Dans son atelier de Voray-sur-l’Ognon (Haute-Saône), l’entrepreneur Jérôme Gaumier conçoit et perfectionne un poste de polissage, outil de production clé de l’horlogerie, à travers sa société SogaTech. Il aborde sans complexe les donneurs d’ordre suisses, et avec raison : ceux-ci adoptent volontiers son produit.


C’est le « Suisse » caché près de Besançon. A Voray-sur-l’Ognon (Haute-Saône) au sortir de la RN 57 venant de la cité comtoise, Jérôme Gaumier conçoit et met au point un outil dont il s’identifie comme le seul acteur français au milieu de concurrents avant tout helvétiques : les postes de polissage, prisés des industries de précision. SogaTech, sa société, s’est ainsi fait sa place parmi les marques d’horlogerie et de joaillerie, côté français mais aussi en Suisse voisine où elle est reçue, et avec force contrats à la clé, par tous les grands noms du secteur.

 

Cessions aquisitions

 

Déployé depuis 2016 sous la marque Politech, à destination de ces marchés ou encore de la mécanique et du médical, le produit a régulièrement évolué jusqu’à atteindre aujourd’hui sa pleine dimension « ergonomique. », selon l'entrepreneur. Un tel poste tient sur – et sous – un bureau classique, avec une emprise limitée à 1,5 m en longueur et 80 cm en profondeur. Il se compose principalement d’une broche équipée de roulements à billes de précision permettant d'effectuer le travail sur les pièces, d’un écran de suivi, et d’un moteur habillé de mousses alvéolaires absorbeuses du bruit.

 

Adaptation immédiate

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Parmi les astuces et innovations de l'entrepreneur, Jérôme Gaumier a intégré un dépoussieur industriel à son poste de polissage. © SogaTech


Rapidement, Jérôme Gaumier a ajouté l’option du dépoussiéreur intégré
 : cet appareil assure l’aspiration des émissions grâce à son moteur à hélice, et leur traitement par les filtres qu’il contient. Autre équipement associé, la petite armoire électrique a été conçue dans sa version coulissante qui n’en fait pas un obstacle à l’extension des jambes sous le bureau. L’ensemble forme les aménagements opérés par Jérôme Gaumier afin d’augmenter le confort de travail de l’utilisateur. 

Le fonctionnement en mode individuel « me permet d’adapter le poste au besoin spécifique d’un client, sans attendre les arbitrages internes d’une grande structure », décrit l’entrepreneur. Celui-ci n’agit pas tout seul, pour autant. Pour la fabrication de son « Politech », il fait appel à un réseau de sous-traitants majoritairement franc-comtois, comportant des métalliers ou encore la TPE de mécanique Metehor à Vauchamps (Doubs). SogaTech a ainsi gagné une clientèle qui lui fait atteindre un chiffre d’affaires d’une moyenne annuelle de 200.000 à 250.000 euros.

 

BP

 

L’activité se complète, à hauteur d’un quart, dans le négoce technique, à savoir la distribution exclusive en France de Herrblitz Modular System, une référence à l'italienne (contrairement à ce que suggère la consonance germanique de son nom) des périphériques de presses. C’est ainsi campé sur ses deux « pieds » que Jérôme Gaumier perpétue des savoir-faire devenus rares en France, et qui y ont de tout temps rarement prospéré. Alors même qu’ils démontrent leur pertinence. Il n'y a qu'à franchir la frontière helvétique pour s'en convaincre.

 

Qui est Jérôme Gaumier ?

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Avant de créer SogaTech, Jérôme Gaumier a effectué une grande partie de sa carrière en Allemagne ou après de la filiale française d'un groupe basé outre-Rhin. © Mathieu Noyer

Bisontin d’origine, Jérôme Gaumier, 56 ans, a trouvé en SogaTech l’occasion d’exercer son activité à proximité de son territoire. Il a créé son entreprise en 2014 après une carrière qui l’avait mené jusqu’en Allemagne et en région parisienne à la tête de la filiale d’un groupe industriel germanique. « J’avais découvert l’Allemagne à l’occasion d’un stage de BTS et l’alchimie s’est faite avec la culture économique de ce pays », témoigne l’entrepreneur, qui avait ensuite passé avec succès un diplôme d’ingénieur. Pour se préparer à sa nouvelle vie de dirigeant, il s’est formé auprès de l’IFG (Institut français de gestion) ainsi qu’à l’école de commerce IMEA (force de vente) de la CCI Saône-Doubs à Besançon.

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