Les vénérables locaux chargés d’histoire, situés le long du Doubs, près de Besançon.
Les vénérables locaux chargés d’histoire, situés le long du Doubs, près de Besançon.

ENERGIE. Depuis sa reprise par des industriels libanais, en septembre 2013, la Papeterie du Doubs repart de l’avant à Novillars.

Rebaptisée Gemdoubs, l'usine de production de papier pour carton ondulé, gourmande en énergie, relance un vieux projet de cogénération biomasse.

Utilisée pour ses propres besoins, la production de vapeur alimentera aussi un réseau de chaleur communal. L'électricité, co-produite par l'installation, sera quant à elle revendue à EDF.

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La Papeterie du Doubs repart de l’avant à Novillars. Maintenue en survie par des salariés bénévoles qui ont fait tourner les machines au minimum nécessaire pendant les 16 mois de liquidation, puis sauvée par l’arrivée des frères Gemayel - des industriels libanais -, ses clignotants sont plutôt au vert depuis sa reprise effective d’activité le 2 septembre dernier.

« Nous avons atteint en mai un record historique de production de 275 tonnes/jour, nous sommes sur la base visée de 80 000 tonnes annuelles », souligne Gérard Lasserre, directeur du site.

« Le passage en cinq équipes s’est opéré avec deux mois d’avance si bien que nous travaillons en continu, et nous avons atteint le point d’équilibre un mois avant l’échéance prévisionnelle », ajoute t-il.

L’usine proche de Besançon produit essentiellement du papier pour carton ondulé d’emballages alimentaires et industriels.

Succédant au groupe cartonnier français Otor, puis au belge Soenen dont la gestion reste en travers de la gorge des salariés, les Gemayel ont donné son nouveau nom à l’entreprise : Gemdoubs.

Et surtout son oxygène financier, avec un apport de plus de 3 millions d’€ en trésorerie et investissements matériels. Les collectivités locales ont également apporté leur soutien à la reprise.

La papeterie adapte son process pour accueillir de nouvelles familles de papiers récupérés.
La papeterie adapte son process pour accueillir de nouvelles familles de papiers récupérés.

190 000 tonnes annuelles de déchets bois

Deux investissements se profilent à l’horizon. Dès août, le premier (montant non communiqué) adapte le process de façon à diversifier les sources d’approvisionnement en vieux papiers et cartons.

Pour un résultat final de même qualité, il permettra de transformer de la matière moins noble, donc moins chère à l’achat : la récupération d’emballages commerciaux usagés viendra s’ajouter à celle de cartons ondulés et d’emballages ménagers, collectés dans un rayon principal de 100 km.

Le second est le plus lourd : la cogénération biomasse tant attendue devrait voir le jour fin 2015 ou début 2016, au terme de 65 millions d’€ de travaux.

La papeterie pourra ainsi utiliser 190 000 tonnes annuelles de déchets bois (branches de forêt, chutes de scieries, vieux bois…) pour en dégager 16 mégawatts de vapeur et autant d’électricité, revendue pendant 20 ans à EDF.

25 emplois directs

La consommation externe d’énergie chaleur en sera fortement réduite. « Cela nous donne de l’oxygène pour vingt ans », souligne Gérard Lasserre.

La papeterie pourra de surcroît alimenter un réseau de chaleur vers l’hôpital de Novillars, l’école, la mairie et des logements collectifs. La maîtrise d’ouvrage est assurée par Nerea, une société du groupe énergétique français Akuo.

Le projet créera 25 emplois directs. Le site remontera alors à un effectif supérieur aux 70 salariés licenciés au moment de la liquidation au printemps 2012.

Pour l’heure, il compte 60 personnes, moitié d’anciens, moitié de nouvelles recrues longuement formées sur place, par trois contremaîtres et aussi par l’ancien directeur technique sorti de sa retraite pour l’occasion.

Gérard Lasserre, directeur de la Papeterie de Novillars.
Gérard Lasserre, directeur de la Papeterie de Novillars.

Gérard Lasserre avait lui aussi repris du service pour aider à sauver l’entreprise. La Papeterie du Doubs, c’est une affaire de solidarité.

(*) En 2008, Poweo annonçait qu'il allait construire à l'horizon 2010, sur le site de la papeterie, une unité de production d'électricité et de chaleur alimentée à partir de ressource forestière.

Un investissement de 48 millions d'€ qui devait générer une quinzaine d'emplois. Il a été contrarié par les difficultés du groupe Otor, alors propriétaire. Le projet faisait partie de l'appel à projets Biomasse 2006.

L'actuel projet s'inscrit dans l’appel d'offres CRE 4 (Commission de Régulation de l'Energie) lancé par le ministère en charge de l’énergie en 2011 qui vise la production d’électricité à partir de biomasse. Il a reçu l'approbation du Préfet du département du Doubs le 28 mars 2014.

Photos : Christian Robischon.

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