La société continue à cultiver son expertise du numérique au service avant tout des PME locales. Elle offre des possibilités d’hébergements de données accrues et amplifie ses actions de sensibilisation-formation face aux cyberattaques qui n’épargnent plus personne.


ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 18 MARS 2024.
Dans l’univers de l’hébergement de données peuplé de géants cachotiers, le Belfortain Trinaps détonne. Et c’est tant mieux. Pour le tissu économique local d’abord : cet acteur de petite taille par rapport aux standards de son secteur (32 salariés) affiche une dimension adaptée à la compréhension des besoins des PME et une proximité géographique appréciable pour eux.

Et pour les curieux avides d’information, au hasard les journalistes, sa transparence est bienvenue aussi. La société ouvre volontiers les portes de son data-center sur le site du Techn’Hom à Belfort. Et elle met du soin dans ce local. Certes, « Extendo » - le petit nom qui lui a été donné - ne prétendra pas au prix Pritzker, le Nobel de l’architecture. Mais son hall d’accueil a été aménagé de façon lumineuse et il est égayé d’une fresque artistique, incarnant l’esprit d’ouverture de l’équipe fondée en 2007.

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Ce data-center grandit. Il double de capacité en ce début 2024, en passant de 18 à 36 baies.
« Ce qui compte surtout, c’est la capacité que chaque client met lui-même, une information qui lui appartient, et que nous ne pouvons donc mesurer. Mais potentiellement, l’expansion peut donc encore atteindre une ampleur supérieure », souligne Fabien Hazebroucq, associé et directeur des fonctions support. Pour Trinaps lui-même, ce sont « quelques centaines de milliers d’euros » qui sont injectés dans ce développement.

Celui-ci s’opère au sein de la cellule de 700 m2 qui accueille le data-center depuis 2019. Mais la demande amène l’expert numérique belfortain à envisager de remplir les 1.000 m2 voisins qui lui sont réservés dans le même local, à l’horizon de deux à quatre ans. Entre temps, « nous avons également la place pour accueillir les serveurs dédiés de clients, de façon privative. La demande commence à s’exprimer en ce sens », souligne Fabien Hazebroucq.

 

Certifié hébergeur de données de santé

trinaps data center
Gauthier Douchet (à gauche) et Fabien Hazebroucq, les dirigeants de Trinaps, devant la fresque évocatrice du monde digital qui habille l'entrée du local du data-center à Belfort. © Mathieu Noyer


Ces capacités - dupliquées en redondance par ailleurs, et dans plusieurs endroits, pour des questions de sécurité - incarnent l’entrée résolue et réussie de la société belfortaine dans l’univers du cloud. « Nos certifications Iso 27001 (systèmes de gestion de l'information) et HDS (hébergeur de données de santé) obtenues depuis deux ans renforcent notre légitimité », précise le dirigeant. Elles consacrent l’évolution de la PME qui a su suivre, voire anticiper, celle du monde des télécommunications dont elle est issue. Le temps semble lointain où l’on installait Internet et la Wifi et pourtant, il a fondé le développement de Trinaps, dont l’offre de base continue de reposer sur les solutions de téléphonie et d’Internet.

La cybersécurité a ensuite pris une place croissante dans l'activité, jusqu'à devenir prégnante aujourd’hui. « Les TPE et PME ne peuvent plus se dire qu’elles vont passer entre les mailles du filet, car dans ce domaine, les malveillants opèrent la pêche au chalut, celle qui ramasse tout. La question pour elles n’est plus si - je vais être exposé aux cyberattaques - mais quand », prévient Fabien Hazebroucq.

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Mais la prise de conscience est bien réelle au sein du tissu économique environnant, se réjouit-il. Elle permet à Trinaps de rencontrer un fort écho à son offre de cybersécurité, qui comprend une composante technique, « et plus encore celle de la sensibilisation et de la formation. La plupart des expositions aux risques viennent de manipulations humaines malencontreusess, à commencer par le fichier ou le lien das le mail qu’il ne fallait pas ouvrir », poursuit le dirigeant.

Ces différents contextes génèrent de la croissance. L’entreprise a atteint un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2023, stable sur un an : elle a souhaité se réorganiser, « vers plus de spécialités dédiées à partir de la polyvalence de départ des effectifs » et ainsi se mettre en ordre de marche pour reprendre sa marche en avant : elle faisait valoir, avant l’an dernier, une progression annuelle de 15 à 20 %.

Au niveau des emplois, Trinaps veut également croître. Elle ouvre deux postes à recrutement en ce moment : un technicien support et production, et un pilote (régisseur) dans l’événementiel. Ce secteur, qui consiste à équiper soit les salles d’accueil (festivals de musiques, foires…) soit l’événement lui-même, connaît un essor chez Trinaps. Prestataire par exemple de longue date des Eurockéennes de Belfort, la société a également décroché, depuis l'an dernier, le marché du parc des expositions de Colmar (Haut-Rhin) avec sa célèbre Foire aux vins.

 

Sur le chemin de l'autoroute numérique 

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Trinaps a développé une activité d'équipement numérique pour les événements, dont les Eurockéennes de Belfort. © Trinaps


De plus, elle est partie prenante d’un autre projet précieux pour le développement économique local, l’autoroute numérique Montbéliard-Strasbourg, artère de fibre optique à très haut débit que mettent en place des opérateurs locaux : outre Trinaps, le Bisontin Netalis qui pilote le projet, et l’Alsacien Vialis. Les 200 km à équiper poursuivent leur chemin : « Nous en sommes à environ un tiers du déploiement et nous accélérons dans le but de bien respecter l’objectif d’une mise en place complète dès mai prochain », énonce Gauthier Douchet, président de Trinaps. Là encore, conformément au positionnement de la PME nord-franc-comtoise, cette solution se veut « fiable » et « maîtrisée en local », donc avec un dépannage promis réactif et attentionné en cas de besoin de rétablissement en urgence.

Ses réussites amènent Trinaps à chercher aussi un développement de clientèle bien au-delà du Nord Franche-Comté, à une échelle Nord-Est. Elle compte d’ailleurs une agence à Besançon (dans l’immeuble Signal voisin de la gare TGV de périphérie) et une autre à Mulhouse dans le bâtiment Km0. Mais tout en prenant le large, elle veut veiller à garder cet atout de proximité et de « chair humaine » dans la relation. 

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