L’ensemble de sociétés de conception, développement et réalisation de bâtiments en immobilier d’entreprise approche de la livraison de son nouveau siège à Quetigny (Côte-d’Or). Il en fait un laboratoire de ses savoir-faire aux divers stades de l’acte de construire, en axant sur un point fort, la préfabrication bois, et une originalité : le recyclage de textiles en isolants. L'immeuble dénommé « Bloom » va éclore en fin d’année. Guiton entend que ses principes essaiment dans les différents projets d’un groupe en expansion.

 

Le démonstrateur de Guiton prend forme bien concrète. La construction du nouveau siège du groupe familial dijonnais de conception et réalisations en immobilier d’entreprise atteint désormais un stade suffisamment avancé, au niveau de ses façades extérieures, pour que ses dirigeants invitent à confronter à la réalité les nombreuses et belles promesses contenues dans son dessin. Tel était le sens de la cérémonie organisée ce 20 juin sur site, le long du boulevard de l'Europe à Quetigny (Côte-d’Or), pour une soixantaine d'invités.

« Bloom » a donc commencé à éclore. Guiton a baptisé de la sorte les 1.100 m2 pour lequel il investit 3,5 millions d’euros jusqu’à la livraison, attendue en fin d’année. Le nom évoque phonétiquement le mot fleur en anglais, et graphiquement, le bond en avant que doit enclencher l'immeuble. Ses deux étages accueilleront l’effectif ou la quasi-totalité de l’effectif du groupe d’aujourd’hui 45 salariés avec la perspective rapprochée d’atteindre les 50.

 

preventalis

Le rez-de-chaussée sera loué à des activités tertiaires. il préfigure la vocation du second bâtiment de 2.900 m2 en trois étages (coût de 8 millions d’euros) qui sera érigé sur la même parcelle, pour des occupants extérieurs. La commercialisation des surfaces, par la vente de cellules e 150 à 700 m2, déterminera le calendrier. « Nous visons le démarrage des travaux début 2026 », indique Cyrille Guiton, le président du groupe et fondateur en 2012.

La durée de chantier, elle, ne doit pas laisser place à incertitude : elle est prévue sur 14 mois, comme « Bloom. » Egalement conçu par le cabinet d'architectes Archiducs avec les équipes internes de Guiton, le bâtiment, qui bouclera ainsi l’ensemble « Europa Fields », reproduira en effet fidèlement le mode constructif déjà mis en œuvre pour le nouveau siège. Le gain de temps est procuré avant tout par le recours à la préfabrication en bois. Pendant que la structure primaire en béton se confectionne sur place, celle en bois (façades en ossature et planchers en lamellé-croisé le CLT) est réalisé hors site, en atelier, chez l’entreprise MOB 21 à Arc-sur-Tille (Côte-d’Or). Elle atteint un degré particulièrement poussé, avec tout ou partie des finitions extérieures et intérieures intégrées. Résultat : « la pose des éléments bois s’est déroulée en neuf semaines seulement. Ce mode construction « hors site » nous fait gagner un mois et demi de délai au final », calcule Cyrille Guiton.

Approcher l’autonomie énergétique

Guiton prefa bois
Le projet repose sur la préfabrication en bois des façades et planchers. Le mode constructif génère un gain de temps d'un mois et demi pour ramener la durée totale de chantier à 14 mois. © Mathieu Noyer

 

Cette facette n’en est qu’une parmi cinq que Cyrille Guiton identifie dans ce projet,  comme « laboratoire à échelle réelle » des savoir-faire de l’ensemble de sociétés qu’il préside. L’ « efficacité énergétique » permet d’atteindre le standard 2025 de la règlementation environnementale (RE) 2020 et de contenir la consommation annuelle d’énergie primaire (chauffage-eau chaude sanitaire-refroidissement et ventilation-éclairage) à 77 kilowattsheures par mètre carré.

Le nouveau siège atteint même l’ « autosuffisance énergétique » : la production électrique, par 520 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture et sur les couvertures (ombrières) du parking, excédera de quelque 20 % la consommation. « Les temps de production ne se confondant pas avec ceux de consommation, nous devrons cependant encore acheter 25 % en extérieur, nous avons l’objectif de réduire cette dépendance de moitié », énonce Cyrille Guiton. Une gestion technique du bâtiment (GTB) bien poussée doit y contribuer, de même que l’appel à des compétences tierces, tel qu’il est prévu pour ce « monitoring » avec le campus ESTP de Dijon.

Quatrième caractéristique, la gestion de l’eau respectera le principe qui devient courant en ville mais reste plus émergent dans des zones d’activités en périphérie : l’infiltration intégrale sur place, « de sorte qu’aucune goutte qui tombe ne parte dans le réseau », résume le dirigeant. 

Une labellisation globale et en mode fonctionnement

Guiton associés
Fondateur du groupe en 2012, Cyrille Guiton (à gauche) est associé à Cyrille Godey, directeur commercial (à droite). © Mathieu Noyer

 

Reste le dispositif le plus original : une construction bas carbone. Rien en soi de révolutionnaire si Guiton s'en tenait au recours au bois, à un béton « bas carbone », à des isolants bio- ou écosourcés comme le coton ou la laine de bois ou encore à du PVC recyclé. Sa « marque d’identité », Europa Fields la tient d’une autre ressource : l’isolation résultera en partie du recyclage de vêtements. Un procédé, breveté, de l’entreprise Buitex est appliqué dans ce but pour remplir les parois intérieures des murs à ossature bois. Pour Cyrille Guiton, « c’est dans le textile que se situe l’urgence. Seul un quart des tonnages annuels jetés en France sont triés et recyclés. A notre niveau, limité, nous voulons contribuer à éviter que les vieux vêtements finissent en décharges en Afrique », déclare -t-il.

Cette démarche globale a été évaluée et validée : le projet reçoit la labellisation Bâtiments Durables Bourgogne-Franche-Comté (BDBFC), construite et mise en œuvre par l’association de professionnels régionaux Terragilis avec le soutien du conseil régional. Parmi diverses distinctions pour le projet, celle-ci revêt la plus grande signification pour le patron de Guiton. « Attribuée par des professionnels, elle couvre un spectre large, et surtout son évaluation, après celles au stade des études et de la livraison, se poursuit deux ans après la réception. Elle confronte vraiment à la réalité. Nous pourrons alors affirmer avec fiabilité notre mot d’ordre : nous faisons ce que nous disons. »

 

Cinq métiers articulés les uns aux autres 

Ce précepte « faire ce que l'on dit », le groupe Guiton s’assigne à l'appliquer à l’ensemble de ses activités, que son dirigeant et son associé Cyrille Godey ont structurés en cinq métiers et structures. Instaurée il y a trois ans à l’occasion du rachat de Visa Ingénierie, l’organisation du groupe est bien en place pour un moment. L’activité principale de contractant général, « au carnet de commandes satisfaisant en dépit de la conjoncture », est complétée de l’entité de maîtrise d’œuvre. Un département de gros œuvre peut intervenir en complément des entreprises extérieures prestataires, et le bureau d’études en efficacité énergétique et environnementale vient apporter cette dimension aux offres du groupe. Celles-ci comprennent, enfin, la promotion et le montage d'opérations, toujours en non-résidentiel, et en particulier pour l’industrie, « principalement » en Bourgogne-Franche-Comté, sans donc exclure d’œuvrer plus loin.
L’ensemble est tiré vers le haut aujourd’hui. Le chiffre d’affaires cumulé qui s’est situé à 20 millions d’euros l’an dernier est « taillé » pour atteindre 25 millions d’euros en 2025.

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