A l'heure où la pause d'été est entamée, et attendant de nous retrouver pour de nouvelles informations à partir de la fin août, nous vous proposons le retour sur quelques actualités marquantes des dernières semaines et derniers mois que nous avons relatées en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Aujourd'hui : L'Aube. Choisi malgré la concurrence des spécialistes de la construction industrielle, le groupement d'entreprises entame une collaboration avec le groupe ferroviaire pour son nouveau bâtiment à 10 millions d'euros, après avoir cumulé les références auprès d’autres grands noms du tissu du Nord-Franche-Comté, son terrain de jeu. L’addition des métiers de ses 30 PME partenaires s’avère payante.

ARTICLE PUBLIE LE 9 JUIN 2026. La halle d’essais des TGV d’Alstom en construction à Belfort est le théâtre d’une double première. Au sein du constructeur de matériel ferroviaire, l’installation « n’aura pas d’équivalent ailleurs sur nos sites », souligne Nicolas Brocco, son responsable du projet. C’est donc bien dans son fief historique que se concentrera le test des rames de nouvelle génération, les TGV-M (ou « Avelia Horizon »), à partir du tournant de la fin de cette année et du début de la prochaine.

 

BF

 

En outre, les 5.700 m2 concernés forment la première occasion de collaboration d’Alstom avec L’Aube. Le groupement de PME locales du BTP a décroché la réalisation de ce nouveau bâtiment imposant, au nez et à la barbe des opérateurs nationaux et internationaux avec lesquels les multinationales ont l’habitude de travailler. « L’Aube a été mise en concurrence avec eux et nous l’avons retenue, non pas pour le principe de travailler en local, mais parce que son offre a été la meilleure, tout simplement », souligne Nicolas Brocco.

Le lauréat belfortain avait donc de quoi « marquer le coup », par un événement organisé ce 5 juin sur le chantier même, à destination de son client, de ses partenaires, des élus locaux et des entreprises grâce auquel il peut honorer la prestigieuse commande. « Il s’agit d’une reconnaissance de plus, importante, de la validité de notre modèle : offrir aux clients la souplesse et la réactivité des PME, en même temps que la puissance et la capacité d’intervention équivalente à celle d’un grand groupe », expose Alexandre Bernard, le président de L’Aube.

Aube GE
Au premier rang de ses réalisations majeures cumulées depuis près de vingt ans, L'Aube fait figurer le siège belfortain de General Electric. © L'Aube

Ce marché applique le mode opératoire principal « à la belfortaine. » Société de plein exercice (sous le statut de SAS), L’Aube  - contraction d’Aire Urbaine Bâtiment Environnement - assure l’interface avec le commanditaire et orchestre la répartition des travaux entre les membres associés d’« Ensemble Partenaires pour Construire.. » Cette autre société par actions simplifiée regroupe 30 PME, d’un effectif cumulé de 1.200 salariés. L’addition de leurs métiers permet d’assurer la prestation, par les travaux de gros œuvre, de second œuvre (peinture, isolation…), d’installations électriques, etc. « Chaque compétence apporte une valeur, chaque détail participe à la réussite finale », pointe Alexandre Bernard.

Le modèle fonctionne depuis 2007. « L’idée de départ était assez simple, mais particulièrement ambitieuse : rassembler les compétences locales afin de pouvoir concurrencer les grands groupes nationaux. A l’époque, certains pouvaient penser que cette ambition était difficile à atteindre. Vingt ans plus tard, si l’on regarde le chemin parcouru, nous pouvons dire avec fierté que notre vision était la bonne », a déclaré ce 5 juin le président de L’Aube.

Industrie, logements, hôpitaux, bureaux...

Elle a été en tout cas partagée par une clientèle nombreuse et variée, qui fait imprimer la marque du groupement sur le territoire du Nord Franche-Comté. Avant d’être rejointe par Alstom, la liste comprenait déjà GE Belfort, pour les bureaux (le bâtiment « Plant »), le centre de recherche, le centre d’essai des turbines à gaz et plusieurs bâtiments de production dont celui portant le numéro 38, avec ses ponts-roulants de 300 tonnes.

Mais l'énumération s'étend au groupe Lisi à Delle et Grandvillars (Territoire de Belfort), aux sites Atlantic et Voestalpine sur l’Aéroparc de Fontaine, en ce moment à Isola Composite à Delle, ainsi qu'à l’unité de piles à combustibles Inocel à Belfort. « Les marchés privés représentent en moyenne 70 % de l’activité d’une année à l’autre », précise le dirigeant.

