Les 140 camions de l’entreprise spécialisée dans le transport des filières agricoles et agroalimentaires circulent sur les routes de toute la Bourgogne-Franche-Comté. Son directeur général, Sylvain Baudry, appuie son management sur des valeurs humaines, à partir d’un questionnaire hebdomadaire sur le bien-être au travail. Il engage également l'entreprise sur le chemin des carburants verts.
Logivia, c’est l’itinéraire d’une entreprise voulue tournée résolument vers la RSE et l’écologie, outre l’économie. Y-aurait-là un paradoxe, étant donné que ses 140 camions accumulent 3,5 millions de kilomètres par an ? Pas tant que ça, estime Sylvain Baudry, son directeur général, fondateur en 2016 de l’entreprise à Aiserey, en Côte-d’Or. « Dès la création de Logivia, je faisais de la RSE sans le savoir. En mutualisant les services logistiques, j’avais cette idée pleine de bon sens : en massifiant les transports et donc en faisant faire moins de kilomètres à nos camions, nous allions moins polluer et gagner de l’argent par la diminution de consommation de carburant », expose-t-il.
Cette naissance a résulté de la fusion de trois entités de transport du secteur agricole : Dijon Céréales Logistique, à Longvic (Côte-d’Or), le service logistique des coopératives Bourgogne du Sud, à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire) et la branche dédiée de Soréal, à Vonnas (Ain) et Joigny (Yonne).
Le cœur de métier de la société consiste à acheminer tout ce qui rentre et sort d’une exploitation agricole : le grain, les animaux vivants, la nutrition pour ces derniers et, pour une moindre part, les sacs de farines produites à la meunerie installée juste à côté de Logivia. Avec son slogan « Nos richesses humaines ne manquent pas de ressources », Sylvain Baudry invite tous les six mois chacun de ses salariés - au nombre de 180, dont 150 conducteurs - à répondre à un questionnaire « bien-être au travail. »
« Je dis toujours qu’en tant que cadre, nous devons remercier nos conducteurs de créer nos propres salaires. Comme ils disent se sentir autonomes à 98%, nous affichons un turn over hors retraite et hors CDD de 17%, moitié moins que la moyenne nationale du secteur », poursuit Sylvain Baudry. Le dirigeant assure ne rencontrer « aucun problème de recrutement ». Celui-ci s'opère selon ce postulat : « Les nouveaux venus doivent avoir un savoir-être avant tout, car le savoir-faire s’apprend… »
Autre principe appliqué par Sylvain Baudry : si un collaborateur se trompe dans sa prise de décision, la première personne à remettre en cause est son supérieur hiérarchique qui a failli dans la communication de l’information. « Si un chauffeur fait une erreur, c’est que moi-même je ne suis trompé ! », poursuit le directeur général.
Des économies de carburant…
Suivant cette logique, Sylvain Baudry a mis en place, depuis 2017, un autre programme nommé EcoLogivia (pour économique et écologique). Dans ce cadre, le transporteur déploie de nombreuses mesures pour diminuer l’impact environnemental des véhicules sur la route et ainsi accompagner la transition énergétique afin de rendre « le transport agricole acteur de la décarbonation. »
Les camions sont équipés du TMS (Transport Management System) qui aide à la décision des trajets de sorte à parcourir le moins de kilomètres possible et chaque conducteur est accompagné par un cabinet indépendant dans le but d’adopter une conduite plus souple et donc plus économique. « Tous reçoivent directement sur leur téléphone leur note mais pour autant, il n’y a ni classement, ni prime. Cet outil leur est proposé uniquement sur la base du volontariat. », souligne le dirigeant. Les résultats sont significatifs : sur 140 camions, l’économie représente en moyenne 3,7 litres aux 100 km.
Le chiffre d’affaires suit ce cercle vertueux : 32 millions d’€ pour l’exercice clos en juin 2023, contre 23 millions en 2016, aux débuts de Logivia. Pour autant, depuis quelques années, une autre action coûte davantage à Lovigia comme à ses clients : l’utilisation du carburant vert pour alimenter ses camions. Un tiers du parc roule à l’Oleo 100, c’est-à-dire 100% colza, ou au bioGNV (le biogaz).
« Le colza a quelque chose d'extraordinaire : il sert non seulement de nourriture pour les animaux, mais aussi comme huile alimentaire et le complément est transformé en carburant. On peut difficilement faire plus complet comme plante. Cette option nous procure une économie de 60% de CO2 par rapport au gasoil. Le bioGNV quant à lui représente 92% de rejets de CO2 en moins. »
Sylvain Baudry préside également la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) pour la Bourgogne-Franche-Comté. Il ne cache pas sa fierté d’accueillir, dans trois ou quatre mois, le tout premier 26 tonnes hybride à circuler en Oleo100 et en électrique, un véhicule de marque Scania.
« Toute notre filière est en recherche de nouveaux moteurs moins polluants. Ce futur camion représente tout ce pourquoi je me bats : en six ans nous avons réduit de 40% l’empreinte carbone de notre parc de véhicules à moteur et sur nos 140 véhicules actuels, 73% sont équipés d’une motorisation moins polluante. »















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