’Abéo avait finalement racheté le groupe hollandais Janssen-Fritsen avec lequel il venait de s’associer pour remporter le marché des JO de Rio.
Abéo, qui poursuit une stratégie de croissance tous azimuts (chiffre d’affaires de 187,9 million d’€ au 31 mars 2018, le prochain sera publié le 20 mai 2019 avant bourse), vient par ailleurs de remporter le marché des équipements gymniques des Jeux de Tokyo 2024 en s’associant, cette fois, à son concurrent japonais Senoh. Le consortium lui réussit plutôt bien. M.C.


• Ÿnsect lève 125 millions d’€


L’entreprise d’élevage d’insectes pour la production de protéines destinées à l’alimentation animale et d’engrais organiques lève 125 millions d’€ pour développer un modèle industriel. Son usine prototype avait été installée en 2016 à Dole mais la cité jurassienne n’a pas été choisie pour l’unité de production d’une capacité de 20.000 tonnes de protéines par an. Elle s’installera à Poulainville, près d’Amiens.
Cette seconde levée de fonds en 7 ans est menée par Astanor Ventures et appuyée par plusieurs fonds d’investissement dont Bpifrance (à travers les fonds Ecotechnologies et Large Venture), Talis Capital, IdInvest Partners, Finasucre et Compagnie du Bois Sauvage (Belgique), la plupart actionnaires historiques. Ÿnsect déclare disposer déjà d’un carnet de commandes de 70 millions de dollars sur les 4 prochaines années. C.P.

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