Ceux d'origine industrielle proviennent souvent, directement ou indirectement, des sociétés d’économie mixte immobilières, Sud Développement autour de Delle ainsi que Tandem à Belfort (*), avec lesquelles se sont accumulés respectivement 60 et 150 millions d’euros de travaux depuis l’éveil de L’Aube afin de restructurer les sites Lisi et de développer le Techn’Hom belfortain.

Aube Lure
La société et les PME du groupement partenaires s'illustrent aussi dans la construction ou la rénovation de logements, comme cet ensemble du bailleur social Habitat 70 à Lure (Haute-Saône). © L'Aube

Les bâtiments de santé, dans le sillage de la construction jusqu’en 2016 de l’Hôpital Nord Franche-Comté à Trevenans, les Ehpad et résidences seniors (celle de Domitys sur le site de l’ancien hôpital au centre de Belfort), les bureaux (les immeubles de la Jonxion à la gare TGV Belfort-Montbéliard), la construction ou la rénovation de logements sociaux pour les offices départementaux Territoire Habitat et Habitat 70 ou le bailleur nord-franc-comtois Ideha complètent la liste dense et variée des références. Celle-ci ne demande qu’à s’agrandir, et le « petit » contractant général local ne dédaignerait pas y faire figurer la nouvelle unité de turbines Arabelle Solutions attendue au Techn’Hom…

 

banque pop banniere pub

 

Il accueille en tout cas avec joie l’arrivée d’Alstom dans son portefeuille, pour un investissement, de 10 millions d’euros, qualifié de « primordial » par Nicolas Brocco. Dans la cathédrale d’acier (500 tonnes de charpente) et de béton (5.000 m3) qui sort de terre sur la longueur de 250 mètres et la largeur de 15 m qui permettront de « traiter » deux rames de TGV-M en simultané, le groupe concentrera des essais mécaniques et électriques sur une voie localisée dans la partie haute de la halle, et des tests de roulage en partie basse. « La fosse qui est creusée permettra aussi d’effectuer des travaux sous les trains et l’infrastructure sera dotée du réseau de caténaires nécessaire à des essais en configuration complètement réelle », précise le chef de projet.

Des travaux jusqu'à la fin de l'année 

Aube TGV
La halle qui entrera en fonction entre fin 2026 et début 2027 sera dédiée au test des rames des nouveaux TGV d'Alstom. © TGV Inoui - SNCF Voyageurs 2026 - Yann Audic

Décidé dans son principe en 2023 lors de l’attribution du marché des TGV-M de la SNCF, l’investissement est calibré dans le temps pour entrer en service au moment de la mise en circulation de ces rames de 740 places (+ 20 %) qui est attendue au second semestre pour ce premier client, avant les autres comme le Maroc Le carnet de commandes à Belfort  - ainsi qu’à Ornans (Doubs) pour les moteurs - est rempli de quelque 320 motrices du nouveau TGV assemblé à La Rochelle, à livrer dans les cinq à six ans, par les 620 salariés du site franc-comtois.  

Pour les entreprises embarquées par L’Aube, les 120.000 heures de travail se déroulent depuis l’automne 2025 de façon intense et avec exigence technique, pour concevoir les structures capables de supporter les lourdres charges, comme les ponts-roulants qui pourront représenter 20 tonnes cumulées de capacité dans la future halle. Le bâtiment est dénommé « 235B » en référence au numéro de l’actuel atelier de maintenance qu’il remplacera juste à ses côtés, sur le parking de la foire derrière la Maison du peuple.

Mais le dirigeant de L’Aube se déclare confiant quant à la capacité à relever ses défis, elle qui est déjà largement démontrée vu le stade d’avancement des travaux. « Chaque nouveau projet nous a fait grandir, en nous permettant de nous améliorer. Celui-ci fera franchir un grand pas en avant à son tour. »  

(*) dans le dossier de la halle Alstom, Tandem est le donneur d’ordre direct de L’Aube et de ses entreprises, en tant que propriétaire du bâtiment en phase chantier, qu’il revendra à l’industriel. Le terrain lui a été cédé à l’euro symbolique par la Ville de Belfort.  

Commentez !

Combien font "4 plus 8" ?